numéro
L.2845
intitulé de la collection
Duret, Théodore
technique marque estampée, encre
couleur vert
localisation recto, verso
dimension 22 x 23.5 mm (h x l)
  • 1921
  • 1956
Th. DURET (né à Saintes en 1838), homme de lettres et critique d'art, vit à Paris. Estampes japonaises.
 
Théodore Duret vint à Paris en 1863 et s'intéressant à la vie artistique, se lia d'amitié avec Courbet, Manet, Whistler et les peintres impressionnistes, dont le talent l'attirait tout particulièrement, en même temps qu'avec Burty et les frères de Goncourt. C'est à l'Exposition de 1867 que remonte son premier contact réel avec l'art japonais. En 1871 et 1872 il fit un voyage au Japon et en Chine, en compagnie de M. Cernuschi, voyage au cours duquel furent réunis les bronzes chinois et japonais qui composèrent la collection Cernuschi, léguée par cet amateur à la Ville de Paris, conservée maintenant au Musée qui porte son nom, au Parc Monceau. Duret, de son côté, achetait des livres illustrés et estampes japonais, commencement de la collection qu'il augmenta à son retour en France, et qui, par la suite, devint remarquablement riche. Cette collection, pour la partie livres illustrés et albums, est entrée au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de Paris en 1900 ; l'amateur en a rédigé un catalogue raisonné paru la même année, et y consacra un article dans la Gazette des Beaux-Arts, 1900, I, pp. 132-146. Les estampes séparées firent l'objet de la vente du 15 février 1897, dont nous donnons plus loin le compte rendu. Critique d'art éclairé et estimé, Duret a écrit, en dehors de nombreux articles parus dans des revues ou journaux divers, les ouvrages suivants : Histoire d'Ed. Manet et de son œuvre (1re édition 1902, nouvelle éd. 1919), Histoire de J. Mc.N. Whistler et de son œuvre (1904), Histoire des Peintres Impressionnistes (1906), van Gogh (1916), Courbet (1918). Notons que Duret fut l'un des premiers admirateurs de van Gogh, alors que celui-ci était encore presque universellement contesté. Le livre qu'il lui a consacré donne la biographie de l'artiste et la bibliographie des ouvrages déjà parus sur lui. Duret vient de publier (1920) un nouvel ouvrage, sur Toulouse-Lautrec. Ajoutons que le défenseur des impressionnistes a acquis, il y a de longues années, quelques toiles de ses maîtres préférés, qui ornent encore ses murs. Une vente de tableaux et pastels modernes lui appartenant eut lieu le 19 mars 1894, à Paris.
La marque reproduite ci-contre est apposée sur les livres et albums japonais de sa collection passée au Cabinet des Estampes ; on la rencontre aussi sur quelques-unes des estampes dispersées dans la vente de février 1897.
 
VENTE : 1897, 15 février, Paris (expert Ernest Leroux). Estampes japonaises : 123 nos comprenant des planches des meilleurs maîtres, en très belles épreuves, plusieurs très rares. Les enchères furent en général très faibles, si on les compare à ce qu'elles seraient aujourd'hui. Citons : Souzouki Harounobou 10 nos (20 à 42 fr.), Torii Kiyonaga 18 nos dont : Les Teinturières, triptyque 155 fr., La Sérénade triptyque 800 fr., Koriousai, Yeishi, Outamaro 16 nos dont Les Plongeuses ou les Pêcheuses de Perles, triptyque 1240 fr., Hokousai 17 nos dont Les Apparitions, 5 pl. 380 fr., le Marchand Ambulant 140 fr., la Soumida 150 fr.
 
Th. DURET , Paris.
 
Théodore Duret mourut en 1927. Manet, Whistler et Vuillard ont peint son portrait.
 
VENTE : 1928, 1r mars, Paris (experts Bernheim-Jeune et Durand-Ruel). 48 nos de peintures, aquarelles, dessins et estampes. Quelques prix des dessins : Degas, Danseuses (pastel) 25.000 fr. ; van Gogh, Son propre portrait 8700 fr., Les Alyscamps (tombeaux) 7000 fr., Les Alyscamps (grande allée) 13.800 fr., Le Semeur 23.400 fr. ; Guys, Lorettes en manchons 10.100 fr. ; Jongkind, Moulin à Rotterdam 3100 fr. ; Manet, Polichinelle (litho) 1950 fr. ; Renoir, Baigneuse debout (litho) 2650 fr. ; Rodin, La plongeuse 1800 fr. ; Toulouse-Lautrec, Trois silhouettes 5500 fr., Sept silhouettes 2000 fr., « Pour Montmartre » 1500 fr.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia