numéro
L.3387
intitulé de la collection
Musée Gustave Moreau
technique cachet sec, marque estampée
couleur
localisation recto
dimension 36 x 36 mm (h x l)
3 renvois  
  • depuis 2010
MUSÉE GUSTAVE MOREAU, Paris. Dessins.
 
Quelques mois après le décès de Gustave Moreau (1826-1898), vraisemblablement en 1899, Paul Flat écrit un texte pionnier sur le Musée Gustave Moreau qui n'ouvrira qu'en janvier 1903 (Paul Flat, Le Musée Gustave Moreau. L'artiste, son œuvre, son influence, Paris [1899]). Il note que le peintre fut, au soir de son existence, soucieux de sa réputation posthume et que, à cette fin, il fut l'ordonnateur de son propre musée. Il remarque aussi que celui-ci retrace, comme nulle part ailleurs, le cheminement d'une vie tout entière vouée au perfectionnement de son art. Le Musée Gustave Moreau qui est, de fait, le fonds d'atelier de l'artiste, permet de suivre son évolution mais aussi, à travers ses écrits pieusement conservés, le cheminement d'une âme méditative et réfléchie. Les œuvres qu'il renferme se composent de peintures, d'aquarelles, de dessins, de sa bibliothèque, de ses outils et notes de travail et de sa correspondance. Tous les éléments du puzzle sont là pour étudier l'art de celui qui s'autoproclama « ouvrier assembleur de rêves » (Peter Cooke, Écrits sur l'art de Gustave Moreau, Fontfroide 2002, vol. 1, p. 118).
Le musée est, à l'origine, la maison familiale que son père, l'architecte Louis Moreau, avait achetée en 1852. Après le décès de celui-ci puis de sa mère, successivement en 1862 et 1884, enfin de son amie Alexandrine Dureux en 1890, Gustave Moreau va souhaiter transmettre à la postérité ce qu'il ne put, faute de descendance, transmettre à un héritier. À cette fin, il rédige le 17 septembre 1897 son testament afin de léguer, prioritairement à l'État, sa maison avec tout ce qu'elle renferme. L'un des intérêts majeurs du lieu, outre son caractère exhaustif, est que Moreau lui-même en est le muséographe. En 1895, il va commanditer à l'architecte Albert Lafon le réaménagement de la maison en musée et classer ce qui doit être présenté ou, à l'inverse, rester en réserve. Au rez-de-chaussée, aujourd'hui fermé à la visite, il accroche côte à côte, peintures, dessins exécutés en Italie et aquarelles. Au premier étage, c'est l'aspect maison qui est privilégié. Il ajoute deux pièces - une galerie et un cabinet de réception -, et conserve intact l'appartement familial. Chaque pièce, où se mélangent audacieusement objets, photographies, peintures et dessins, est ordonnée comme un lieu de mémoire autobiographique. Aux deuxième et troisième étages, reliés par un spectaculaire escalier à vis, il invente une muséographie sans précédent. Les dessins préparatoires sont montés telles les pages d'un livre et placés sous les fenêtres tandis que les peintures sont accrochées de haut en bas sur des murailles roses. L'ascension jusqu'au troisième étage permet d'atteindre le saint des saints : un meuble tournant dans lequel sont conservées plus de deux cent cinquante aquarelles. Le respect des conservateurs successifs - dont les deux premiers, Georges Rouault et George Desvallières, furent élèves de Moreau à l'École des Beaux-Arts - a permis que la muséographie originelle soit restée intacte jusque nos jours.
Dans une notice biographique sur son fils, sa mère écrit que « depuis l'âge de huit ans, il ne cessait de dessiner tout ce qu'il voyait » (Paris, Musée Gustave Moreau, Arch G.M. 2). Cette passion juvénile, qui perdurera jusqu'au soir de son existence, explique que le musée est un insoupçonnable cabinet d'art graphique qui compte plus de quatorze mille dessins sur les quelque vingt mille œuvres conservées en son sein. Tel un journal intime, le dessin lui permet, dès son premier voyage en Italie en 1841 - il n'a alors que seize ans -, de rendre compte de l'émerveillement de ce premier séjour. Le carnet dans lequel il consigne ce périple, toujours conservé au musée, est le premier témoignage de cette insatiable pratique du dessin qui ne s'acheva qu'en 1897 avec les ultimes esquisses pour Les Lyres mortes (Paris, Musée Gustave Moreau), son tableau testament. Le dessin est particulièrement mis en valeur au musée puisque le visiteur peut consulter - ou plutôt feuilleter - librement dans les ateliers près de 4000 dessins.
Le Musée Gustave Moreau a une politique d'acquisitions essentiellement tournée vers les archives et la correspondance. En effet, la muséographie, figée dans l'état voulu par l'artiste, ne permettrait pas la présentation de nouvelles œuvres. Pour ce qui est des expositions, le musée a mené depuis de nombreuses années, à partir de son propre fonds, une active politique d'expositions thématiques hors les murs. On peut citer, entre autres, L'Éloge du Poète à Spolète en 1992, Mythes et Chimères en 2003 au Musée de la Vie romantique à Paris ou encore Rêves d'Orient à Madrid en 2006. En 1998, une exposition monographique itinérante entre Paris, New York et Chicago célébrait le centenaire de la mort de l'artiste. En 2007, une première exposition au sein même du musée, intitulée Huysmans Moreau. Féeriques visions, a inauguré une politique d'expositions intra-muros. Elle sera suivie, en 2010, d'une exposition consacrée à un sujet méconnu : Moreau sculpteur.
En matière de publication, les catalogues d'exposition permettent d'explorer les thèmes majeurs traités par l'artiste : ainsi celui de Moreau et la mythologie à l'occasion de l'exposition programmée en 2009, au Musée des Beaux-Arts de Budapest. Parallèlement à ces catalogues d'expositions thématiques, le musée s'est attelé, dès l'origine, à publier son fonds, suivant en cela le vœu formulé par Moreau lui-même. Ainsi, en 1902 paraît le premier catalogue des peintures, aquarelles et dessins qui sera réédité jusqu'en 1990. En 1983, Paul Bittler et Pierre-Louis Mathieu ont publié le catalogue, aujourd'hui épuisé, des 4831 dessins consultables en permanence. Une nouvelle version de ce catalogue, augmenté d'une reproduction photographique, d'une mise en rapport avec l'œuvre achevée ainsi que du dépouillement bibliographique, sera disponible en 2009. Restera ensuite à publier les quelque 10 000 dessins restant en réserve.
L'autre tâche qui attend le musée dans les années à venir sera la réouverture du rez-de-chaussée tel qu'il était lors de son inauguration en 1903. Avec cette ultime étape, le musée sera restitué au plus près de son état historique.
Nous avons repris l'essentiel du texte, écrit en 2008, de Mme Marie-Cécile Forest, conservateur du Musée Gustave Moreau depuis 2001 et qui en assume la direction depuis 2002.
Quatre différents cachets, L.3384, L.3385, L.3386 et L.3387 sont apposés sur les dessins de Gustave Moreau conservés au Musée Gustave Moreau. Le cachet L.3387 est apposé à cheval sur les dessins et les montages des dessins en cartons.
 
BIBLIOGRAPHIE
M.-C. Forest (dir.), Gustave Moreau. Catalogue sommaire des dessins Musée Gustave Moreau, Paris 2009.
M. Tanaka, ‘Estampe et photographie dans la collection de Gustave Moreau’, Revue de l'Art, n° 182, 2013-4, pp. 53-60. 
 
Date de mise en ligne : mars 2010 ; dernière mise à jour : juin 2014.

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia