numéro
L.3531
intitulé de la collection
Varni, Santo
technique encre, crayon, marque écrite
couleur brun, noir
localisation verso
dimension
  • depuis 2010

SANTO VARNI (Gênes 1807-id. 1885), sculpteur, archéologue, historien de l’art et collectionneur, Gênes. Dessins.

Le Génois Santo Varni a été l’élève de Giuseppe Gaggini à l’Accademia Ligustica di Belle Arti de Gênes, puis, en 1836 et 1837, celui de Lorenzo Bartolini à Florence. Varni a su réunir pendant sa carrière un peu plus de 4 000 dessins. C’est lui qui a eu le mérite de sauvegarder ce qui restait des fonds d’atelier d’artistes génois comme De Ferrari ou de la famille Piola, dite « casa Piola ». Nombre de dessins achetés par Varni ont été échangés ou vendus à d’autres collectionneurs passionnés, tels l’éditeur milanais Giuseppe Vallardi (1784-1861 ; voir L.1223), la spécialiste allemande Sybille Mertens Schaaffhausen (1797-1857), dont la collection se trouve aujourd’hui au Schloßmuseum à Weimar, ou encore le sculpteur florentin Emilio Santarelli (1801-1886), qui a offert sa collection au Gabinetto Disegni e Stampe du Musée des Offices en 1886.Varni a acquis une partie de la collection d’Alessandro Maggiori (voir L.3005b) et une partie de sa collection à lui sera à son tour incorporée à celle de Francesco Dubini (voir L.987a).
Sa marque se trouve sur six dessins de la collection de l’avocat Umberto Osio (1891-1967), achetés en 1996 par l’État italien pour l’Istituto Nazionale per la Grafica de Rome (inv. FN 14621, 15608-15610, 15616, 15684). Varni n’utilisait pas de tampon, mais on trouve, apposés en une élégante écriture, son nom, souvent sous une forme abrégée, et son prénom, accompagnés d’un numéro, peut-être d’inventaire, mais parfois barré et plus probablement en rapport avec la classification de la collection. On peut aussi rencontrer le nom de l’artiste, qui, dans ce cas-là, apparaît avant ou après la mention du nom du collectionneur. Ces annotations se trouvent généralement dans la marge inférieure, et parfois sur le montage : « Rac. Varni », « N° ... Collezione Santo Varni », « N° ... Collez. Santo Varni », « Dmco Piola N.54. Coll. S. Varni », etc. La seule source qui, pour l’heure, nous permet de connaître le contenu de la collection est le catalogue de la vente en 1887. On y apprend qu’un peu plus de 1 500 dessins étaient conservés en feuilles volantes dans des cartons ou des portefeuilles, que plus de 1 700 se trouvaient dans des albums et qu’environ 800 feuilles étaient encadrées, certaines d’entre elles parfois dans un seul et même cadre.
De son vivant, Varni a exprimé à plusieurs reprises sa volonté de léguer sa collection d’art à la Ville de Gênes mais, à l’ouverture de son testament, ses héritiers s’opposèrent à ses dernières volontés et eurent gain de cause. Toutefois, la Ville réussit à bloquer la vente de la collection en 1887 et se porta acquéreur en 1888, dans le cadre d’une négociation privée, d’un groupe de sculptures et de 75 dessins, de l’École génoise principalement, mais qui tous n’en étaient pas pour autant de bonne qualité. Au bout du compte, ce sont 100 dessins de la collection Varni que la Ville de Gênes a achetés, comme le démontre la publication de Grosso et Pettorelli (1910).
Le groupe de dessins de la collection Varni au musée de la Ville de Gênes a ensuite été enrichi par l’achat en 1889 de 80 dessins de Norberto Montecucco et par les dons, surtout, de Giorgio Passano en 1905 et, en 1926, de l’héritier de Mary Ighina, veuve Barbano, neveu de Varni, de plus de 650 dessins principalement de l’École génoise. Le dernier enrichissement de la collection Varni repose sur le don de Marco Fabio Apolloni en 2009 à la Ville de Gênes (Gabinetto Disegni e Stampe di Palazzo Rosso) d’environ 750 dessins, de Varni lui-même essentiellement, et d’un groupe de bozzetti qu’il avait achetés lors d’une vente aux enchères en 2008. Les autres dessins de la collection Varni ont été dispersés et se trouvent dans les grandes collections de dessins en Italie et à l’étranger.
Nous ignorons si c’est le collectionneur lui-même qui a apposé les annotations décrites ici au verso des dessins de sa collection.

VENTE
1887, 12 décembre et jj.ss., Gênes (par G. Sambon). Catalogo della collezione Santo Varni, 2 150 nos, dont autographes (391) et livres (1 759). [Lugt Rép. 46946].

BIBLIOGRAPHIE
O. Grosso et A. Pettorelli, I disegni di Palazzo Bianco, Milan 1910.
C. Cavelli, « Il ‘museo’ dello scultore Santo Varni : vidence e vicissitudini testamentarie. Le opere acquistate dal Commune di Genova », Bolletino dei Musei Civici Genovesi, XI, 1989, nos 32-34, pp. 55-75.
P. Boccardo, I grandi disegni italiani del Gabinetto Disegni e Stampe di Palazzo Rossi a Genova, Cinisello Balsamo (Milano) 1999, pp. 88-90.
P. Parigi, ‘Marche di collezione e contrassegni’, dans Rome 2006 : L’Artista e il suo atelier. I disegni dell’acquisizione Osio all’Istituto Nazionale per la Grafica, par G. Fusconi et A. Canevari, Istituto Nazionale per la Grafica, Palazzo Fontana di Trevi, Rome 2006, p. 209, no 28 (ill. inscription).
P. Boccardo, C. Olcese Spingardi, M. Priarone (dir.), Santo Varni (1807-1885). Una donazione per Genova, Cinisello Balsamo (Milano) 2011 (Quaderni del Gabinetto Disegni e Stampe di Palazzo Rosso, 3).


Date de mise en ligne : mars 2010 ; dernière mise à jour : avril 2019.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia