numéro
L.3643
intitulé de la collection
Séroux d'Agincourt, Jean-Baptiste-Louis-Georges
technique encre, marque écrite
couleur noir
localisation recto
dimension
  • depuis 2010
JEAN-BAPTISTE-LOUIS-GEORGES SÉROUX D'AGINCOURT (Beauvais 1730-Rome 1814), fermier-général, Paris. Dessins.
 
Séroux d'Agincourt servit d'abord dans la cavalerie, démissionna, devint fermier général et acquit une grosse fortune. Il habita à l'Hôtel des Fermes, rue Saint-Thomas du Louvre, et d'après l'Almanach historique et raisonné de 1777 (p. 185), il « possède une belle collection de dessins italiens, flamands et français ; parmi ces derniers de très beaux par M[onsieur]. Boucher ». Dans son Histoire des plus célèbres amateurs français (Paris 1858, t. III, pp. 1-58), Jules Antoine Dumesnil consigne les liens de Séroux d'Agincourt avec les personnalités de son temps. Il cite en particulier les artistes comme François Boucher, Carle van Loo, Vien, Hubert Robert, Joseph Vernet, Johan Georg Wille, Jacques-Philippe Lebas et Charles-Nicolas Cochin fils. Il mentionne aussi des amis collectionneurs comme Pierre-Jean Mariette, l'abbé de Terson, le marquis de Vence et Ange Laurent Lalive de July à l'exemple desquels il se mit à rassembler une collection de tableaux, de dessins et d'antiquités. Il abandonna la finance et, poussé par son goût pour les arts, voyagea entre 1777 et 1781 en Angleterre, Hollande, Allemagne, puis en Italie pour y recueillir des antiquités. Reçu à Strawberry Hill par Horace Walpole en 1777, il est frappé par la sensibilité des Anglais pour les ouvrages du Moyen Âge. Il se fixa à Rome en 1779 où il s'occupa de recherches pour son grand ouvrage dont Jacques Charles Brunet dit dans son Manuel du libraire et de l'amateur des livres (Paris 1860-1865, t. V, p. 311) que la publication ne commença qu'en 1811 pour s'achever en 1823, publié par L.-F. Feuillet avec la table des matières rédigée par J.-B. Gence : Histoire de l'art par les monuments, depuis sa décadence au Ve siècle jusqu'à son renouvellement au XVIe siècle (6 vol. in-fol., 325 pl.). Séroux d'Agincourt, qui se serait lui-même qualifié de « Winckelmann des temps de barbarie », a contribué à asseoir l'histoire de l'art comme l'accompagnement essentiel de la création et qui serait seule capable de sauver le patrimoine médiéval. On lui doit encore : Recueil de fragments de sculpture antique en terre cuite (1814, in-4°, 39 pl.).
La proposition d'identifier l'inscription « d'Agt » avec Séroux d'Agincourt a été formulée par John Gere, conservateur au cabinet des estampes du British Museum, dans une lettre du 2 août 1956, mais arrivée trop tard pour une inclusion dans le Supplément de 1956, déjà sous presse. Nous n'avons pas trouvé d'autres renseignements sur la collection de dessins que ceux relatés plus haut, notamment pas de catalogue de vente au nom du collectionneur. D'après une note manuscrite de l'archéologue et collectionneur Rodolfo Lanciani, il aurait acquis des héritiers de Séroux d'Agincourt des dessins originaux et des estampes qui se trouvent depuis 1929 à la Biblioteca di Archeologia e Storia dell'Arte du Palazzo Venezia à Rome.
Son portrait a été gravé par S.-Ch. Miger d'après un dessin de Ch.-N. Cochin fils, Paris 1776.
Marque vue sur un dessin conservé au British Museum, Prints & Drawings, inv. 1918,0615.1, et sur un dessin de Watteau, Francfort-sur-le-Main, Städel, n° 1138.
 
BIBLIOGRAPHIE
La Salle, 'Notice sur la vie et les travaux de J.L.G. Séroux d'Agincourt', dans Histoire de l'art par les monuments, depuis sa décadence au Ve siècle jusqu'à son renouvellement au XVIe siècle, Paris 1810-1823.
La Salle dans Michaud, Biographie universelle, t. 42, Paris 1825, pp. 79-82.
G. Gherardo de Rossi, Notizie storiche del cav. G.B. Lod. Giorgio Séroux d'Agincourt, scritte da […] suo amico, Venise 1827.
E. Pommier, 'Le caractère des temps', dans E. Pommier (éd.), Histoire de l'histoire de l'art, vol. II : XVIIIe et XIXe siècles (Cycles de conférences organisées au Musée du Louvre 1994-1995), Paris 1997, pp. 11-44.
I. Vermeulen, Picturing Art History, Amsterdam 2006, pp. 127-166 (chapitre 3, 'Histoire de l'Art par les Monumens' D'Agincourt and the Illustrated Art History Book').
L. Arcadipane, 'Fondo Lanciani', dans Archeologia e Storia dell'Arte Illustrata. Le collezioni della BiASA, Rome 2009, pp. 15-17.
D. Mondini, 'Séroux d'Agincourt et l'art des premiers chrétiens', dans Chr. Michel et C. Magnusson (dir.), Penser l'art dans la seconde moitié du XVIIIe siècle: théorie, critique, philosophie, histoire, Rome 2013, pp. 549-566.
 
 
Date de mise en ligne : août 2010 ; dernière mise à jour : juillet 2013.

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