numéro
L.3986
intitulé de la collection
Havemeyer, Henry Osborne et Louisine
technique marque rapportée
couleur rouge
localisation montage, verso
dimension 21 x 21 mm (h x l)
1 renvoi  
  • depuis 2010

HENRY OSBORNE HAVEMEYER (New York 1847-Greenwood [Conn.] 1907) et LOUISINE WALDRON HAVEMEYER, née Elder (New York 1855-id. 1929), entrepreneurs et collectionneurs. Dessins et estampes.

Louisine et Henry Osborne Havemeyer font partie des collectionneurs américains les plus importants de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Ils ont notamment été les premiers aux États-Unis à acquérir des œuvres des impressionnistes, alors que ces artistes étaient encore contestés. Le couple a également rassemblé une collection importante de tableaux anciens, de tableaux du XIXe siècle, d’objets d’art, et – ce que l’on sait moins – d’objets japonais. Le legs magnifique d’une large partie de leur collection au Metropolitan Museum of Art de New York a été, par son nombre et sa qualité, d’une grande importance pour le musée.
Avant leur rencontre, les deux collectionneurs avaient déjà commencé à acheter des œuvres d’art : Henry Osborne Havemeyer, dit Harry, avait acquis des objets japonais ; Louisine Elder avait acheté des œuvres d’Edgar Degas, Claude Monet et Camille Pissarro, après avoir fait la connaissance de l’artiste Mary Cassatt lors d’un séjour à Paris : celle-ci lui avait fait remarquer un pastel de Degas, que la jeune femme a ensuite acheté.
En 1883, Louisine épouse H.OHavemeyer – un second mariage pour ce dernier qui avait auparavant épousé la tante de Louisine, Mary Louise Elder (1847-1897). Le couple commence alors à collectionner ensemble : des objets asiatiques et des tableaux de maîtres anciens, dont le Portrait de Herman Doomer par Rembrandt et deux tableaux par El Greco, Portrait d’un cardinal et Vue de Tolède (tous trois à New York, The Metropolitan Museum of Art, inv. 29.100.1 ; 29.100.5 ; 29.100.6). Pour abriter leur collection, ils ont fait construire une maison 1, East 66th Street (à l’angle de la Fifth Avenue), dont l’intérieur a été décoré par Samuel Colman et Louis Comfort Tiffany. À partir de 1892, une fois la maison terminée, Louisine Havemeyer se tourne de plus en plus vers la peinture française du XIXe siècle. Le couple recherche des œuvres par des artistes tels que Gustave Courbet ou Édouard Manet. Cette partie de la collection, dont Louisine fut la véritable instigatrice, a été formée avec l’aide de Cassatt et du marchand Paul Durand-Ruel.
Les Havemeyer ont pu financer leurs achats grâce aux revenus provenant de leur raffinerie de sucre à Brooklyn, la plus importante des États-Unis, où, depuis 1869, H.OHavemeyer était partenaire de Havemeyer & Elder. C’est en grande partie grâce à son initiative que le Sugar Trust, qui regroupait dix-sept usines de raffineries de sucre, fut fondé en 1891. Le Trust, plus tard appelé American Sugar Refining Co., allait former l’une des plus grandes corporations du pays. Son président, Havemeyer, y a fait fortune.
Après le décès de son mari en 1907, pendant une courte période, Louisine Havemeyer fit moins d’acquisitions, militant pour le droit de vote des femmes et commençant à écrire ses mémoires, avant de s’intéresser à nouveau à l’art et de faire quelques acquisitions importantes. En 1930, les mémoires de Mme Havemeyer furent publiés de façon posthume.
En 1929, Mme Havemeyer a fait un legs d’une grande partie de la collection au Metropolitan Museum of Art (voir L.1943). Ses trois enfants, Adaline Havemeyer Frelinghuysen (1884-1963), Horace Havemeyer (1886-1956) et Electra Havemeyer Webb (1888-1960), qui ont hérité du reste de la collection, ont ajouté des œuvres au legs : c’est en tout près de deux mille pièces – des tableaux, des œuvres sur papier et des objets – qui sont pour finir entrés au musée, avec pour seule condition que soit mentionné ‘H.O. Havemeyer Collection’ pour les objets du legs.
D’autres œuvres et objets provenant de la collection Havemeyer furent cédés lors des ventes privées du 10 au 19 avril 1930 par l’American Art Association - Anderson Galleries Inc., New York. En outre, les descendants ont donné régulièrement des œuvres à d’autres musées, comme à la National Gallery of Art à Washington. Mentionnons enfin qu’Electra Havemeyer Webb, la fille cadette du couple, était également collectionneur. En 1947, elle a fondé le Shelburne Museum qui abrite sa collection, comprenant des œuvres héritées de ses parents.
Une année après le legs au Metropolitan Museum of Art, le musée a organisé dans ses murs une exposition de la collection, puis à nouveau en 1993.
Les œuvres sur papier léguées en 1929 consistent surtout en dessins et estampes de l’école française du XIXe siècle, dont des dessins d’Antoine-Louis Barye et de Constantin Guys, des dessins et d’estampes de Degas et des estampes de Meryon, mais on peut aussi citer des dessins de Whistler, de Cassatt et quelques dessins et eaux-fortes de Rembrandt, ainsi que 818 bois japonais.
C’est probablement Louisine Havemeyer qui a créé cette marque de collection dans les années 1920 (voir cat. exp. New York 1993, pp. 110-111). Il s’agit d’une étiquette circulaire comportant les initiales HOH, sur laquelle elle a inscrit un numéro d’inventaire, une date ou une attribution. L’étiquette a surtout été utilisée pour les objets d’art de la collection, mais se trouve aussi apposée sur des œuvres sur papier, dont un dessin d’Edgar Degas (inv. 29.100.943), quelques estampes de Charles Meryon (inv. 29.107.105 ; 29.107.107 et 29.107.108) et des estampes de Mary Cassatt. Il est possible que les œuvres sur lesquelles nous n’avons pas trouvé d’étiquette, la portaient sur un passe-partout qui aurait été perdu lors d’un remontage ultérieur. On trouve parfois à côté de l’étiquette un morceau de papier collé avec une initiale : il s’agit peut-être du label marqué ‘Z’ que Mme Havemeyer avait collé sur les objets et les œuvres dont elle pensait qu’ils seraient intéressants pour le Metropolitan Museum of Art (mentionné dans cat. exp. New York 1993, p. 110).
Enfin, sur une eau-forte de Rembrandt, Les trois arbres, on retrouve sur le verso des initiales écrites H.O.H. (voir L.4829).

VENTES
1930, 10 avril, New York (American Art Association - Anderson Galleries Inc.), The estate of MrsH.OHavemeyer. [Part I], Oil Paintings. Important paintings from the Havemeyer estate. 123 nos, dont 119 tableaux et dessins, trois violons et un violoncelle. La Thomas J. Watson Library, New York, conserve une copie annotée des prix de vente.
1930, 10-12 avril, New York (American Art Association - Anderson Galleries Inc.), The estate of MrsH.OHavemeyer. [Part II], Roman, Syrian, & Egyptian glass, Hispano-Moresque lustre ware, Mohammedan pottery and Italian majolica, fine rugs. Antique iridescent and core-wound glass, Hispano-Moresque lustre ware, necklaces, Mohammedan pottery, Italian majolica, Oriental rugs, Tiffany glass from the Havemeyer estate. 626 nos. La Thomas J. Watson Library, New York, conserve une copie annotée des prix de vente, et la Robert Lehman Collection Library, New York, une copie partiellement annotée de prix et de noms.
1930, 14-19 avril, New York (American Art Association - Anderson Galleries Inc.), The estate of MrsH.OHavemeyer. [Part III], Japanese & Chines art. Japanese art: ceramics, bronzes, lacquer, prints, paintings, embroideries, brocades, inro, daggers, sword mounts: Chinese porcelains, single-color and decorated types, together with pottery bronzes, paintings, from the Havemeyer estate. 1486 nos. La Thomas J. Watson Library, New York, conserve une copie annotée des prix de vente ; le Robert Lehman Collection Library, New York, une copie partiellement annotée de prix et de noms.
1930, 16-17 avril, New York (American Art Association - Anderson Galleries Inc.), Etchings, Sporting & Color Prints and a Fine Group of Rowlandson Drawings, Property of the Estate of MrsH.OHavemeyerThe Estate of Charles A. Gould … And of The Estate of the Late ThBergwith additions from other private sources. 347 nos, dont 51 de la collection Havemeyer, nos 192, 194-211, 218-220, 224-233, 235-242, 245, 247, 248, 250, 251, 269, 271, 293-295, 297.
1930, 22 avril, New York, 1 East 66th Street (American Art Association - Anderson Galleries Inc.), Furnishings & Decorations from the Estate of Mrs. H.O. Havemeyer. 187 lots.

SOURCES
New York, Metropolitan Museum of Art, Archives, Bookcase 8, shelf 5, box 1-3, The Havemeyer Family Papers relating to Art Collecting, 1901-1922, voir: http://libmma.org/digital_files/archives/Havemeyer_Papers_b16983099.pdf
New York, Metropolitan Museum of Art, Archives, Louisine Havemeyer, “Notes to Her Children”, dactylographiée [1974].

BIBLIOGRAPHIE
New York 1930 : The H.OHavemeyer Collection. A Catalogue of the Temporary Exhibition, New York, Metropolitan Museum of Art, New York 1930 (2e éd., rév. et corr., New York 1958).
L.W. Havemeyer, Sixteen to Sixty. Memoirs of a Collector, New York 1961 (réédition New York 1993).
F. Weitzenhoffer, The Havemeyers. Impressionism Comes to America, New York 1986.
A. Distel, Les collectionneurs des impressionnistes. Amateurs et marchands, Paris 1989, pp. 237-242.
New York 1993 : Splendid Legacy. The Havemeyer Collection, cat. par A. Cooney Frelinghuysen, GTinterow, S.AStein, GWold, J. Meech, New York, The Metropolitan Museum of Art, New York 1993.
Paris 1997-1998 : La Collection Havemeyer. Quand l’Amérique découvrait l’Impressionnisme…, Paris, Musée d’Orsay, Paris 1997.
N. Stogdon, A Descriptive Catalogue of the Etchings by Rembrandt in a Private Collection, Switzerland, s.l. 2011, p. 361.


Date de mise en ligne : octobre 2011 ; dernière mise à jour : février 2016.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia