numéro
L.4463
intitulé de la collection
Gérard, François (baron)
technique marque estampée, encre, cachet sec
couleur noir
localisation recto
dimension 15 x 15 mm (h x l)
1 renvoi  
  • depuis 2010

FRANÇOIS PASCAL SIMON baron GÉRARD (Rome 1770-Paris 1837), peintre et éditeur d’estampes, Paris. Sur les estampes d’après ses tableaux.

Fils de Jean Simon Gérard († 1790/1791), intendant du cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis et de Claire Mattei († 1793) François Pascal Simon, dit le Baron Gérard, a montré très tôt son talent pour le dessin. En 1780, de retour avec sa famille à Paris, le ministre de la Maison du roi fit admettre le jeune artiste à la Pension du Roi, où il devient l’élève du sculpteur Pajou, puis du peintre Brenet et enfin, en 1786, celui de David.
Il existe deux versions du même cachet, l’une estampée à l’encre noire et l’autre, à sec. En comparant les deux, il semble bien toutefois qu’il s’agisse d’un seul et unique cachet. Le cachet en noir figure en bas à gauche sous la partie gravée de la planche de Paolo Toschi d’après François Gérard, L’Entrée d’Henri IV à Paris (Paris Bibliothèque nationale de France, Estampes, rés. AA6). Il s’agit-là de l’entrée d’Henri IV le 22 mars 1594. La version à sec du cachet figure sur l’état définitif de cette estampe, au même endroit, en dessous de la signature « F. Gérard Pinxit » (id. et Londres, British Museum, Prints & Drawings, inv. 1917,1208.2154). Cette gravure, commandée par Gérard à Toschi, a été imprimée à Paris par Chardon fils.
Réalisée d’après le tableau commandé en 1815 pour la salle du Conseil d’État aux Tuileries, cette gravure a été exposée au Salon de 1817, le jour de l'anniversaire du second retour des Bourbons. Elle est aujourd’hui conservée dans la galerie des Batailles au château de Versailles. Gérard choisira en 1818 le graveur parmesan, Paolo Toschi (1788-1854), qui travailla à Paris dans l’atelier de Charles Bervic et promettait de terminer la gravure de dimensions imposantes (120 x 70 cm) avant le 1er février 1822 moyennant la somme de 40 000 francs. La nomination de Toschi comme directeur de la Galerie et de l’École de l’Académie de Parme a sans doute contribué au retard dans l’exécution de la plaque et, finalement, Toschi a pu présenter une épreuve à Charles X en septembre 1826. L’éditeur fut Gérard lui-même, comme en témoigne l’annonce de la parution, chez lui, dans La Bibliographie de la France, 13 décembre 1826, no 975 : « À Paris chez Gérard, rue Saint-Germain-des-Près, no 6 » (voir Image of France, 1795-1880http://artfl-project.uchicago.edu/content/image-france, consulté le 31 juillet 2013). L’estampe a été exposée au Salon de 1827. Gérard vendait des épreuves avant la lettre 300 fr. (sur papier de chine, 360), avec la lettre 160 francs (sur papier de chine, 200). Pour plus de détails sur cette gravure et sur les circonstances de sa réalisation, voir l’article de Véronique Meyer paru dans les Nouvelles de l’estampe de 2007.
Le cachet à sec est repéré aussi sur un état non terminé de la gravure de François Garnier d’après Gérard, Le Tombeau de Saint-Hélène, imprimée par Chardon fils aîné (chez MAS, Paris, 2016). Le tableau qui a servi de modèle au graveur, décrit comme Tombeau de Napoléon Ier à Saint-Hélène, 1826, est conservé dans la collection du musée national des châteaux de Mailmaison et Bois-Préau à Rueil-Malmaison (inv. M.M.40.47.7287). Cette gravure fut exposée au Musée Royal le 1er mai 1831 (Explication des ouvrages de peinture, sculpture, gravure, lithographie et architecture des artistes vivants, Paris 1831, no 2336).
Le fait que le cachet se trouve sur des gravures publiées par Gérard, sur des impressions du cuivre non terminée et terminée, rend de fait plausible l'attribution de cette marque, sans oublier non plus que la palette convient bien au peintre. La seconde date, 1826, figurant sur le cachet correspond bien à celle de la publication des deux estampes, mais nous ignorons encore comment interpréter la première, 1796. L’entrée à Paris d’Henri IV a eu lieu le 22 mars 1594 et non pas en 1596 : cette dernière date ne peut alors être interprétée comme celle du bicentenaire de l’événement.
Un autre cachet, parfaitement semblable mais en sens inverse et comportant les deux dates 1789 et 1836, présenté auparavant comme marque non identifiée, peut maintenant également être rendu à Gérard (L.4336). La présence des deux cachets illustre un cas particulier : le peintre commanditaire de la reproduction sous forme de gravure de ses propres tableaux est, de fait, dans le même temps, propriétaire des cuivres, et donc éditeur des estampes. Il n’est dès lors pas surprenant de trouver le cachet précisément sur des estampes que Gérard avait offertes à des destinataires de choix comme les frères Boisserée à Stuttgart, Leopoldo Cicognara à Venise, et Goethe à Weimar (G. Femmel, Goethes Grafiksammlung. Die Franzosen. Katalog und Zeugnisse, Leipzig 1980, K.26 (2)). Cette dernière épreuve porte la dédicace suivante, écrite au crayon : « Offert à Monsieur Goethe/ comme un faible hommage de respect/ et d’adoration F. Gérard » et le cachet à sec en bas à gauche. On peut voir également le cachet sur une épreuve avant la lettre à Chantilly (inv. Supplément 10 ; 65 4 A), et sur l’épreuve offerte au Cabinet des estampes par Gérard lui-même, selon Jean Duchesne (Notice des estampes exposées dans la Bibliothèque Royale formant un aperçu historique des produits de la gravure..., Paris 1837, n356).

BIBLIOGRAPHIE
A. Calabi, ‘Toschi, Paolo’, dans U. Thieme & F. Becker, Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, t. 33, Leipzig 1939, pp. 313-314.
V. Meyer, ‘Heures et malheurs d’un interprète de Gérard : le peintre et graveur Jean Godefroy’, Bulletin de l’Association des Historiens de l’Art Italien, no 11, 2005, pp. 80-111.
V. Meyer, ‘Morghen d’après Gérard : les Trois Âges de l’Homme’, Bulletin de l’Association des Historiens de l’Art Italien, no 12, 2007, pp. 54-63.
V. Meyer, ‘Gérard et Toschi : L’Entrée d’Henri IV à Paris’, Nouvelles de l’estampe, no 212, mai-juin 2007, pp. 27-37 (mention du cachet dans la note 21).
V. Meyer, ‘François Gérard (1770-1837) et ses interprètes’, Les Cahiers du Gerhico, no 11, 2007, pp. 51-62 (Groupe d'études et de recherches historiques du Centre-Ouest atlantique, université de Poitiers).


Date de mise en ligne : février 2014 ; dernière mise à jour : décembre 2016.


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