numéro
L.4679
intitulé de la collection
Lundberg, Gunnar W.
technique marque estampée, encre
couleur violet
localisation recto
dimension 2 x 5 mm (h x l)
2 renvois  
  • depuis 2010

GUNNAR W. LUNDBERG (Södertelge 1903-1986), historien de l’art, collectionneur, Paris. Dessins et estampes.

Gunnar W. Lundberg, historien de l’art, a suivi des études de philosophie à Stockholm, puis à la Sorbonne. En 1933, il crée à Paris, avec sa femme Monne, l’Institut Tessin, bibliothèque et musée d’Art suédois. Fondée au 6, rue de Tournon pour développer les échanges culturels et artistiques entre la France et la Suède, cette institution culturelle étrangère fut la première du genre. À partir de 1946, Lundberg a travaillé comme conseilleur culturel à l’ambassade de Suède à Paris et organisé plusieurs expositions entre 1937 et 1963.
En 1951, il a également installé le musée Bernadotte à Pau, à la demande du prince héritier Gustave VI Adolphe. Bernadotte avait en effet reçu l’autorisation de Napoléon de répondre favorablement à sa nomination comme prince héritier de Suède, ce qui justifie l’intérêt porté par le Suédois à cet épisode. La collection du musée évoque son règne. La donation Lundberg représente l’essentiel des collections du musée, même si plusieurs rois de Suède ont pu y faire par la suite des ajouts. Lundberg fut président de la Société des Amis du musée Bernadotte, mais aussi membre du conseil de la Société d’histoire de l’art français. Il a d’autre part régulièrement contribué entre 1938 et 1954, avec André Desfeuilles, au Bulletin historique du Régiment Royal-Suédois, publié par l’Institut Tessin puis, avec Françoise Debaisieux cette fois, et à partir de 1956, au Bulletin du musée Bernadotte
L’Institut Tessin fut reconnu par l’État suédois en 1963 et, en 1965, Lundberg sut convaincre l’État d’acquérir l’hôtel de Marle, 11, rue Payenne, dans le 3e arrondissement de Paris. En 1971, l’Institut y est transféré et prend le nom de Centre culturel suédois, avant de devenir, de nos jours, Institut suédois. L’hôtel de Marle date du XVIe siècle et se trouve à côté du musée Carnavalet, dans le Marais. Au même moment, Lundberg donna sa collection d’art et sa bibliothèque à l’État suédois pour qu’elles soient intégrées à la nouvelle institution, alors re-nommée Centre culturel suédois. La même année, il quitte ses fonctions avec le sentiment que l’Institut Tessin tel qu’il l’avait créé n’existe plus.
En 1972, Lundberg est nommé docteur honoris causa de l’université d’Uppsala et devient membre de la Kungliga Skytteanska Samfundet en 1977. Désigné officier de la Légion d’honneur en 1947 en qualité de directeur et fondateur de l’Institut Tessin, il est promu commandeur en 1963 en qualité de conseiller aux affaires culturelles à l’ambassade de Suède à Paris. Il a par ailleurs été promu commandeur des Arts et Lettres par le ministre de la Culture du gouvernement français.
La collection d’art créée par Lundberg comprend environ 600 peintures, plus de 5 000 œuvres sur papier (dessins, aquarelles et gravures), des sculptures, des médailles et des livres anciens. Elle est placée depuis 1982 sous la responsabilité du Nationalmuseum de Stockholm où elle a, pour l’essentiel, été transférée.
Lundberg a parallèlement créé une bibliothèque spécialisée en l’histoire de l’art. À l’occasion de l’ouverture du Centre culturel suédois, une sélection de livres y fut opérée et la bibliothèque de l’université d’Umeå en Suède ainsi que la bibliothèque Nordique à Paris (rattachée à la bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris) en récupérèrent un certain nombre. Les livres anciens ont rejoint le Nationalmuseum de Stockholm en 1971. Les ouvrages d’histoire de l’art et de littérature, restés sur place depuis le premier transfert, ont rejoint en 2005 la bibliothèque Nordique.
Lundberg a, enfin, constitué à titre privé une collection de gravures contemporaines françaises, des années 1930-1940 notamment, qu’il a vendue en 1980 (experts Paul et Hubert Prouté), et dans d’autres ventes ensuite. Il a donné certaines d’entre elles à l’Institut Tessin et il n’est pas facile de distinguer entre celles qui lui ont appartenu en propre et celles qu’il a données ? ou déposées ? à l’Institut. Nous avons ainsi repéré deux cachets sur le montage d’une estampe de Johan Federn de 1632 : l’un mentionne la collection Gunnar W. Lundberg Paris, L.4681, et l’autre, l’Institut Tessin (L.4671). D’autres exemples encore montrent les différents cachets de l’Institut Tessin (L.4671 à L.4674).
À l’occasion du centenaire de sa naissance, le Centre culturel suédois a organisé à l’automne 2003 l’exposition L’époque gustavienne dans la collection de l’Institut Tessin. Hommage à Gunnar W. Lundberg. Cette exposition n’a donné lieu à aucun catalogue.
Le cachet figure en bas, au centre, dans la marge d’une estampe de Johan Federn de 1632, sur une eau-forte d’Heinrich Nether, Portrait d’homme (coll. part.) ; sur un burin de Nanteuil, Portrait d’H. Courin (Paris, musée Carnavalet, inv. G.22319 GC) ; sur une suite de 10 lithographies d’Henri Boutet, Idylles modernes (vente 2003, 29 avril, Paris, Piasa, no 130) ; sur une pointe sèche d’H. Somme, Femme au grand chapeau noir (id., no 277) ; sur une eau-forte de Georg Christoph Eimmart d’après D. Klöcker, Cérémonie de la remise de l’autorité royale par la Reine Edwige Eleonore à Charles XI roi de Suède et sur Le Festin royal pour l’avènement de Charles XI à Stockholm (cat. Prouté, Catalogue No 126, Paris 2005, nos 161-162. Ces deux estampes portent aussi, au verso, les cachets L.4681 et L.4674. Un numéro d’inventaire se trouve de plus, au verso, au stylo bille, inv. G. 550, dans un cercle) ; sur une eau-forte de Th. Ribot, Le Déjeuner du chat (coll. part., au verso le cachet L.4681) ; sur une eau-forte de Th. Ribot, Paysanne d’Ukraine (chez Xavier Seydoux, Paris, 2014, au verso le cachet L.4681). Dans d’autres cas, le cachet n’est pas reproduit et il n’est pas possible de savoir s’il s’agit du cachet décrit ici ou d’un autre (L.4680).
Trois cachets au moins se rapportent à Lundberg : celui décrit ici, une version légèrement différente (L.4680), et un troisième, enfin, sur lequel on peut lire en toutes lettres COLLECTION / GUNNAR W. LUNDBERG // PARIS (L.4681). Nous ignorons la raison d’être de ces trois cachets et nous ne savons pas, non plus, sur quelles œuvres précisément ils ont été apposés.

BIBLIOGRAPHIE
Paris 1949 : Stockholm ancien et moderne, cat. de G.W. Lundberg, M. Ohlsson, G. Selling, Paris, Institut Tessin, 1949.
G.W. Lundberg, Institut Tessin. Bibliothèque et musée d’art suédois à Paris, s.l. 1950 (extrait du Bulletin de la Chambre de commerce suédoise en France, septembre-octobre 1950).
A. Boëthius, Institut Tessin 1933-1953, Stockholm 1954.
Y. Sjöberg, LInstitut Tessin et son directeur Gunnar W. Lundberg, Mesnil 1958.
L. Hautecœur, Institut Tessin. Bibliothèque et musée d’art suédois à Paris, Paris 1971 (tiré à part de La Revue Française, supplément au no 241, mars 1971).
G.W. Lundberg, Institut Tessin 1959-1969, Malmö 1970 et Paris 1971.
G.W. Lundberg, Svenskt och franskt 1700-tal i Institut Tessin samlingar, Malmö 1972.


Date de mise en ligne : avril 2015.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia