numéro
L.4818
intitulé de la collection
Galerie Leuchtenberg
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto
dimension 4 x 30 mm (h x l)
  • depuis 2010

GALERIE LEUCHTENBERG, Munich. Sur les estampes de cette publication.

Eugène Rose de Beauharnais est le fils du général Alexandre de Beauharnais et de Marie-Josèphe Tascher de la Pagerie, plus connue sous le seul prénom de Joséphine que lui donna son second époux, Napoléon Bonaparte. Fils adoptif de Napoléon, qu’il accompagne lors de ses campagnes d’Italie et d’Égypte, Eugène est parfois donné comme Eugène Napoléon. Nommé général en 1804, puis prince de l’Empire et vice-roi d’Italie en 1805, il se marie l’année suivante avec Augusta-Amélie de Bavière (1788-1851), fille aînée du roi Maximilien Ier Joseph de Bavière. En 1807, il reçoit le titre de prince de Venise, puis, en 1810, celui de grand-duc de Francfort. Il fut vice-roi d’Italie du 7 juillet 1805 au 20 avril 1814. Il se fait distinguer en 1812 dans la campagne de Russie, mais après la première capitulation de Napoléon, se retire en Bavière où il reçoit en 1817 le titre de prince d’Eichstätt et duc de Leuchtenberg.
Eugène de Beauharnais a réuni une importante collection de tableaux dans sa résidence de Munich. Cette collection était ouverte au public et gérée par Nepomuk Muxel (1790-1870), inspecteur de la Galerie ducale de Leuchtenberg. Son autoportrait dessiné, daté München 1811, provenant de la collection d’Alexander Fiorino, est conservé au cabinet des Arts graphiques des Staatlichen Museen Kassel (inv. GS 5034. Voir Kassel 1994 : Die Kasseler Sammlung Alexander Fiorino, cat. de W. Adler et O. Plassmann, Neuen Galerie, Staatliche Museen Kassel, Kassel 1994, cat. 76 et pl. 24). Après le décès du prince, Muxel prit l’initiative de publier un catalogue de cette collection, intitulé Catalogue des Tableaux de la Galerie de feu Son Altesse Royale Monseigneur le Prince Eugène, Duc de Leuchtenberg, à Munich, publié en 1825. Réédité ensuite au format in-12 en 1833, par J.A Finsterlin en 1841, et de nouveau en 1845. Une mention sur sa couverture indiquait qu’on pouvait l’acheter alors chez Mey et Widmeyer à Munich.
Finsterlin annonce dans l’édition de 1841 du catalogue, à la fin de son introduction, que c’est chez lui qu’est parue « toute la Collection des Tableaux de cette Galerie en Contours avec le texte en Allemand et en Français, consistant en 26 livraisons de 10 feuilles, pour le prix de 6 gros écus, ou 1 florin la livraison ». Les feuilles sont en effet des gravures à l’eau-forte exécutées par Muxel lui-même et il est généralement admis qu’il commença ce travail dès 1825. En 1845, on note qu’une 27e livraison a été ajoutée et que le prix est de 10 florins (ou 48 kr.) par livraison.
En 1842 est publiée la liste des estampes disponibles d’après les tableaux de la Galerie Leuchtenberg ainsi que ceux de la Pinacothèque de Munich et de la collection de tableaux formée par les frères Boisserée et Bertram : Verlags-Katalog der Literarisch-Artistischen Anstalt in München bis Ende 1842 (Paris, BNF, Estampes, Ac 8 ha 4o, p. 10 avec une liste détaillée à la fin, et Imprimés, 8o Q10 B) ; dans l’édition de 1845 de ce catalogue, on retrouve à nouveau la mention de la Galerie de Leuchtenberg (id., Ac 8 ha 4o, pp. 11-12, relié après le catalogue de 1842).
Dans une seconde édition de cette publication, réunissant texte descriptif et illustrations, le texte de Muxel est retravaillé par J.D. Passavant: Gallerie Leuchtenberg. Gemälde-Sammlung seiner Kaiserl. Hoheit des Herzogs von Leuchtenberg in München. In Umrissen gestochen von Inspector J.N. Muxel (Francfort, Joseph Baer, 1851). Cette édition est dédiée par l’éditeur Joseph Baer à Maximilien Joseph Eugène Auguste Napoléon de Beauharnais (1817-1852), duc de Leuchtenberg et d’Eichstätt, fils cadet d’Eugène de Beauharnais. Baer avait acheté les plaques en 1847, mais d’après sa préface datée d’août 1851, la situation politique complexe l’avait alors empêché de publier cet ouvrage plus tôt. Cette seconde édition contient en tout 262 planches, dont 252 d’après les tableaux et huit d’après des sculptures, auxquelles sont ajoutés une chope à boire ornée d’un bas-relief en ivoire du XVIIe siècle (pl. 261), et le fauteuil de Napoléon provenant de Malmaison qui, au moment de la publication, ne se trouvait plus dans la galerie mais dans les appartements privés de la famille (pl. 262).
Ce cachet est signalé en bas au milieu des eaux-fortes de cette galerie, exécutées par Nepomuk Muxel d’après les tableaux de différents peintres (Londres, British Museum, Prints & Drawings, inv. 1851,1213.152 à 413, photographie prise de l’inv. 1857,1219.388). L’absence du cachet sur les planches réunies en volumes (première et seconde édition) suggère que celui-ci n’a été apposé que sur les impressions vendues par livraison.
Pour le cachet personnel d’Eugène de Beauharnais formé des lettres E N – d’Eugène Napoléon –, voir L.4816.


Date de mise en ligne : février 2016.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia