numéro
L.4954
intitulé de la collection
Oprescu, George
technique marque estampée, encre
couleur rouge
localisation recto
dimension 6 x 4 mm (h x l)
  • depuis 2010

GEORGE OPRESCU (Câmpulung 1881-Bucarest 1969), historien de l’art, Bucarest. Estampes et dessins.

George Oprescu fit ses études de lettres à l’université de Bucarest. Il a commencé sa carrière comme professeur dans une école secondaire à Drobeta-Turnu Severin, puis, en 1920, a été nommé maître de conférences de littérature française à l’université de Cluj. Lors d’un déplacement en France, Oprescu rencontre l’historien de l’art Henri Focillon (1881-1943), qui deviendra son ami.
De 1923 à 1930, il est secrétaire de la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI) de la Société des Nations (voir J.-J. Renoliet, L'Unesco oubliée : la Société des nations et la coopération intellectuelle (1919-1946), Paris 1999), poste qui lui donna l’occasion de visiter presque tous les musées d’Europe et de faire des recherches dans les bibliothèques. Il travaillera ensuite jusqu’en 1948 en tant que professeur d’histoire de l’art à l’université de Bucarest. De 1932 à 1942, il fut également directeur du musée Toma Stelian (voir L.4951), où il organisa différentes expositions de dessins (avec catalogues) parfois en collaboration avec des musées français comme le Louvre, ou italiens (Les Offices). Pour certaines expositions, Oprescu a même prêté des dessins de sa propre collection : Desenul francez in secolele al XIX-lea şi al XX-lea (1931), et : Desenul italian in secolele al XVI-lea – XIX-lea (1932).
Oprescu a par ailleurs fait don de plusieurs objets d’art islamiques au musée Toma Stelian, parmi lesquels on peut compter de la céramique iranienne (aujourd’hui dans les collections du musée national d’Art de Roumanie).
Après 1948, sous le nouveau régime communiste, Oprescu devint directeur de l’Institut d’Histoire de l’Art de l’Académie roumaine (1949-1969), institution qu’il avait fondée en 1941 et qui porte aujourd’hui son nom en son honneur : Institul de Istoria Artei ‘G. Oprescu’. Il est également à l’origine des revues Studii şi Cercetări de Istoria Artei et Revue Roumaine d’Histoire de l’Art.
Mentionnons qu’Opresco fut d’autre part, pendant quelques années, directeur de la Pinacothèque des Écoles étrangères au musée d’Art de la République populaire de Roumanie à Bucarest (voir L.4952 et L.4953) et qu’il était membre de l’Académie roumaine, d’abord membre correspondant, puis, à partir de 1948, lors de la réorganisation de cette institution, membre titulaire.
On compte, en outre, de nombreuses publications à son actif, dont quelques études importantes sur l’art roumain : L’art roumain de 1800 à nos jours (Malmö 1935) ; Pictura românească în secolul al XIX-lea (Bucarest 1937) ; L’Art du paysan roumain (Bucarest 1937, avec une préface d’H. Focillon) et Grafica românească în secolul al XIX-lea (2 volumes, Bucarest 1942-1945). Il a également écrit une monographie importante sur Géricault (Paris 1927) ainsi que sur Nicolae Grigorescu (Bucarest 1961).
Sur la carrière d’Oprescu, qui fut si importante pour l’histoire de l’art en Roumanie, de nombreux d’articles ont été publiés, dont la liste serait trop longue à établir : nous nous contentons donc de ne donner ci-dessous qu’une bibliographie sélective.
Enfin, Oprescu a pu réunir une collection privée comportant des tableaux, des dessins et des estampes, des objets d’art, des objets orientaux et d’art folklorique roumain. Ses principales acquisitions datent des années situées entre 1923 et 1940, tandis qu’il était alors secrétaire de la CICI. Il achetait un peu partout, mais à Londres surtout (notamment chez W.T. Spencer) et à Paris (par exemple chez Le Garrec et chez Paul Prouté, voir : P. Prouté, Un vieux marchand de gravures raconte…, Paris 1980, p. 86). Oprescu a également échangé des feuilles avec un autre collectionneur roumain important, le Dr. Jean Cantacuzène (voir L.4030) dont il était proche.
Parmi les estampes, il faut nommer un bel ensemble de portraits français, l’œuvre presque complet de Piranesi, quelque 900 Daumier et près de 1 000 estampes japonaises. Quant aux dessins, 1 400 environ, ils sont de toute période et de toutes les Écoles, avec une prédilection toutefois pour l’École italienne du XVIe au XVIIIe siècle et pour l’École française du XVIIIe au XXe siècle. Oprescu avait des moyens financiers limités et, souvent, ne put acquérir que des œuvres de maîtres moins connus ou des dessins présentant un état de conservation relatif. Toutefois, s’il le pouvait, il achetait volontiers des feuilles issues de provenances prestigieuses et sut tout de même constituer une des collections privées – avec celle de Jean Cantacuzène – la plus importante de son époque en Roumanie.
Environ 85 œuvres de sa collection sont aujourd’hui conservées au British Museum, car entre 1933 et 1948, Oprescu a donné des dessins et des estampes de jeunes artistes roumains pour que ceux-ci soient représentés dans ce fonds. En 1938, il a également échangé des dessins de William Turner, dit d’Oxford (1789-1862), avec des catalogues du British Museum.
Oprescu fit en deux temps – en 1957, puis en 1962 – une donation importante de plus de 1 400 dessins et 6 000 estampes au cabinet des Arts graphiques de la bibliothèque de l’Académie roumaine. Après cette donation, l’Académie a procédé à un classement des œuvres reçues. Puis, en 1971, un catalogue en hommage à Oprescu a été publié avec un texte de Remus Niculescu dans lequel on trouve une sélection des estampes et des dessins de la donation, qui reflète la diversité des œuvres. Ce sont les dessins italiens du fonds qui ont été le mieux étudiés. Ils ont été exposés plusieurs fois, notamment en 1962 (catalogue rédigé par G. Oprescu), puis une nouvelle fois en 2005 (voir bibliographie). Dans ce dernier catalogue, plusieurs dessins ont changé d’attribution. Parmi les dessins publiés on remarque des œuvres d’Empoli, Girolamo da Carpi, Baccio Bandinelli, le Parmesan, Ludovico Carracci, Carlo Maratta, Cambiaso, le Guerchin et Salvator Rosa. En 2006, quelques eaux-fortes de Rembrandt provenant de la collection Oprescu, aujourd’hui à la bibliothèque de l’Académie, ont été exposées à Brukenthal (voir bibliographie).
Oprescu conservait sa collection dans sa maison 16, rue Clunet dans le quartier de Cortoceni à Bucarest. Après son décès, celle-ci a été transformée en musée pendant quelque temps. Puis, ce qui restait de la collection – tableaux, dessins, objets d’art et art folklorique – fut ensuite transféré au Musée de collections d’art (Muzeul Colecţiilor de Artă), un département du Musée national d’Art de Roumanie créé en 1978, pendant que sa bibliothèque rejoignait, elle, l’Institut d’Histoire de l’Art. Oprescu a également légué sa maison de Câmpulung Muscel à l’Institut. Elle est utilisée aujourd’hui comme résidence pour le personnel et les chercheurs.
Sa marque de collection, créée de son vivant, comporte ses initiales GO. Malheureusement, la marque n’étant pas toujours bien estampée, il est parfois difficile de distinguer les lettres. 
Enfin, il semble que certains dessins de la collection Oprescu ont été vendus à un certain moment, car une feuille portant sa marque est conservée au Fitzwilliam Museum (inv. PD.17-1996 comme attribuée à Fenzoni).

BIBLIOGRAPHIE
M. Popescu (dir.), Omagiu lui George Oprescu cu prilejul împlinirii a 80 de Ani, Bucarest 1961.
Bucarest 1962 : Desenul italian in secolele XVI-XVIII. Donatia Acad. Prof. G. Oprescu, introduction et catalogue de G. Oprescu, Bucarest, Biblioteca Academiei Republicii Populare Romîne, 1962.
Bucarest 1971 : Omagiu lui G. Oprescu. Expozitie de gravuri, desene, documente, Bucarest, Biblioteca Academieie R.S. România, 1971.
S. Ştefanescu (dir.), Enciclopedia istoriografici românesti, Bucarest 1978, s.v. Oprescu, George.
M. Popescu, ‘Georges Oprescu, fondateur de l’école roumaine d’histoire de l’art’, Revue roumaine d’histoire de l’art, XIX, 1982, pp. 9-13.
R. Ionescu, ‘Témoignages d’une grande amitié : quelques lettres inédites de Henri Focillon à Georges Opresco’, Revue roumaine d’histoire de l’art, XIX, 1982, pp. 75-82.
R. Ionescu, ‘Lettres de Henri Focillon à Georges Opresco’, Revue Roumaine d’Histoire de l’Art. Série Beaux-Arts, XXIX, 1992, pp. 3-131.
Bucarest-Florence 2005 : I disegni italiani della Biblioteca dell’Accademia di Romania a Bucarest. Catalogo generale, cat. de M. Chiarini et C. Macovei, Bucarest, Accademia di Romania ; Florence, Polo Museale Fiorentino, 2004.
R. Niculescu, ‘G. Oprescu historien de l’art français’, Revue roumaine d’histoire de l’art. Série Beaux-Arts, numéro hors-série dédié à Remus Niculescu, 2006, pp. 47-49.
Brukenthal 2006 : Rembrandt. Maestru al luminii şi umbrei. 2006 anul internaţional Rembrandt, 400 de ani de la naşterea artistului, cat. de M. Ordeanu, C. Macovei, Brukenthal, Palatul Brukenthal, Galerie de artă europeană, 2006.


Date de mise en ligne : septembre 2016.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia