numéro
L.5025
intitulé de la collection
Tischbein, Johann Heinrich Wilhelm
technique marque estampée, encre
couleur brun, noir
localisation montage, verso
dimension 3.5 x 22 mm (h x l)
  • depuis 2010

JOHANN HEINRICH WILHELM TISCHBEIN (Haina 1751-Eutin 1829), peintre, dessinateur, graveur et auteur, Cassel, Berlin, Hambourg, Rome, Naples et Eutin. Sur ses dessins provenant de la collection des ducs d’Oldenburg passés en vente chez Christie's en 2003.

Wilhelm Tischbein se forme auprès de ses deux oncles, Johann Heinrich Tischbein à Cassel, et Jacob Tischbein à Hambourg. Il fait des voyages aux Pays-Bas, travaille à Brême et Hanovre avant de s’établir à Berlin en 1777 où il œuvre comme peintre de portraits Une bourse d’études le conduit une première fois en Italie où il voyage de 1779 à 1781. Sur le chemin du retour il séjourne à Zurich et rencontre le physiognomoniste Johann Caspar Lavater.
En 1783, déjà, il repart à Rome grâce à une bourse du duc de Gotha. Tischbein, qui s’est lié d’amitié avec Goethe, peint le célèbre portrait Goethe dans la campagne romaine (1787, Francfort, Städel Museum). À partir de 1787, il s’installe à Naples où il enseigne à l’Académie, et impose le style néo-classique. Entre 1789 et 1799, années pendant lesquelles il dirige l’Académie, il étudie de près les découvertes antiques des fouilles de Pompéi et d’Herculanum. Il collabore également à la publication de la collection de vases grecs de Sir William Hamilton, qu’il reproduit en gravures : Collection of Engravings from Ancient Vases mostly of Pure Greek Workmanship… (Naples 1791-1795). L’année suivante, il publie lui-même l’ouvrage Têtes de différents animaux dessinées d’après nature pour donner une idée plus exacte de leurs caractères (Naples 1796), qui témoigne de l’influence des théories de Lavater sur la physiognomonie.
Après avoir perdu son poste à Naples, suite à l’invasion napoléonienne de 1799, Tischbein retourne en Allemagne et s’installe à Hambourg. Puis, en 1808, il entre au service du grand-duc Pierre Ier d’Oldenburg (1755-1829) à Eutin, comme peintre officiel et inspecteur des collections. Il reçoit une commande pour le château du duc et exécute 44 tableaux de petits formats, dit « cycle des Idylles ». Tischbein décède à Eutin en 1829. Son autobiographie, Aus meinem Leben, est publiée en 1861.
Tischbein était un dessinateur et un graveur prolifique. En Italie, il réunit une série d’albums dits « Livres Sibyllins » contenant des dessins de lui agrémentés de ses commentaires ou de ceux d’autres auteurs. En Allemagne, il continue à dessiner avec prédilection des scènes de la vie quotidienne, ainsi que des paysages présentant les constructions mégalithiques de la préhistoire qu’on pouvait trouver à cette époque dans le Schleswig-Holstein. Dès 1810, Tischbein, qui avait aussi des ambitions littéraires, conçoit une suite du poème Reineke Fuchs (Le Roman de Renart), de Goethe, dont il crée les illustrations.
Notons que Tischbein a également réuni une collection de 86 tableaux d’artistes anciens, correspondant pour la plupart d’entre eux à des acquisitions réalisées en Italie. En janvier 1804, il vendit sa collection au grand-duc Pierre Ier d’Oldenburg. Une grande partie de la collection des ducs d’Oldenburg fut dispersée à Amsterdam chez Frederik Muller après la fin de l’empire allemand et du duché en 1918. Les tableaux anciens furent notamment vendus le 25 juin 1924 (Lugt. Rép. 87140). Une autre partie a pu être conservée au Landesmuseum Oldenburg (voir Oldenbourg 2001).
La marque contenant le nom « J.H.W. Tischbein » a été créée par Christie’s à l’occasion d’une vente à New York le 22 janvier 2003. Pour les lettres du tampon, une police allemande datant d’environ 1829 a été utilisée grâce à l’aide du Type Museum de Londres. La vente dispersa un fonds important de dessins provenant de la collection des ducs d’Oldenburg. L’ensemble, conservé dans la bibliothèque d’Oldenburg, était largement inédit. Le chambellan Friedrich von Alten, auteur de la biographie et de la correspondance Aus Tischbein’s Leben und Briefwechsel (Leipzig 1872), avait classifié les dessins de Tischbein (Weimar – Rome – Hambourg 2006-2007, p. 63). La vente permit de découvrir ces dessins qui révèlent de nombreux aspects de l’œuvre de l’artiste. Y figuraient également différents albums avec des dessins, dont plusieurs Livres Sibyllins, qui contribuèrent à ce que le nombre total de dessins vendus approcha des 700. Lors de la vente, la Klassik Stiftung de Weimar parvint à acquérir 222 feuilles dont plusieurs réunies en albums (voir Weimar – Rome – Hambourg 2006-2007).

VENTE
2003, 22 janvier, New York, Christie’s, Drawings by J.H.W. Tischbein, lots 130-226, avec introduction sur l’artiste et la marque.

BIBLIOGRAPHIE
P. Walch, ‘(Johann Heinrich) Wilhelm Tischbein’, dans The Grove Dictionary of Art, vol. 31, New York 1996, pp. 27-28.
Oldenbourg 2001 : Johann Heinrich Wilhelm Tischbein als Sammler. Europäische Kunst 1500-1800, cat. de J. Deuter, Oldenbourg, Landesmuseum Oldenburg, 2001.
A. Friedrich, F. Heinrich, C. Holm (dirs.), Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751-1829). Das Werk des Goethe-Malers zwischen Kunst, Wissenschaft und Alltagskultur, Petersberg 2001.
Cassel – Leipzig 2005-2006 : 3 x Tischbein und die europäische Malerei um 1800, cat. de M. Heinz, S. Hereaus, R. Hüttel et al., Cassel, Staatliche Museen Kassel ; Leipzig, Museum der bildenden Künste Leipzig, 2005.
Weimar – Rome – Hambourg 2006-2007 : Johann Heinrich Wilhelm Tischbein. Der Maler als Poet. Aquarelle, Gouachen und Zeichnungen, cat. de H. Mildenberger (dir.), Weimar, Schlossmuseum Weimar ; Rome, Casa di Goethe ; Hambourg, Jenisch Haus, 2006.


Date de mise en ligne : janvier 2017.


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