numéro
L.5226
intitulé de la collection
Alexandre III
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation verso
dimension 15 x 7 mm (h x l)
  • depuis 2010

ALEXANDRE III ALEXANDROVITCH (Pétersbourg 1845-Livadia 1894), empereur de Russie, Saint-Pétersbourg. Estampes.

Le cachet d’Alexandre III (Aleksandr III) figure sur les estampes qui proviennent de la collection consacré à la mémoire de l’empereur Alexandre III conservée au palais Anitchkov de Saint-Pétersbourg. Cependant, selon certaines sources (Sokolovski 1924), le monogramme « A III » se trouve uniquement sur les ex-libris des revues des dernières années (1881 à 1894) de la vie de l’empereur. On sait d’après les dessins du département d’Héraldique que le monogramme impérial a été adopté et institué dès l’accession au trône d’Alexandre III en 1881. Ce monogramme devient alors en effet l’élément obligé du costume militaire des officiers de la suite du tsar ; en outre, il est fréquemment employé comme ornement dans les arts décoratifs des années 1880-1900.
Le futur empereur Alexandre III est le deuxième fils de l’empereur Alexandre I et de l’impératrice Maria Alexandrovna. Il est né au palais d’Hiver, à Pétersbourg. Jusqu’au 12 avril 1865 (jour de la mort de son frère aîné, Nicolas), Alexandre n’est pas l’héritier en titre du trône et reçoit donc auparavant l’éducation dévolue à un grand-duc ‒ éducation qui le destine à une carrière militaire. En 1865, il est proclamé héritier du trône. En 1866, il se marie avec la princesse Dagmar, la fille du roi du Danemark Christian IX. Ses fils se prénomment Nicolas (prince héritier), Georges, et Mikhaïl, et ses filles, Ksénia et Olga.
Alexandre III accède au trône le 2 mars 1881, et c’est le 15 mai 1883 qu’il est couronné.
L’empereur a vécu principalement au palais Anitchkov à Saint-Pétersbourg et au palais de Gatchina. Il avait le goût de la collection et de l’histoire et a présidé la Société impériale d’histoire, fondée avec son concours personnel. Il était par ailleurs passionné de musique. D’après les souvenirs du peintre A.P. Bogolioubov, qui enseignait l’histoire de l’art au frère aîné d’Alexandre, le grand-duc Nicolas Alexandrovitch, et qui l’accompagna fréquemment dans ses voyages au cours des premières années de son mariage (au Danemark notamment où il se trouvait alors à ses côtés), c’est à cette époque que le grand-duc Alexandre Alexandrovitch commence à acheter des objets d’art : armes, mobilier, verrerie, porcelaine, et autres ‘raretés’. Un peu plus tard, des œuvres de peintres danois contemporains s’ajoutent à sa collection. Au palais Anitchkov, deux salles et une bibliothèque sont affectées à sa collection (son ‘musée’, comme l’écrit A.P. Bogolioubov). Les objets rares, que l’empereur a achetés au célèbre écrivain D.V. Grigorovitch, en constituent le fonds. Des peintures viennent compléter peu à peu le musée, avec notamment l’acquisition de toiles du professeur K.F. Houn et d’A.A. Khakhlamov.
Le palais de Tsarskoïe Selo accueille une partie de la collection de peinture de l’entreprise commerciale du conseiller V.A. Kokorev (qui entrera plus tard dans la collection du musée d’État de Russie).
Au cours de ses longs séjours à Paris, Bogolioubov participe à la formation de la collection d’Alexandre III et, à sa demande, lui envoie les catalogues des ventes aux enchères, des ouvrages sur les collections publiques comme le Louvreou, à Venise, la basilique Saint-Marc, mais aussi des gravures de Meissonier, Munkacsy et autres artistes contemporains, ou, encore, des estampes anciennes d’après Watteau par exemple.
À son tour, pendant son voyage à Paris, Alexandre III profite de ses visites à l’exposition de la Société d’entraide aux artistes parisiens, ou dans les ateliers des peintres et des marchands de tableaux pour acheter des toiles destinées à sa collection.
Jusqu’en 1927, celle-ci demeure en grande partie réunie dans les salles historiques du palais Anitchkov, qui constituent le musée d’Histoire de Leningrad (Saint-Pétersbourg après 1991). Après la suppression des salles historiques (voir L.5235 et L.5236), la majeure partie des collections est transférée au musée d’État de Russie.
La marque est composée de la première lettre du nom d’Alexandre, suivie du chiffre romain III. Elle figure sur une gravure sur bois de T. Karkarioutchkine, Vue d’une forteresse-monastère autochtone ; la feuille porte au verso le cachet du « Département dédié à la mémoire de l’empereur Alexandre III » (Saint-Pétersbourg, musée d’État de Russie, inv. 2493. Provenance : département dédié à la mémoire de l’empereur Alexandre III, 1923).
Nous nous sommes fondés sur le texte de Vlasova & Balašova (2003) pour réunir l’ensemble de ces éléments.

BIBLIOGRAPHIE
Imperator Aleksandr III
[L’Empereur Alexandre III], Saint-Pétersbourg 1895, pp. 446-472.
A.K. Sokolovski, Ukazatel’ venzelevyh knižnyh znakov [Index des ex-libris monogrammés], Leningrad 1924, p. 20, nos 3, 4.
O.V. Vlasova & E.L. Balašova, Vladel’českie znaki na gravjurach i litografijach. Na materiale otdela gravjury Gosudarstvennogo Russkogo muzeja [Marques de collections sur gravures et lithographies. D’après le fonds du département des Estampes du Musée russe], Saint-Pétersbourg 2003, no 2.


Date de mise en ligne : avril 2018.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia