numéro
L.5431
intitulé de la collection
Hodler, Ferdinand
technique marque estampée, cachet sec
couleur
localisation recto
dimension 18 x 41 mm (h x l)
4 renvois  
  • depuis 2010

FERDINAND HODLER (Berne 1853-Genève 1918), peintre, Genève. Sur ses propres œuvres faisant partie de sa succession.

Issu d’une famille modeste et très jeune orphelin, Ferdinand Hodler fait son apprentissage à Thoune vers 1867-1870 chez Ferdinand Sommer (1822-1901), peintre de vues alpines et de scènes de genre, avant d’être l’élève de Barthélemy Menn (1815-1893), à la fois paysagiste, portraitiste et directeur de l’École genevoise de dessin. En 1874, il obtient le 1er prix lors de sa première participation au Concours Calame qu’il présentera jusqu’en 1895. Il participe ensuite à de nombreuses expositions : Société suisse des Beaux-Arts à Genève en 1876 (1er prix ex æquo), Cercle des Beaux-Arts à Genève en 1885 (première exposition personnelle), Exposition universelle à Paris en 1889 (mention honorable), Salon du Champ-de-Mars à Paris en 1891 (médaille d’argent pour son tableau La Nuit qui avait été retiré de l’Exposition des Arts de Genève pour cause de scandale), Salon de la Rose-Croix à Paris en 1892 et 1893, Salon de la Société nationale des Beaux-Arts à Paris à partir de 1892, Sécession à Vienne en 1899 et 1904, Biennale de Venise en 1899, Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles en 1901, Sécession de Munich en 1903, etc. La consécration vint enfin et, en 1907, il lui est même demandé de dessiner les billets de la Banque nationale suisse.
    Aux tableaux symbolistes, portraits et paysages, s’ajoute dans sa production le décor à grande échelle tel que les 26 figures peintes sur la façade du Palais des Beaux-Arts de Genève en 1896. Hodler gagne en 1897 le concours pour le décor mural de la Salle des Armures du Musée national suisse de Zurich ‒ décor qui déclenchera une vive polémique ‒, et reçoit aussi la commande d’un grand panneau mural pour l’hôtel de ville de Hanovre (1911-1913).
    Docteur honoris causa de l’université de Bâle en 1910, officier de la Légion d’honneur en 1913, Hodler fut par ailleurs nommé bourgeois d’honneur de la ville de Genève en 1918.
L’Institut suisse pour l’Étude de l’Art prépare actuellement le catalogue raisonné de l’artiste sous la direction de Paul Müller : cet ouvrage recense environ 2 000 peintures (2 vol. parus en 2008), 10 000 esquisses et 5 000 dessins.
    La ville de Genève possède la plus importante collection d’œuvres de l’artiste en Suisse grâce à des achats mais aussi aux dons et legs de ses héritiers (144 peintures, 657 dessins ainsi que 241 carnets – carnets acquis en 1958 et 1975 du gendre de l’artiste, Paul Magnenat). En 1919, Hector Hodler, fils du peintre, commence par donner 10 feuilles au musée et lègue à sa femme en 1920 la moitié de ce qu’il possède, l’autre moitié étant divisée entre les musées de Genève, Berne et Zurich ; le musée de Genève reçoit de son côté 6 études peintes et 284 dessins. Puis Émilie Hodler-Ruch, sa belle-fille, donne 200 dessins en 1926 qui seront inventoriés en 1955, 1956 et 1960. À sa mort en 1964, elle lègue 12 tableaux et 62 dessins. Le Musée des Beaux-Arts de Montréal conserve une collection de 300 dessins de Hodler, rendue possible grâce au don de l’homme d’affaires et mécène, Michal Hornstein, et de sa femme Renata.
   D’après les recherches de Niklaus Manuel Güdel, directeur des Archives Jura Brüschweiler (1927-2013), nous savons que ce timbre à sec, rarement apposé, est une première version du L.5432, sans doute réalisée par le graveur-médailleur F. Homberg à Berne sur mandat de Carl Albert Loosli agissant lui-même pour le compte de la succession. Dans une lettre, il définit le projet : « pour ce qui concerne le timbre sec [...] je l’ai fait confectionner sans retard [...] il comporte le texte : ‘Ferdinand Hodler, Nachlass Nr.’. Le numéro y serait porté à la main et l’inventaire porté dans un registre » (Lettre de Loosi à Hector Hodler, Bümpliz, 23 juillet 1918. Archives Jura Brüschweiler, inv. FH-1060-0032). La correspondance échangée autour de ce timbre permet dans tous les cas de documenter la méthodologie envisagée. Hector Hodler répond, début août 1918, que « les dessins seront marqués au moyen du timbre sec, puis numérotés à la main », avant d’ajouter : « P.S. – Veuillez avoir l’obligeance d’envoyer le timbre sec que vous avez fait confectionner car je désire l’essayer. Joignez-y la facture. Pour les dessins, il ne me paraît pas nécessaire d’employer l’attestation signée de M. Ramseyer [timbre no 2]. Il serait difficile de la coller sur les dessins qui sont souvent en mauvais état. Le timbre sec et le numéro qui sera reporté dans le registre constituent une garantie d’authenticité suffisante. Il suffira que M. Ramseyer, une fois le travail fait, contresigne le répertoire » (Lettre de Hodler à Loosi, Glion, 2 août 1918. Id., inv. FH-1060-0031.). Quelques jours plus tard, Loosli envoie le timbre en question et précise : « la manière que vous proposez pour la classification des dessins est parfaitement suffisante » (Lettre de Loosi à Hodler, Bümpliz, 9 août 1918. Id., inv. FH-1060-0030]. Berthe Hodler, toutefois, ne trouve pas le sceau approprié et précise à son tour : « son timbre, il me paraît inutilisable. Il vous faudra en faire faire un meilleur. Ne trouvez-vous pas qu’il faudrait tâcher que cela soit plus petit ? on pourrait peut-être mettre seulement F. Hodler et j’aimerais mieux le mot succession en français. Il y a plus de Suisses allemands qui comprennent le français que l’inverse. En tout cas, ce timbre de Loosli abîmerait les dessins » (Lettre de Berthe Hodler à Hector Hodler, sans lieu, sans date. Id., inv. FH-1040-0012). Cette opinion explique la raison pour laquelle ce timbre fut peu utilisé et conduisit à la réalisation d’une autre version en français, circulaire cette fois-ci (L.5432).
    Il existe en outre un timbre « Archives HODLER ». On le trouve très fréquemment, à la fois dans des archives publiques (notamment aux Archives de la Ville de Genève) et dans plusieurs archives privées, dont celles de Jura Brüschweiler, acquises auprès de la famille Hodler-Magnenat (Güdel 2018, pp. 68-73, à la p. 73, ill. de la marque). Ce timbre pourrait avoir été apposé par Paul Magnenat, le gendre du couple Hodler, sur les documents que possédait la famille et, suite à leur dispersion, se trouverait de fait présent dans les archives de nombreuses collections. On le rencontre ainsi au recto comme au verso de lettres, de manuscrits, de photographies et autres documents.
    Pour plus d’informations, nous renvoyons le lecteur à la bibliographie sur l’artiste, abondante, et dont nous ne citons ici que quelques ouvrages de référence.

BIBLIOGRAPHIE
J. Brüschweiler, Eine unbekannte Hodler-Sammlung aus Sarajewo, Berne 1978.
J. Brüschweiler, Ferdinand Hodler. Selbstbildnisse als Selbstbiographie, Berne 1979.
Zurich 1981 : Der Frühe Hodler. Das Werk 1870-1890, cat. de F. Zelger et L. Gloor, Zurich, Schweizerisches Institut für Kunstwissenschaft, 1981.
Fribourg 1981 : Hodler et Fribourg. La Mission de l’Artiste. Hodler und Freiburg. Die Mission des Künstlers, cat. de Y. Lehnherr, M. Hahnloser-Ingold et H.A. Lüthy, Fribourg, Museum für Kunst und Geschichte, 1981.
Zurich-Hanovre 1990-1991 : Ferdinand Hodler. Vom Frühwerk bis zu Jahrhundertwende Zeichnungen aus der Graphischen Sammlung des Kunsthauses Zürich, cat. de B. Von Waldkirch, Zurich, Kunsthaus, Hanovre, Niedersächsisches Landesmuseum, 1990.
Martigny 1991 : Hodler, cat. de J. Brüschweiler, Martigny, Fondation Pierre Gianadda, 1991.
Zurich 1992 : Ferdinand Hodler. Zeichnungen der Reifezeit 1900-1918 aus der Graphischen Sammlung des Kunsthauses Zürich, cat. de B. Von Waldkirch, Zurich, Kunsthaus, 1992.
Zurich 1998 : Ferdinand Hodler. Tanz und Streit. Zeichnungen zu den Wandbildern “Blick in die Unendlichkeit”, “Floraison”, “Die Schlacht bei Murten”, aus der Graphischen Sammlung, cat. de B. von Waldkirch, Zurich, Kunsthaus, 1998.
Berne 1999-2000 : Ferdinand Hodler. Die Zeichnungen im Kunstmuseum Bern, cat. de O. Bätschmann, H. Mentha et B. Walter, Berne, Kunstmuseum, 1999.
Genève 2005 : Ferdinand Hodler et Genève. Collection du Musée d’Art et d’Histoire, cat. de C. Ritschard, M. Poiatti et I. Payot Wunderli, Genève, Musée Rath, 2005.
Paris 2007-2008 : Ferdinand Hodler, 1853-1918, Paris, Musée d’Orsay, 2007.
N.M. Güdel, ‘Les marques et timbres de la succession Ferdinand Hodler et des archives Hodler’, dans Cologny 2018-2019 : Ferdinand Hodler. Documents inédits : Fleurons des Archives Jura Brüschweiler, cat. sous la direction de N.M. Güdel, Cologny, Fondation Martin Bodmer, 2018, pp. 68-73, à la p. 70 (ill. de la marque).


Date de mise en ligne : mai 2019.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia