numéro
L.221
intitulé de la collection
Basan, Pierre-François
technique marque écrite, encre
couleur
localisation
dimension
  • 1921
  • depuis 2010
Peut-être la signature de l'actif et ambitieux Pierre-François Basan (1723 -1797), l'éditeur et expert dont F. Courboin a esquissé un vivant portrait dans son livre L'Estampe Française, 1914 (p. 101) et sur qui Lady Dilke s'étend dans le 2e chapitre de son ouvrage French Engravers and Draughtsmen, 1902. Comparez l'inscription de P. Suther reproduite au L.2327.
 
PIERRE-FRANÇOIS BASAN (Paris 1723-id. 1797), expert, marchand, éditeur, organisateur de ventes et collectionneur. Dessins et estampes.
 
La signature suivie par un paraphe paraît assez exceptionnelle et nous ignorons sur quel dessin ou sur quelle estampe Lugt l'avait rencontrée. L'écriture est bien du XVIIIe siècle et il est fort probable qu'il s'agisse de Pierre-François Basan. Ce dernier est avant tout connu par son rôle d'expert, de marchand, d'éditeur et d'organisateur de ventes à Paris. Comme expert, son plus grand titre de gloire restera d'avoir été choisi pour la vente de la collection de Pierre-Jean Mariette en 1775 (voir L.1852). Il a souvent été chargé de commissions dans les ventes qu'il organisait, mais aussi dans celles organisées par d'autres, y compris à l'étranger. Sa connaissance du marché était phénoménale. Dans les années 1773-1788, Basan s'est associé à son gendre Étienne-Léon Poignant. Le catalogue de leurs fonds a été publié en 1784 et un supplément a paru en 1786.
Basan possédait un important fonds de cuivres anciens, par exemple de Stefano della Bella et de Rembrandt, et 50 impressions illustrent la seconde édition de son Dictionnaire des graveurs anciens et modernes de 1789, dédié au comte Giacomo Durazzo (voir sous L.174). Basan entretenait de bons rapports avec ses collègues marchands d'estampes, comme en témoigne le Journal de Johann Georg Wille. De 1789 à 1798, l'affaire familiale a été reprise, sous l'enseigne Basan frères, par ses fils, Antoine-Simon-Ferdinand (1764-1798) et surtout Henry-Louis (mort vers 1810) qui exerça le même métier que son père - d'où l'appelation de Basan père donnée à ce dernier.
Le collectionneur suédois Pehr Suther acheta chez Basan des estampes de Rembrandt lors de sa visite à Paris dans les années 1775-1776 (voir L.2327) ; toutefois nous sommes encore mal renseignés sur l'activité de Basan comme marchand d'estampes anciennes.
Parallèlement à ses activités professionnelles, Basan a constitué une importante collection de dessins et d'estampes. Dans la vente de la collection de Pierre-Jean Mariette de 1775, il dépensa 33.635 livres pour sa collection personnelle, ou par commission. Il acheta surtout des dessins flamands et hollandais (6.684 livres) ainsi que des estampes des mêmes écoles (7.019 livres). Une première liste de sa collection comprenant des tableaux et des dessins a été dressée le 8 mai 1788 après le décès de son épouse, Marie Drouet (Casselle 1982, annexe, pp. 176-185). Ensuite, la collection est documentée par le catalogue, établi par Regnault-Delalande, de la vente de son cabinet, dispersé dans 18 vacations après sa mort en 1798. La vente rapporta 48.900 francs, dont 9.081 francs pour les dessins, 17.319 francs pour les estampes, en grande partie avant la lettre, et des œuvres de différents maîtres, 2.491 francs pour les livres illustrés et catalogues de vente, 2.398 francs pour les cuivres (nos 897-899), 563 francs pour les huit tableaux et 2.681 francs pour les bronzes, marbres et porcelaines. Henry-Louis Basan s'est porté acquéreur de près du quart des enchères, dont quelques dessins, comme trois dessins de Fragonard dont L'Amour menaçant (n° 91) et de Hubert Robert la Vue de la Villa Madama et son pendant les Vestiges antiques (n° 122), mais avant tout des estampes flamandes, hollandaises et italiennes. Il s'était aussi porté acquéreur de la deuxième édition du Dictionnaire des graveurs, relié en maroquin et contenant 231 figures gravées au lieu des 50 de l'édition  ordinaire (n° 883, pour 89,95 francs), de 470 exemplaires du même Dictionnaire, avec 1800 épreuves des planches (n° 896) et des planches gravées du Cabinet Basan (n° 897). Les autres acquéreurs étaient avant tout des experts ou des amateurs, comme Constantin, Lamy, Lebrun, Paillet, Regnault et Roland, et de nombreux petits marchands d'estampes comme Alibert, Bance, Blaizot, Chaise, Godet, Joubert, les frères Journeaux, les frères Lemière et Salmon.
 
Buste de Pierre-François Basan par Augustin Pajou, 1768 (Musée du Louvre).
 
VENTE
1798, 1-19 décembre, Paris (L.F. Regnault), Catalogue raisonné..., pp. VIII + VI + 288 + 16, nos 917 (Lugt Rép. 5827).
 
BIBLIOGRAPHIE
P.-F. Basan, Dictionnaire des graveurs anciens et modernes depuis l'origine de la gravure, avec une notice des principales estampes qu'ils ont gravées, 2 vol., Paris 1767 (2e éd. Paris 1789).
P.-F. Basan, Dictionnaire des graveurs anciens et modernes depuis l'origine de la gravure. Nouvelle édition, augmentée d'un volume de supplément et d'une table alphabétique..., 3 vol., Bruxelles 1791.
P.-F. Basan, Collection de cent-vingt estampes, gravées d'après les tableaux & dessins qui composaient le cabinet de M. Poullain, Receveur Général des Domaines du Roi, décédé en 1780 ; précédée d'un Abrégé historique de la vie des auteurs qui la composent ; Dédié à M. le Comte d'Orsay. Cette suite a été exécutée, sous la direction du sieur Fr. Basan, graveur, par de jeunes artistes des deux sexes dont les talens se font connaître & accroissent de jour en jour. Le Sr Moitte, peintre, en avait fait les dessins, d'après les tableaux, avant la mort de ce célèbre amateur. Se vend à Paris, chez Basan et Poignant, marchands d'estampes, rue & hôtel Serpente, 1781.
P.-F. Basan, Catalogue des estampes gravées d'après Rubens, avec une méthode pour blanchir les estampes les plus rousses, & en ôter les taches d'huile. Nouvelle édition. Corrigée, considérablement augmentée & précédée de la vie de Rubens, par F. Basan, graveur. Faisant suite au Dictionnaire des Graveurs anciens & modernes, Paris 1767.
P. Casselle, 'Pierre-François Basan, marchand d'estampes à Paris', Paris et Ile-de-France. Mémoires publiés par la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile-de-France, 33, 1982, pp. 99-185.
M. Préaud, P. Casselle, M. Grivel, et C. Le Bitouzé, Dictionnaire des éditeurs d'estampes à Paris sous l'Ancien Régime, Paris 1987, p. 43.
A. Laing, 'Two Boucher Drawings owned by and etched for Basan père', Print Quarterly, V, 1988, 3, pp. 267-272.
 
 
Date de mise en ligne : mars 2010.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia