numéro
L.286
intitulé de la collection
Boudin, Eugène
technique marque estampée, encre
couleur
localisation recto
dimension 6 x 27 mm (h x l)
4 renvois  
  • 1921
  • 1956
  • depuis 2010
E. BOUDIN (1824-1898), peintre, Paris. Sur ses propres œuvres à la vente de son atelier.
 
Eugène-Louis Boudin naquit à Honfleur. Son père, ancien marin de l'état, puis pilote d'un bateau de la ligne Honfleur - Le Havre, ayant pris sa retraite, ouvrit au Havre une petite boutique de papeterie et encadrements. C'est là qu'Eugène Boudin fit connaissance, vers 1846, de Troyon, Millet, Eug. Isabey, qui reconnaissant les dispositions du jeune papetier, l'encouragèrent à embrasser la carrière de peintre.
Une pension que lui servit pendant trois ans la ville du Havre, lui permit de compléter son éducation artistique. Le milieu dans lequel il était né, le spectacle qui s'était offert à ses yeux, dès l'enfance, expliquent assez qu'il ait surtout représenté la mer, les côtes normandes d'abord, puis, après ses voyages, celles de Bretagne, du nord, du midi, Venise, des scènes de la vie de pêcheurs, l'animation des plages mondaines. Eugène Boudin exposa d'abord à Rouen (1856), puis au Havre (1857) et à Paris (de 1859 à 1897). Se sentant près de sa fin, il voulut revoir la mer, sa grande inspiratrice, et c'est à Deauville qu'il rendit le dernier soupir. Pour plus de détails voir G. Cahen, Eugène Boudin, sa vie et son œuvre (1900). Helleu, dans une vivante pointe sèche, l'a représenté peignant en plein air, près d'une jetée. Après son décès, une exposition de ses œuvres fut organisée à l'Ecole des Beaux-Arts (9-30 janvier 1899, catalogue avec supplément, tableaux 364 nos, pastels 73 nos, aquarelles 20 nos). D'autres expositions eurent lieu les 8 juillet 1889, 15 décembre 1898, 12 novembre 1900. Eugène Boudin, grand travailleur, laissait un nombre important d'études peintes et dessinées. Sa famille offrit une partie des premières à la ville du Havre, et des secondes à l'état, pour être réparties entre le Musée du Luxembourg à Paris, et les musées provinciaux. L'autre partie passa en vente publique (voir ci-dessous). Le catalogue de la vente indique que les tableaux non signés portent l'une des deux griffes reproduites ci-contre [L.285 et L.286] ou le timbre L.828.
 
VENTE (après décès) : 1899, 20-21 mars, Paris (experts Durand-Ruel, Allard et Bonjean). Atelier. Catalogue avec préface d'Arsène Alexandre, 289 nos dont 281 pour les œuvres de Boudin (tableaux 125, aquarelles 99, pastels et dessins 57) et 8 pour des dessins ou aquarelles de Corot (1) 300 fr., Jongkind (1), Vue de Dordrecht 1020 fr., Millet (1), Ed. Morin (4), Daumier (1 n° de 3 dessins à l'encre de chine 210 fr.). Beaucoup des aquarelles, dessins et pastels de Boudin ne firent pas plus de 150 fr., avec 60 à 100 fr. comme prix moyen. Citons, de cette série, les plus fortes enchères : Aquarelles : Rotterdam 645 fr., Daoulas (1867) 300 fr., Anvers 260 fr., Scheveningue 210 fr., Pastels et dessins : Etudes de Ciel 305, 200 et 205 fr., Marine, laveuses à Trouville 245 fr., la Plage à Trouville 300 fr. - Produit 85.675 fr.
Signalons de plus les 2 ventes suivantes, de peintures, aquarelles et dessins d'Eugène Boudin : 19 avril 1888 (expert P. Detrimont, 101 nos) et 31 mars 1900 (expert Moline, 83 nos). Déjà en 1868, 1877, 1878 et 1879 Boudin avait fait faire des ventes de ses œuvres.
 
E. BOUDIN, Paris.
 
Signalons, sur l'artiste, les monographies de Cl. Roger-Marx, Paris, 1927, de L. Cario, Paris, 1928 et de Ruth L. Benjamin (vers 1937), puis l'article de F. Barazzetti dans Beaux-Arts, 12 juillet 1935.
 

LOUIS EUGÈNE BOUDIN (Honfleur 1824-Deauville 1898), peintre, Paris et Honfleur. Sur ses propres œuvres à la vente de son atelier.

Nous apportons quelques précisions et informations aux notices L.285, L.286 et L.828 publiées par Lugt en 1921 et en 1956.
Rappelons que les images des cachets L.285, L.286 et L.828 provenaient des reproductions données dans le catalogue de la vente de l’atelier les 20 et 21 mars 1899, chez maître Tual.
Laurent Manœuvre dans Eugène Boudin. Dessins inédits précise ceci : « À la mort d’Eugène Boudin, Gustave Cahen, exécuteur testamentaire et premier biographe de l’artiste, procède au partage de l’atelier suivant les dernières volontés du maître. Cent cinquante dessins environ, portant tous les cachets aux initiales E.B [L.828], seront vendus aux enchères [20-21 mars 1899]. Honfleur se voit attribuer neuf aquarelles et vingt-quatre pastels ; Le Havre, soixante-dix études au graphite et deux aquarelles. L’État reçoit le complément, soit cinq mille sept cent quarante feuilles et quatre cents esquisses rehaussées d’huile sur papier. L’ensemble transitera par le musée du Luxembourg avant de rejoindre le musée du Louvre en 1930 » (1987, p. 4).
Nous ne souhaitons pas revenir sur la biographie d’Eugène Boudin ; il suffit de se reporter à l’abondante bibliographie dont nous proposons ici une courte sélection. Nous répétons certains titres donnés par Lugt dans sa notice en 1921.
Le faux timbre E.B mentionné dans la notice L.828 avait notamment été signalé à Frits Lugt sur un petit pastel en 1955, sans plus de précision (archives de la Fondation Custodia).
Deux nouveaux cachets ont été créés par le marchand d’art havrais Jacques Hamon (1920-1989) et apposés par un huissier de justice sur 179 dessins de l’artiste non signés – aquarelles, esquisses et huiles –, contenus dans deux albums (lire L.5991 et L.5992).

BIBLIOGRAPHIE
G. Cahen, Eugène Boudin, sa vie et son œuvre, Paris 1900.
Cl. Roger-Marx, Eugène Boudin, Paris 1927.
L. Cario, Eugène Boudin, Paris 1928.
R. L. Benjamin, Eugène Boudin, New York 1937.
Paris 1987 : Eugène Boudin. Dessins inédits, cat. de L. Manœuvre et R. Rappetti, Paris, musée d’Orsay, 1987.
A.-M. Bergert-Gourbin, D. Delouche et F. Cohen, Eugène Boudin 1824-1898, Arcueil 1992 (avec une biographie bien documentée).
A.-M. Bergert-Gourbin et L. Manœuvre, Eugène Boudin. Peintures et dessins. Catalogue raisonné, musée Eugène-Boudin, Honfleur 1996.
Honfleur 1998 : Eugène Boudin en Normandie, cat. sous la dir. de A.-M. Bergert-Gourbin, Honfleur, musée Eugène Boudin, 1998.
L. Manœuvre, Eugène Boudin. Dessins, Paris 2001.
Paris 2013 : Eugène Boudin, cat. sous la dir. de L. Manœuvre, Paris, musée Jacquemart-André, Anvers 2013.
Le Havre 2016 : Eugène Boudin : l’atelier de la lumière, cat. sous la dir. d’A. Haudiquet, Le Havre, musée d’Art moderne André-Malraux, Paris 2016.


Date de mise en ligne : avril 2022.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia