numéro
L.325
intitulé de la collection
Bouverie, John
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto
dimension 3 x 3.5 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1921
  • depuis 2010
E. BOUVERIE (1767-1858), Delapré Abbey, près Northampton. Dessins.
 
Edward Bouverie, fils du hon. Edward Bouverie mort en 1810, et petit-fils du 1r Viscount Folkestone, était magistrat et « deputy lieutenant » pour la région de Northampton, « Sheriff » en 1800.
 
VENTE : 1859, 20 juillet, Londres (chez Christie). Dessins anciens, principalement des écoles italienne, française et hollandaise : Michel-Ange, Raphaël, Léonard de Vinci, Rembrandt, 15 belles feuilles de Claude Gellée. et une série de dessins par le Guerchin acquis par Bouverie vers 1780 des descendants de l'artiste. Il est donc probable que Bouverie père était aussi collectionneur. Beaucoup des dessins provenaient des collections Jon. Richardson, d'autres des collections Charles Ir (Lanière), Lely, Lankrink, Zoomer, etc. - Produit £ 240 11s. 6d.
Dans une vente chez Sotheby, le 6 mars 1888, on retrouve 11 lots de dessins anciens de la collection Bouverie, la plupart par le Guerchin, vendus ensemble £ 11 5s.
JOHN BOUVERIE (vers 1722/1723-1750), archéologue et collectionneur, Angleterre. Dessins.
 
Nicholas Turner (1994) a démontré que les marques L.325 et L.326 ne se rattachaient pas au Hon. Edward Bouverie (1738-1810), ni à son père Sir Jacob Bouverie (1694-1761), mais à un de leurs cousins, John Bouverie, né en Angleterre, mort lors d'une expédition archéologique à Guzel Hissar en Turquie et enterré à Smyrne.
John Bouverie fait ses études à Oxford à partir de 1737 et sort diplômé en 1742. Après le décès de son père, Sir Christopher Des Bouveries, vers 1732-1733, et celui de son frère Freeman Bouverie en 1744, il jouit d'une grande fortune. Entre 1740 et 1742, il part pour un « Grand Tour » en Italie avec son tuteur, le physicien écossais, John Clephane. À Florence, il achète un album de dessins d'Holbein (Londres, British Museum, attribué à l'entourage de Clouet), un recueil de dessins du Guerchin provenant de l'abbé Bonducci et un groupe de dessins d'Antonio Domenico Gabbiani. Entre 1745 et 1746, second voyage en Italie, avec cette fois Richard Phelps, courtier pour le prince James Edward Stuart, comme tuteur, et l'archéologue James Dawkins. John Bouverie va enrichir sa collection de dessins auprès du marchand bolonais Augusto Bracci et commande des peintures à Claude Joseph Vernet. Présent à la vente Richardson senior à Londres en janvier 1747, il se porte acquéreur de nombreux dessins flamands, hollandais et italiens. En 1749, il repart pour Rome puis Naples. Il organise une expédition en Asie Mineure avec les archéologues Dawkins et Robert Wood et l'artiste topographique Giovanni Battista Borra.
Après son décès, sa collection, d'une remarquable qualité, est partagée entre ses deux sœurs, Anne Hervey et Elizabeth Bouverie. Après le décès sans héritier du fils d'Anne, Christopher Hervey, l'ensemble est à nouveau réuni chez sa tante célibataire Elizabeth. Cette dernière lègue son bien à Sir Charles Middleton. Les dessins vont ensuite, par descendance, à la fille de ce dernier, Diana, et à son fils aîné Charles Noel, 1st Earl of Gainsborough. C'est à partir de la vente de 1859 que les douze volumes de dessins, plus ou moins restés intacts jusqu'alors, sont cassés et dispersés.
Une centaine de dessins provenant de la collection Bouverie portent un montage très travaillé, fait de lignes tirées à la règle, le plus souvent à l'encre noire ou grise (parfois à l'encre rouge ou brune pour s'accorder avec le coloris du dessin, comme les sanguines par exemple). Ce montage, appelé à tort « Casa Gennari », a sans doute été commandé en Italie par Bouverie dans les années 1745-1750 et a peut-être été réalisé par le marchand bolonais Forni. Certains montages portent des inscriptions en italien, à la plume et l'encre, qui doivent dater de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle.
On trouve aussi fréquemment sur le montage ou le dessin lui-même un numéro au crayon, en bas à gauche, sans doute d'une main anglaise au XIXe siècle, peut-être en vue d'un inventaire de la collection.
Le cachet est toujours apposé à l'encre noire dans un coin de la feuille. Il a peut-être été créé avant la vente de 1859. Il existe aussi sous forme d'inscription à la plume et encre, sans doute de la main de John Bouverie, dont l'écriture aurait été reprise plus tard pour le cachet. Compte tenu du jambage de la lettre B, cette marque peut aussi bien se lire B que JB.
 
VENTES
1888, 6 mars, Londres (Sotheby's), vente anonyme, lots 214-246 (11 lots de dessins, dont 28 dessins de Guerchin). [Nous répétons ici la vente déjà mentionnée par Lugt dans son article du volume 1921].
1919, 18 novembre, Londres (Sotheby's), vente du Rt. Hon. Sir John Rushout, Lord of Northwick, lots 1-120.
1920, 1er novembre, Londres (Sotheby's), vente du Rt. Hon. Sir John Rushout, Lord of Northwick, lots 3-28, 93-98.
1922, 27 juillet, Londres (Christie's), vente du 3rd Earl of Gainsborough, lots 73-86 (au moins 486 dessins dont plus de 200 feuilles de Guerchin).
1953, 22 juillet, Londres (Sotheby's), vente du 5th Earl of Gainsborough, lots 1-23.
1967, 21 novembre, Londres (Christie's), vente Earl of Gainsborough, lots 108-112, 142.
1977, 5 décembre (Sotheby's), vente de Sir Thomas Fowell Buxton, 6th Bt., lot 81.
1978, 23 mars, Londres (Sotheby's), vente de Sir Thomas Fowell Buxton, 6th Bt., lots 157-160.
 
BIBLIOGRAPHIE
Londres 1991 : Drawings by Guercino from the British Collections, cat. par N. Turner et C. Piazzotta, Londres, The British Museum, 1991.
N. Turner, 'John Bouverie as a collector of drawings', The Burlington Magazine, février 1994, pp. 90-99.
 
 
Date de mise en ligne : mars 2010.

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia