numéro
L.360
intitulé de la collection
Bibliothèque nationale de France, Estampes et Photographie, collection M. Bégon
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto
dimension 3 x 5.5 mm (h x l)
  • 1921
  • depuis 2010
MICHEL BÉGON (1638-1710), Intendant de la Marine, Rochefort. Estampes.
 
Michel Bégon, né à Blois, est un « curieux » caractéristique du XVIIe siècle. Après avoir été attaché à la Marine à Toulon (1677-1680) et à Brest, et après avoir occupé un poste aux Antilles, puis celui d'Intendant des galères de Marseille (1665), il devint Intendant de la Généralité de La Rochelle et de la Marine au port de Rochefort, où il se fixa en 1688. Dès son enfance il avait un vif penchant pour les sciences naturelles, et dans l'exercice de ses fonctions à l'étranger, il réunit un grand nombre d'objets de tous genres. Son cabinet contenait, à côté de beaux tableaux (Raphaël, Rubens, Albane, Tintoret, van Dijck, Le Brun, Mignard), des bustes antiques, des inscriptions, des instruments de mathématiques, des porcelaines de l'Orient, des armes, des coquilles, des objets ethnographiques et même des dépouilles d'animaux curieux. A peine installé à Rochefort, il y fit venir la bibliothèque paternelle qu'il augmenta considérablement. Elle finit par contenir 7000 volumes. Déjà il avait acquis les célèbres médailles de Grolier qui, des premiers, avait recherché au XVIe siècle les œuvres des grands médailleurs de la Renaissance italienne, et aussi une partie des manuscrits de cet amateur passionné qu'avait été Peiresc. Il les obtint en 1688 par son achat, pour 2078 livres, du cabinet Sibon, trésorier général de Provence à Aix. De même il s'était assuré, de la collection Nointel, les 43 intéressants dessins faits par Jacques Carrey ( ?) d'après le Parthénon avant sa destruction par les Vénitiens. Aux livres devaient nécessairement se joindre les estampes ; il en forma une collection considérable, surtout de portraits. Le choix des épreuves, la rareté et la bonne conservation des pièces qui composent ses recueils (conservés à la Bibliothèque Nationale, Paris) attesteraient encore, si sa correspondance n'était là pour l'affirmer, que Bégon choisissait lui-même les planches qui lui étaient offertes, les examinait avec attention et ne regardait pas cette collection comme un simple luxe de grand seigneur, mais bien comme une noble distraction à ses autres travaux et comme un enseignement pour lui-même et pour les autres, qu'il en fit profiter. Enfin c'est Bégon qui eut l'idée et fit les frais du célèbre ouvrage connu sous le nom des Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, que publia Perrault de 1697 à 1700, et qui le mit, en relations avec la plupart des graveurs de son temps. Un extrait d'inventaire de son cabinet parut le 1r juin 1699 et l'inventaire dressé après son décès existe encore ; il a été publié (Archives de l'art français II, 2e série p. 45). Son fils aîné, alors Intendant au Canada, eut la bibliothèque, les médailles, tableaux et meubles, qu'il vendit (11 juin 1710). Son second fils, l'évêque de Toul, reçut les manuscrits, les estampes, les pierres gravées, qui revinrent en 1747 à son neveu Mr. Bégon, conseiller honoraire au Parlement de Metz. En 1770 le Roi acquit les estampes pour la somme de 16.481 livres, sur l'évaluation de Joly, en y ajoutant une pension de 2000 livres. Il y avait 24.746 pièces, savoir : 8133 portraits, 15.688 estampes et 925 cartes. - Son portrait a été peint par Rigaud et gravé par Lubin en 1690 et par Duflos en 1708. La plante « bégonia » a été ainsi nommée par le botaniste Plumier, en hommage à l'intérêt que Bégon portait aux sciences naturelles. Pour plus de détails sur Michel Bégon voir les monographies que lui ont consacrées de la Morinerie (1855) et G. Duplessis (1874).
C'est sous Louis-Philippe que la marque reproduite ci-contre fut apposée par la Bibliothèque Nationale sur les pièces du fonds Bégon, au moment ou elles allaient être introduites dans la classification méthodique générale ; elle se rencontre quelquefois sur des pièces sorties du Cabinet des Estampes par voie d'échange ou de ventes autorisées.
 
MICHEL BÉGON.
 
BIBLIOGRAPHIE
L. Beaumont-Maillet, 'Les Collectionneurs au Cabinet des Estampes', Nouvelles de l'Estampe, décembre 1993, n° 132, pp. 5-27, n° 6.
 
 
Date de mise en ligne : mars 2010.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia