numéro
L.364
intitulé de la collection
Bibliothèque nationale de France, Estampes et Photographie, collection J.L. de Beringhen
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto
dimension 2.5 x 8 mm (h x l)
6 renvois  
  • 1921
  • depuis 2010
J. L. Marquis de BERINGHEN (1651-1723), premier écuyer du roi. Estampes.
 
Jacques-Louis, marquis de Beringhen, né et mort à Paris, fut d'abord chevalier de Malte, devint premier écuyer colonel de cavalerie, puis guidon des gendarmes de Bourgogne. Il avait formé une précieuse et très nombreuse collection d'estampes, acquise par l'Etat en 1731 et conservée jusqu'à l'heure présente à la Bibliothèque Nationale. Elle s'élevait à près de 90.000 feuilles. Cette acquisition considérable venait tellement accroître le Cabinet des Estampes, qui formait alors une partie de la Bibliothèque royale dans l'hôtel de Nevers, qu'on procéda à la création d'un nouveau département ; le Cabinet eut désormais son rôle à part et sa vie propre. Le marquis de Beringhen semble avoir commencé sa collection au moment ou l'abbé de Marolles (voir L.1855) terminait la sienne. Depuis cette dernière et richissime collection, celle du marquis était la plus importante de Paris, mais offrait un tout autre caractère. Il n'était pas érudit de profession, collectionnait plutôt pour son agrément et s'intéressait surtout aux portraits qui reflétaient si bien son époque. Le règne de Louis XIV et les premières années de Louis XV se trouvent illustrés à merveille par sa collection, au point de vue artistique. « Ce qui contribue fort à rendre inestimable aujourd'hui la collection provenant de Beringhen, c'est la série considérable des œuvres presque complets des artistes qui parurent de 1610 à 1715. Les graveurs français étaient fort appréciés du collectionneur, et leurs estampes soigneusement classées. De là les œuvres superbes de Cl. Mellan, d'Abraham Bosse, de Nanteuil, d'Edelinck, des de Poilly, de Lepautre et de Drevet, que la Bibliothèque possède aujourd'hui. Quoique plus curieux des ouvrages de ses compatriotes que des œuvres des artistes étrangers, le marquis de Beringhen n'avait pas exclu de son cabinet les estampes des écoles voisines : Corneille Galle, Wierix, les Carrache et Gil Sadeler avaient trouvé grâce à ses yeux et étaient représentés dans sa collection par leurs pièces capitales. On remarque encore aujourd'hui sur un certain nombre d'estampes encadrées la petite marque que l'administration fit placer à l'origine [ ?] sur les estampes non assemblées. Pour donner une idée du nombre des pièces acquises ce jour-là, il suffira de dire, avec Leprince, que la collection du marquis de Beringhen se composait de 579 volumes in-folio, 5 portefeuilles et 99 paquets. Le catalogue avait d'ailleurs été imprimé avant la vente, et, malgré la façon succincte dont il est rédigé il laissa clairement pressentir la richesse du cabinet de M. le Premier. » (G. Duplessis dans la Gaz. des Beaux-Arts 1860 p. 134). Les reliures des recueils paraissent indiquer que le marquis avait prévu le dépôt final de sa collection dans la Bibliothèque du roi ; la vente fut négociée par son fils et héritier, l'évêque du Puy. Delaborde et Duplessis, dans leurs histoires du Cabinet des Estampes, ne font pas mention des Rembrandt du marquis de Beringhen. Sa collection doit pourtant en avoir contenu de très intéressant puisque Helle et Glomy, dans leurs édition du catalogue de l'œuvre du maître par Gersaint (1751), disent avoir trouvé dans la collection du marquis beaucoup de morceaux rares et « plusieurs différences notables » qui n'avaient point été vus par Gersaint dans l'œuvre superbe de Rembrandt que possédait le graveur Houbraken. Le grand Coppenol au fond blanc de la Bibliothèque Nationale provient de Beringhen. Chaloner Smith (Brit. Mezz. Portr. IV p. XLVII) vante les portraits anglais de la collection.
La vente de la collection de tableaux, groupes de bronze et porcelaines appartenant au marquis J. L. de Beringhen, premier écuyer du roi, faite le 2 juillet 1770, par Pierre Remy, concernait un fils de notre amateur.
La marque reproduite ci-contre fut apposée par la Bibliothèque Nationale, Cabinet des estampes, sous Louis-Philippe, sur les pièces du fonds de Beringhen, au moment où elles allaient être introduites dans la classification méthodique générale.
JACQUES-LOUIS DE BERINGHEN (Paris 1651-id.1723), premier écuyer du roi. Estampes.
 
La marque existe aussi écrite à la plume et encre brune, par exemple sur une gravure par Pierre Daret d'après Eustache Lesueur (Paris, Bibliothèque nationale de France, Estampes, Da 34 Fol.).
Henry Camille, marquis de Beringhen (1693-1770), posséda comme son père Jacques-Louis une importante collection de livres et d'estampes, dont une partie se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de France.
 
SOURCE
N. Poulain, Le Marquis de Beringhen (1651-1723). Récit de la vie d'un curieux et étude de sa collection au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale, mémoire ms., Université Paris IV, Paris 1995.
 
BIBLIOGRAPHIE
L. Beaumont-Maillet, 'Les Collectionneurs au Cabinet des Estampes', Nouvelles de l'Estampe, décembre 1993, n° 132, pp. 5-27, n°  4.
 
 
Date de mise en ligne : février 2011 ; dernière mise à jour : avril 2011.

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia