numéro
L.402
intitulé de la collection
Buccleuch, Walter Francis Duke of
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation verso
dimension 12 x 8 mm (h x l)
  • 1921
  • depuis 2010
Duke of BUCCLEUCH (1806-1884), Londres et Dalkeith (Ecosse). Estampes anciennes.
 
Walter Francis, 5e Duke of Buccleuch, était en même temps 7e Duke of Queensberry, Chevalier de l'ordre de la Jarretière (dont l'emblème figure dans sa marque), docteur en droit, Conseiller de la couronne et Aide de Camp de S. M. la Reine. Il remplit différentes fonctions publiques, fut Président de la « Society of Antiquaries », de la « British Association » 1867, et chancelier de l'Université de Glasgow. Se distingua comme collectionneur éclairé d'œuvres d'art surtout de tableaux, miniatures et estampes. Epousa une des filles du Marquis of Bath. Sa bibliothèque (1012 nos) fut vendue chez Sotheby les 25-27 mars 1889.
 
VENTES :
I. 1887, 8-21 mars (8 jours), Londres (chez Christie). Estampes de l'école anglaise. Vente remarquable pour ses superbes séries de gravures d'après E. Landseer (458 nos, vendus plus de £ 2000), D. Wilkie (67 nos) et Jos. Reynolds (563 nos). Les portraits en manière noire d'après Reynolds commençaient alors à être très recherchés, mais les pièces les plus capitales, même en premiers et seconds états, n'allèrent pas au-dessus de £ 130 à £ 136, les autres belles pièces variant entre £ 30 et £ 100, et quantité restant au-dessous. Dans cette même vente, une belle série des estampes de Turner (124 nos), dont Ben Arthur £ 74 11s., Aqueduct, « proof » £ 40 19s., St. Gothard, idem, £ 55, Windmill and Lock, av. l. l. £ 31. Puis des estampes anglaises de maîtres divers et des ouvrages illustrés.
 
II. 1887, 9-22 avril (4 jours), Londres (même direction). Estampes anciennes, principalement des écoles des Pays-Bas et de l'Allemagne, et portraits. Dans cette vente sensationnelle, Rembrandt était merveilleusement représenté par des épreuves superbes en états rarissimes ; cette série avait été achetée à la maison Colnaghi, qui la tenait de John Heywood Hawkins. Avant ce dernier, on peut retrouver la trace de ces épreuves chez le baron Verstolk van Soelen, Maberly et Woodburn, qui les avait obtenues pour Wilson, l'auteur d'un catalogue des estampes de Rembrandt, et qui en avait vendu une partie à Lord Aylesford. Woodburn les tenait des exécuteurs testamentaires de Denon, et quand on pense que celui-ci avait acheté aux Zanetti, à Venise, les Rembrandt ayant appartenu à Zoomer, lequel, dans son jeune âge peut avoir connu le maître, on voit combien cette provenance était hors ligne. Le contrat de vente passé entre les héritiers de Denon et Woodburn est reproduit en fac-similé dans le catalogue de la vente. Les 368 nos de Rembrandt produisirent ensemble plus de £ 10.000, somme qui fut alors considérée comme un record ne devant jamais être surpassé. Il y avait e. a. un premier état, sur japon, de la Pièce de cent florins, provenant des collections Pond, Hudson, Barnard et Aylesford, acquis pour le Cabinet de Berlin pour £ 1300, un 1r état sur japon de l'Ecce Homo en largeur £ 1150, un 1r état des Trois Croix £ 290, la Coquille £ 185, et de superbes paysages dont les meilleurs firent entre £ 165 et £ 295. Dans les portraits on se disputa un 1r état du ministre Uytenbogaert jusqu'à £ 1280, le grand Coppenol en 2e ét. sur japon £ 1190, le Abr. Francen, même ét. £ 510, le Tholinx £ 800 et le Six, 2e ét. £ 500. - En maîtres néerlandais il faut mentionner encore la belle série de van Ostade et le volume de 17 portraits gravés par van Dijck lui-même £ 350. Dürer était admirablement représenté par 87 nos dont on paya les meilleurs entre £ 30 et £ 58, et un volume en reliure ancienne contenant les séries des bois £ 130. Puis un ancien volume contenant l'œuvre des Hopfer £ 135 et un exemplaire rarissime du « Baziliologia », la série des portraits des rois et des reines gravés par Elstracke, de Passe, etc., recueil formé par les Colnaghi pour Lord Gosford, racheté par eux et revendu au Duke of Buccleuch (£ 200). Enfin encore, une série de Marc-Antoine. - Produit total des deux ventes £ 32.863. (L'ensemble avait coûté à peu près le quart au duc ; les Rembrandt et les autres estampes de la 2e partie £ 4000 environ).
 

Duke of BUCCLEUCH (Dalkeith 1806-Bowhill, Selkirk 1884), Londres et Dalkeith (Écosse). Estampes anciennes.

Walter Francis Montagu-Douglas-Scott (baptisé Montagu-Scott), 5th Duke of Buccleuch et 7th Duke of Queensberry, avait treize ans quand il succéda à son père, Charles William Henry Montagu-Scott, 4th Duke of Buccleuch et 6th Duke of Queensberry (1772-1819). Il héritait alors d’une collection de tableaux formée notamment par George Brudenell, 4th Earl of Cardigan, plus tard Duke of Montagu (1712-1790), puis passée par la succession Montagu avant d’être destinée à la famille Buccleuch. Ces tableaux, de l’École hollandaise surtout, dont Flora de Rembrandt (aujourd’hui à la National Gallery de Londres), mais aussi des Écoles britannique et italienne, se trouvaient dans les propriétés de la famille : Drumlanrig Castle, Bowhill et Dalkeith Palace en Écosse ainsi que Montagu House à Londres. Un catalogue fut publié en 1890 (A.F. Steuart, Catalogue of the Pictures at Dalkeith House, Dalkeith 1890 ; voir aussi B. Frederickson, ‘Leonardo and Mantegna in the Buccleuch collection’, The Burlington Magazine, vol. 133, février 1991, no 1055, pp. 116-118 ; et J. Lloyd Williams, Dutch Art and Scotland. A Reflection of Taste, Edimbourg 1992, p. 159). Aujourd’hui, même si une partie des chefs-d’œuvre se trouve toujours dans la Buccleuch collection (dont un autre tableau de Rembrandt, Femme âgée en train de lire, 1655, Drumlanrig Castle), d’autres ont quitté la collection et figurent dans diverses collections publiques, la National Gallery de Londres notamment.
Quant à la collection de portrait miniatures, rassemblée essentiellement par le 5th Duke lui-même mais en partie héritée, c’est une des plus importantes en mains privées. Sa renommée repose avant tout sur les miniatures de Samuel Cooper, notamment son portrait inachevé d’Oliver Cromwell. Walter Francis a acquis la plupart de ces œuvres chez Colnaghi, où il avait par ailleurs l’habitude d’acheter des estampes. Il était en outre parvenu à acquérir de nombreux portraits miniatures à la vente d’Horace Walpole en 1842. Autrefois exposée à Montagu House, la collection est aujourd’hui conservée à Bowhill House, Selkirk. Elle a été l’objet de plusieurs publications. La dernière, réalisée à l’occasion d’une exposition à la Scottish National Portrait Gallery d’Edimbourg (voir bibliographie) est de Stephen Lloyd.
Précisons que pour la collection d’estampes de Rembrandt, la provenance jumelée d’Aylesford (L.58) – John Heywood Hawkins (L.1471 et L.3022) – Buccleuch est très recherchée. Nous donnons ici quelques exemples d’eaux-fortes portant ces marques : Paris, Fondation Custodia, collection Frits Lugt, inv. 649 ; collection Dmitri Rovinski, à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, inv. OG-235186 et OG-235025, voir Helsinki 2012 : Rembrandt. Kuparilaatan mestari. Grafikkaa Valtion Eremitaasin Dmitri Rovinska-kokoelmasta. Master of the Copper Plate. Prints from the Rovinsky Collection at the State Hermitage, cat. de R. Grigoryev, Helsinki, Finish National Gallery, Sinebrychoff Art Museum, 2012, pp. 46 et 248 ; ou encore dans la collection Zorn, voir : Mora 2014 : Rembrandt Etchings from the Zorn Collections Summary Catalogue, cat. de J. Cederlund, E. de Heer, M. Kersten, Mora, Zorn Museum, 2014, nos 26 et 136.
Mentionnons enfin que le duc de Buccleuch a également réuni des estampes d’autres artistes provenant de la collection Hawkins, comme une gravure d’Albrecht Dürer (vente 2013, 29 janvier, New York, Christie’s, no 24).

BIBLIOGRAPHIE
M.I.D. Einstein et M.A. Goldstein, Collectors’ Marks, Saint Louis 1918 (éd. augmentée de L. Fagan, Collectors' Marks, Londres 1883), no N-18.
Artemis & Sotheby’s, A Collection of Etchings by Rembrandt Harmensz. Van Rijn (1606-1669) formed by Joseph R. Ritman, cat. de N. Bialler, A.T. Eeles, R. Godfrey, K. Mayer Haunton, s.l.n.d. [Londres 1995], s.v. ‘Walter Francis, 5th Duke of Buccleuch’.
S. Lloyd, Portrait miniatures from the collection of the Duke of Buccleuch, Edimbourg 1996.
N. Stogdon, A Descriptive Catalogue of the Etchings by Rembrandt in a Private Collection, Switzerland, s.l. 2011, p. 355.
K. D. Reynolds, ‘Scott, Walter Francis Montagu-Douglas-, fifth duke of Buccleuch and seventh duke of Queensberry (1806–1884)’, Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004, éd. en ligne (http://www.oxforddnb.com/index/24/101024929, consultee le 28 décembre 2015).


Date de mise en ligne : février 2016.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia