numéro
L.605a
intitulé de la collection
Marcille, Camille
technique marque rapportée
couleur noir
localisation montage, verso
dimension 24 x 24 mm (h x l)
  • 1956
C. MARCILLE (1816-1875), peintre et collectionneur, Paris et Oisème, près Chartres. Dessins et estampes.
 
Camille Constantin Marcille, né à Chartres, décédé à Oisème, appartenait à une famille originaire de la Beauce. Le grand-père, né dans un milieu de cultivateurs, s'en dégagea, fit fortune dans le commerce des laines à Orléans, et l'un de ses quatre enfants devint le portraitiste Martial François Marcille (Orléans 1790 - Paris 1856), le père de Camille et d'Eudoxe Marcille.
C'est lui qui commença la collection. Ayant quitté en 1822 Orléans pour Paris, il y acheta avec passion, et forma en une quarantaine d'années, pas à prix d'argent mais de patience et de goût, une très nombreuse et belle réunion de tableaux et dessins, riche surtout en œuvres capitales du XVIIIe français. On dit qu'au moins 4500 toiles encombraient toutes les pièces de son vaste appartement, rue de Tournon. Vieilli, malade, sentant sa fin proche, il demanda à ses deux fils, en 1856, de venir préparer, en sa présence, leur partage de ses trésors d'art. Camille et Eudoxe formèrent des lots, en équilibrant les valeurs, et les tirèrent au sort. C'est ainsi que la collection passa, à peu près par moitiés égales, à ses deux héritiers. Mais il ne s'agissait pas de la totalité, comme on le dit et le croit généralement. Le partage avait surtout porté sur les plus belles pièces. Le reste, et une grosse collection d'estampes, furent réalisés en 1857 à Paris dans les 3 ventes suivantes : 12 à 17 janvier (expert Febvre). Première vente « importante collection de tableaux anciens des écoles française, italienne, flamande et hollandaise. » Notice par l'expert. 628 nos ; 2-3 mars (même expert, même genre) 300 nos, et 4-7 mars, voir compte rendu plus loin, avant la véritable vente Camille Marcille. Entrés chacun en possession de sa part, les deux fils, Camille et Eudoxe, les conservèrent pieusement. À l'exemple de leur père, ils faisaient généreusement les honneurs de leurs galeries aux artistes et aux connaisseurs. Camille, qui avait quitté Paris pour Oisème peu après son mariage en 1854, y emmena ses richesses qui nécessitèrent la construction d'un immense atelier où l'amateur passait ses meilleurs moments, peignant, entouré de ses tableaux ; il y succomba d'une apoplexie foudroyante. Fut conservateur du musée de Chartres. Il avait commencé ses études dans cette ville, les termina à Paris, était devenu élève de Steuben, puis d'Achille Devéria. Copia les maîtres au Louvre et dans la collection paternelle. Voyages fréquents en Allemagne, Belgique, Italie et à Londres. Exposa au Salon de Paris entre 1859 et 1870. Prêta beaucoup de ses dessins de Prud'hon pour l'exposition de l'œuvre du maître organisée par Eudoxe à l'École des Beaux-Arts, en 1874, au profit de la fille de Prud'hon, misérable. La plupart des dessins leur appartenaient, ils firent sensation. On en retrouvera dans la grande vente des 6-9 mars 1876 dans laquelle la collection Camille Marcille fut dispersée. Cette vente fit grand bruit, elle avait été annoncée par G. Duplessis dans la Gazette des Beaux-Arts, mars 1876, en un article présentant la collection et le collectionneur.
Eudoxe, qui avait comme son frère suivi les cours d'A. Devéria et de Steuben, qui fut conservateur du musée d'Orléans depuis 1870, survécut à Camille. Malgré les grosses enchères, il acheta nombre de pièces à la vente de ce dernier et augmenta ainsi sa collection pour laquelle nous renvoyons au sérieux article de H. de Chennevières, Gazette des Beaux-Arts 1890, II, pp. 217-235 et 296-310, sous le titre ; Silhouettes de collectionneurs. Eudoxe Marcille.
L'étiquette reproduite en tête de notre article figure au verso des montures et cadres , le n° est ajouté à la main, au crayon ; probablement un n° d'inventaire.
 
VENTE Marcille père : 1857, 4-7 mars, Paris (expert Defer). « Grand nombre de dessins de l'École Française : Watteau, Boucher, Greuze, Prud'hon, Géricault, etc. ... collection d'esquisses et études peintes ... plus de 4000 estampes ... d'après les grands maîtres, ... recueils, livres et manuscrits sur les Beaux-Arts ... du Cabinet de M. (pour Monsieur) Marcille dont la vente ... après son décès ... ». 813 nos dont 34 d'esquisses et études peintes. Dans les dessins encadrés : Boucher 26 nos ; Fragonard 7 nos, Géricault 49 nos (dont des essais lithographiques), Greuze 30 nos, Prud'hon 29 nos. Et encore, sous 176 nos, des feuilles de Baudouin, Chardin (4 nos), Cochin, Coypel, Gros, Hubert Robert, Huet, Ingres, Latour (14 portraits sous 14 nos), Lépicié, Liotard, Marilhat, Moreau le jeune, Nanteuil (3 portraits dont deux au pastel), Natoire, Nicolle, N. Poussin (6 dessins sous 6 nos), Rigaud, St.-Aubin (portrait de Mirabeau, et Lantara dans son atelier), Trinquesse, Mme Vigée-Lebrun (4 nos), A. Watteau (5 dessins sous 5 nos), etc. Les écoles étrangères sont décrites sous les nos 359 à 407, des dessins en feuilles de maîtres divers, nos 409 à 505, les miniatures, sculptures, estampes, livres et manuscrits sur les arts, n° 506 à 813 et dernier.
 
VENTE Camille Marcille : 1876, 6-9 mars, Paris (experts Féral et Ch. Mannheim). Tableaux et dessins « formant la collection de feu Camille Marcille ». Notice par Paul de Saint-Victor. Le catalogue est divisé en « première vente » occupant les deux premiers jours (tableaux nos 1 à 72, dessins nos 73 à 157) et « deuxième vente » pour les deux derniers (tableaux nos 1 à 70, dessins nos 71 à 112, divers 113-119, estampes un seul numéro, le dernier, 120, « très grand nombre d'estampes anciennes et modernes, lithographies et livres sur les beaux-arts ». Surtout des œuvres du XVIIIe français, aussi bien dans les peintures que les dessins, avec de belles séries (les deux ventes réunies) des grands noms, par exemple : en peintures Boucher 5 nos, Chardin 13 nos, Fragonard 4 nos, Géricault 5 nos, Greuze 6 nos, Lancret 2 nos, Prud'hon 6 nos. Dans les dessins : Boucher, L'Aurore 305 fr., Deux amours 600 fr. ; Fragonard, Dites donc s'il vous plait 1160 fr., Qu'en dit l'abbé ? 2020 fr. ; Géricault, série de 22 nos, pas encore très cotés à l'époque, seulement de 5 à 305 fr., ce prix pour Marche de Silène et 315 fr. pour Une nymphe et un satyre ; Greuze, 3 nos, têtes, 120, 205 et 305 fr. ; Ingres, Mgr. de Pressigny 3260 fr. et Paul et Françoise de Rimini 1660 fr. ; Prud'hon, imposante réunion composant 60 nos dont les plus chers : L'Automne, coll. Vignon 9000 fr., L'Enlèvement de Psyché par des amours, coll. Odiot, 5100 fr., La Philosophie, 3500 fr., La Renaissance des arts 3000 fr., plusieurs feuilles de danseuse jouant des cymbales 2800 fr., du triangle 2600 fr., du tambour de basque 1955 fr., Thémis 2600 fr., les autres beaux dessins firent entre 1540 et 800 fr., et les moins importants, des études de nus, au crayon noir sur papier bleu, de 22 à 92 fr. ; Rigaud, Portrait de La Fontaine, seulement 40 fr., G. van Spaendonck, deux miniatures sujets de fleurs, l'une 220 fr. ; Quentin de la Tour, les portraits de : Silvestre (dessin) 300 fr., l'artiste lui-même (pastel) 500 fr., Dumont le Romain (dessin) 300 fr., Louis de Bourbon, père de Louis XVI (pastel) 620 fr. ; Watteau, Portrait d'homme, sanguine et crayon noir 67 fr. - Produit, tableaux et divers compris, 273.031 fr.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia