numéro
L.628
intitulé de la collection
Cosway, Richard
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto
dimension 12 x 12 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1921
  • 1956
  • depuis 2010
R. COSWAY (1740-1821), peintre de miniatures et aquarelliste, Londres. Dessins et estampes.
 
Richard Cosway naquit à Tiverton en Devonshire, et étudia à Londres sous Thomas Hudson. Il donna des leçons de dessin et augmenta ses revenus par le commerce des tableaux anciens, des meubles et objets d'art (voir le catalogue publié par lui-même en 1791, et destiné aux acheteurs possibles des tableaux de grands maîtres exposés dans les salons de son appartement de Pall Mall). Fut élu membre de l'Académie Royale en 1771, s'acquit une immense réputation comme peintre miniaturiste de portraits, et habita différents hôtels luxueux dans Orchard Street, Berkeley Street, Pall Mall, Stratford Place (en 1791, voir Smith, Nollekens II, p. 401) et Oxford Street où il conservait, avec sa collection importante de dessins et d'estampes, nombre de tableaux, porcelaines, armes et meubles. Epousa en 1781 Maria Hadfield, d'une grande beauté et elle-même miniaturiste de talent. Il était « principal painter to his royal highness the Prince of Wales » ; ses toilettes recherchées lui valurent l'épithète de « Macaroni painter ». De son vivant R. Cosway fit passer en vente quelques-uns des tableaux de sa collection (à Londres, chez Christie, 2-3 mars 1792, enchère la plus élevée £ 94 10s., les autres environ £ 4 ou£ 3). Plusieurs ventes publiques suivirent son décès. La première, faite à son domicile par Stanley les 17-19 mai 1821, comprenait des tableaux de grands maîtres ; la seconde des 22-24 mai (même direction), les objets d'art divers : armes, meubles, porcelaines, pendules par Quayre et Williamson, bronzes, etc. Le Dr. Williamson, dans son ouvrage Richard Cosway (1905 p. 61) raconte que Thomas Emerson, grand amateur de tableaux, acheta beaucoup à la vente Cosway « and took his house in Stratford Place. He retained it for many years and there he died, when some of Cosway's treasures again came to the hammer ». Jacob, Earl of Radnor, fut aussi l'un des plus gros acheteurs ; il enleva entre autres les 2 Rubens actuellement à Longford « Cupids Reaping » et « The Escorial. » Les 14-21 fév. 1822 furent vendus les estampes et dessins (voir ci-dessus), puis le 8 mars 1822 et 8 jours suivants, le reste des collections, 97 nos de peintures et 94 nos d'autres pièces (e. a. des miniatures par Hilliard, Oliver, Cooper, etc., une miniature de Cromwell £ 32, et une de Marie, Reine d'Ecosse £ 17). Enfin, dans une vente faite chez Christie, le 15 mars 1828, on trouve, avec des objets appartenant à diverses personnes, une série de dessins anciens : Dürer, Rubens, Jordaens, Claude, Lairesse, Rembrandt, Poussin, Mola, etc., provenant pour la plupart de la collection de R. Cosway.
Voir aussi au L.474.
 
VENTE : 1822, 14-22 février, Londres (direction Stanley). Importante réunion d'estampes et de dessins. 1676 nos, œuvres remarquables des différentes écoles, mais spécialement des italiens comme Michel-Ange, Raphaël, Corrège, de Vinci, Jules Romain, Bandinelli, Titien, les Carrache, et des flamands comme Rubens, van Dijck et Jordaens, avec une grande série de gravures d'après leurs compositions. Dans les estampes ressortaient les plus anciens graveurs italiens.
R. COSWAY , Londres
 
Une collection de 83 tableaux provenant de John Webb et de Richard Cosway fut vendue à Londres chez Stanley, le 24 avril 1823. La National Portrait Gallery de Londres possède deux portraits de Cosway lui-même, miniatures.
RICHARD COSWAY (1742 ?-1821).
 
La date exacte de la naissance de Richard Cosway n'est pas connue. On sait en revanche que son baptême a eu lieu le 5 novembre 1742 à Oakford, près de Tiverton (Devon).
Après son arrivée à Londres à la fin de 1754, le jeune Cosway a surtout étudié auprès de William Shipley (1714-1803), dessinateur et portraitiste, et peut-être aussi, brièvement, auprès du peintre Thomas Hudson. En 1769, Cosway était admis comme étudiant à la Royal Academy of Arts, fraîchement créée.
L'activité de Cosway comme premier portraitiste du prince de Galles, George (1762-1830), a été très importante pour sa carrière. Il lui donnait en outre des conseils pour la formation de sa première collection de tableaux, réunie avant 1800, et en a même acquis pour lui. Cosway a également généreusement contribué à la collection des arts décoratifs du prince en lui offrant en 1789 quatre tapisseries des Gobelins de la série de Don Quichotte d'après C.A. Coypel (aujourd'hui dans la collection royale anglaise).
Ainsi que Lugt l'a indiqué, Cosway a vendu des tableaux de sa collection de son vivant. Ajoutons la vente à l'amiable de mai 1791, pour laquelle avait été imprimé, pour une diffusion privée, A Catalogue of the Entire Collection of Pictures of Richard Cosway Esq., R.A. Principal Painter to His Royal Highness The Prince of Wales, in the Great Saloon, and eight other Apartments, of his House in Pall Mall, containing the Undoubted Works of the Great Masters of the Florentine, Venetian, Lombard, Flemish, and Dutch Schools (Londres 1791), probablement écrit par le collectionneur lui-même (un exemplaire est conservé au National Art Reference Library, Victoria and Albert Museum, Londres). Cette vente devait aider à financer son déménagement au 20-22 Stratford Place sur Oxford Street. Une partie de ce qui restait a ensuite été vendue à Londres chez Christie, les 2-3 mars 1792 (Lugt Rép. 4866). Cosway a continué à enrichir sa collection après la vente.
La vente des 17-19 mai 1821 mentionnée par Lugt n'a pas eu lieu après son décès, mais avant. Elle était organisée en raison d'un manque de place dans son nouveau logement au 31 Edgware Road. Richard Cosway décédait le 4 juillet de cette même année d'une attaque d'apoplexie.
Après le décès de Cosway, sa veuve Maria, qui avait vécu les dernières années de leur mariage en Italie à Lodi, s'est occupée des ventes de sa collection et de ses biens. Elles ont eu lieu sous la direction de George Stanley. Cosway, également grand collectionneur de livres, se spécialisait dans les livres sur la religion, l'astrologie, la magie et les sciences occultes. La bibliothèque de Cosway a été vendue du 8 au 12 juin 1821 chez Stanley à Londres. Quant aux dessins réalisés par Cosway lui-même, ils ont été exposés par sa femme en vue d'une vente chez George Stanley, mais sans grand succès. Maria Cosway les avait également envoyés au roi, mais celui-ci renonça à les acquérir. Faute d'acheteurs, elle emporta en 1822 la plupart des dessins de son mari à Lodi, ainsi que quelques estampes, miniatures, tableaux, livres et documents. Jusqu'à sa mort en 1838, Maria Cosway continua à montrer les dessins de son mari à ses visiteurs. Un important groupe de dessins fut finalement vendu chez Christie à Londres le 1er juin 1896, mais plus de 600 dessins et des documents restèrent à Lodi où ils sont aujourd'hui conservés par la Fondazione Maria Cosway.
Richard Cosway est surtout célèbre pour ses portraits, en miniature ou dessinés ; ses œuvres se trouvent aujourd'hui dans tous les grands musées. Le British Museum possède le seul carnet d'esquisses de Cosway aujourd'hui connu. Beaucoup de dessins provenant de la collection Cosway se trouvent par ailleurs aussi au British Museum (73 dessins). On y trouve également un exemplaire partiellement annoté du catalogue de vente de dessins et d'estampes de la collection Cosway (14-22 février 1822 ; Lugt Rép. 10182).
Stephen Lloyd a remarqué que Rubens avait une place de prédilection dans la collection de Cosway, avec plusieurs tableaux, des esquisses à l'huile, quelque 704 estampes d'après ses compositions et 92 dessins qui lui sont attribués (Édimbourg-Londres 1995-1996, p. 78). Cosway possédait même une boîte de couleurs qu'il croyait avoir appartenu à Rubens et qu'il avait acquise lors de son voyage en Flandres en 1786.
Un inventaire manuscrit du contenu du 20 Stratford Place, dressé en 1820 et partiellement publié par Lloyd en 2004, décrit les livres et les œuvres d'art. Selon l'inventaire, Cosway possédait 2672 dessins, rangés par artiste, sujet et dimensions dans 29 portefeuilles, livres et boîtes, ainsi que 7934 estampes, rangées dans 66 portefeuilles ou livres. Les estampes, dont beaucoup d'estampes de reproduction, étaient classées par artiste.
Une sélection de dessins de la collection de Cosway a été gravée à l'eau-forte par Conrad Martin Metz et publiée dans un volume intitulé Imitations of Ancient and Modern Drawings, Londres 1789 (2e édition corrigée, Londres 1798).
 
SOURCES
Lodi, Fondazione Maria Cosway, MS inventaire du 20 Stratford Place, 1820, 229 pages
 
BIBLIOGRAPHIE
S. Lloyd, 'Richard Cosway, RA. The artist as collector, connoisseur and virtuoso', Apollo, 352, juin 1991, pp. 398-405.
G. Barnett, Richard and Maria Cosway : a Biography, Tiverton et Cambridge, 1995.
S. Lloyd, 'Richard Cosway : Collector, Connoisseur and Virtuoso', dans Édimbourg-Londres 1995-1996 : Richard & Maria Cosway: Regency Artists of Taste and Fashion, cat. par S. Lloyd, Édimbourg, Scottish National Portrait Gallery, Londres, National Portrait Gallery, Édimbourg 1995, pp. 73-82.
S. Lloyd, 'The Cosway inventory of 1820 : listing unpaid commissions and the contents of 20 Stratford Place, Oxford Street, London', Walpole Society, 66, 2004, pp. 163-217.
S. Lloyd, '« The fix’d landmark of art»: Richard Cosway RA (1742-1821) as a collector of old master drawings’, dans P. Fuhring (dir.), Les marques de collections. II, Actes des sixièmes Rencontres internationales du Salon du Dessin, Paris  30-31 mars 2011, Paris 2011, pp. 65-73.

 
Date de mise en ligne : mars 2010 ; dernière mise à jour : décembre 2011.

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia