numéro
L.668a
intitulé de la collection
Derain, André
technique marque estampée, encre
couleur noir, rouge
localisation recto
dimension 10 x 22.5 mm (h x l)
  • 1956
A. DERAIN (1880-1954), peintre et graveur, Paris et Chambourcy. Sur ses propres œuvres.
 
André Derain, né à Chatou (Seine-et-Oise), décédé à Chambourcy, était destiné par ses parents à la carrière d'ingénieur ; il prépara l'École Centrale. Mais il préféra être peintre. D'abord encouragé par Vlaminck, avec qui il travailla quelque temps à Chatou dans un même atelier, il connut ensuite Matisse ; furent en 1905 les trois premiers « fauves ». Quitta Chatou pour Paris ; y fréquenta l'Académie Jullian. S'intéressa au cubisme, tout en admirant les grandes œuvres des anciens maîtres ; il visitait souvent les musées. Certains l'ont taxé d'archaïsme, mais Apollinaire disait de lui, déjà en 1916, qu'il s'était tourné « vers la sobriété et la mesure ». Cessa de prendre part aux Salons de peinture depuis 1908 ; peu d'expositions particulières dont, à Paris, 15-21 octobre 1916, Galerie P. Guillaume (catalogue avec introduction d'Apollinaire) et avril 1955, Galerie Charpentier (notices par R. Nacenta et G. Hilaire). Comme graveur il s'adonna d'abord au bois et à l'eau-forte, vers 1909, et n'aborda la lithographie qu'en 1919 ; y devint maître. Son important œuvre gravé fut révélé par l'exposition à la Bibliothèque Nationale à Paris, mars 1955, qui, pour la première fois, présentait cet œuvre en entier. Le catalogue le décrit sous 132 nos (plus 9 de peintures et dessins et 12 de souvenirs), classement chronologique (par J. Adhémar, notices par J. Cain et J. Vallery-Radot). Une autre exposition, au Musée d'Art Moderne, 11 décembre 1954 - 30 janvier 1955, avait montré le peintre, sculpteur, céramiste, décorateur. Citons, de ses illustrations : L'Enchanteur pourrissant, d'Apollinaire, 1909 ; Œuvres ... de Frère Matorel, de Max Jacob, 1912 ; Les Travaux et les Jeux, de Vincent Muselli, 1929 ; Les Luminaires (vers 1935, jamais publié) et Les Hérodes (1938). Derain était aussi collectionneur. Dans sa demeure de Chambourcy il avait rassemblé de beaux spécimens divers d'arts bien différents, par exemple : africain, chinois, scythiques, Renaissance italienne, etc., et des dessins et tableaux anciens et modernes. Divers éditeurs lui ont consacré des albums de reproductions d'œuvres, avec textes de présentation. Signalons, comme ouvrages : E. Faure, A. Derain, Paris, 1923 ; C. Carrà, A. Derain, Rome, 1924 et A. Basler, Derain, Paris, 1931 (Les Artistes Nouveaux). Au décès de l'artiste, sa succession fut partagée entre Mme veuve Derain et un fils adoptif du ménage qui conservèrent les œuvres de Derain lui-même. Les pièces de la collection particulière passèrent dans trois ventes publiques : en 1955 à Paris : les 9 à 11 mars (experts Beurdeley et Roudillon) les objets d'Extrême-Orient, les bronzes antiques et du Bénin, les bijoux en or de la Côte d'Ivoire, le 22 mars, les dessins et tableaux modernes (voir compte rendu ci-dessous) et le 28 mars (experts Lebel, Dillée, Beurdeley) les tableaux anciens (8 nos).
Le timbre reproduit, apposé par la succession a servi pour les dessins, il est en général en bas à droite des feuilles, en noir, parfois en rouge. Il existe pour les tableaux un second timbre, plus grand (largeur 25 mm) dans lequel les inscriptions suivent la courbe de l'ovale ; apposé au dos, en général en noir.
 
VENTE
I. 1955, 22 mars, Paris (experts Bernheim jeune, Durand-Ruel, J. et Mlle P. Cailac). Tableaux et dessins modernes et quelques sculptures. « Collection André Derain » et « À divers amateurs », en tout 139 nos dont les 21 premiers pour la succession Derain (dessins 13, tableaux 8). Prix élevés. Dans les dessins les deux plus fortes enchères furent pour un crayon noir de Seurat, Femme debout 1.360.000 fr., et une gouache d'Utrillo, Maison de santé du docteur Marteau 630.000 fr. Puis (au-dessus de 70.000 fr.) : Modigliani, Portrait de Derain fumant 310.000 fr. (2 autres du même 80.000 et 75.000 fr.) ; Cézanne, Coussin dans un fauteuil 300.000 fr. et Paysage des fortifications de Paris 140.000 fr. ; Ingres, deux études de femme en prière 82.000 et 55.000 fr. ; Renoir, Baigneuse 85.000 fr. ; Matisse, Saint-Tropez 78.000 fr. - Total de la partie Derain, peintures comprises, 22 millions.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia