numéro
L.878a
intitulé de la collection
Viollet-Le-Duc, Eugène Emmanuel
technique marque estampée, encre
couleur rouge
localisation recto
dimension 15 x 15 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1956
E. E. VIOLLET-LE-DUC (1814-1879), architecte, Paris. Sur ses propres dessins.
 
Eugène Emmanuel Viollet-Le-Duc, le grand architecte, dont le père était « conservateur des demeures royales et impériales » (de Napoléon Ir), naquit à Paris et décéda à Lausanne. Il est trop universellement connu pour que nous retracions longuement sa féconde et brillante carrière, et ses relations intimes avec la famille de Napoléon III. Rappelons seulement : élève de l'architecte Leclère, voyage d'étude en Italie et en Sicile de 1831 à 1839, ensuite hautes fonctions dans les services officiels d'architecture et d'enseignement. A partir de 1840, nombreuses restaurations et constructions de monuments civils et religieux en France et à l'étranger, notamment Vézelay, Carcassonne, N.-D. de Paris, Saint-Denis, Pierrefonds, etc. Salons entre 1833 et 1875, et Exposition universelle de 1878, avec des  aquarelles et dessins de vues, des plans, des projets. Officier de la Légion d'honneur 1852, Commandeur 1869. Ses ouvrages principaux : Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, 10 volumes (1853-1858) ; Essai sur l'architecture militaire du moyen âge (1854) ; Dictionnaire du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance, 6 volumes (1855) ; Entretiens sur l'architecture, 2 volumes (1858-1868). Il adorait la musique, fut mobilisé pendant la guerre 1870-1871. Précisions peu connues : c'est sur sa volonté testamentaire d'être inhumé là où il décéderait que ses restes sont à Lausanne où il restaurait la cathédrale ; il voulait aussi que son cerveau fut livré au chirurgien Broca, fondateur de l'Ecole d'anthropologie, mais les circonstances ne le permirent pas. Importante exposition de son œuvre en 1880, au musée de l'Hôtel de Cluny. Catalogue de 686 nos, avec préface par A. de Baudot (continuateur des travaux du maître), et réimpression de l'éloge funèbre par le ministre Jules Ferry (voir L.925a) où l'on apprend «  ... Il [Viollet-Le-Duc] voulait ... constituer un musée nouveau : le musée de la sculpture française ... J'ai [le ministre] décidé en conséquence que [ce musée] serait installé [au] ... Trocadéro ... ». Ainsi Viollet-le-Duc est à l'origine du musée ouvert en 1882 sous le premier nom de « Musée de Sculpture Comparée », aujourd'hui « Musée des Monuments Français », au Palais de Chaillot.
Viollet-Le-Duc n'eut pas à proprement parler de collection, mais il conserva soigneusement tous ses croquis, vues dessinées d'après nature, aquarelles, projets de monuments et de restaurations, plans, devis, etc. Il conserva de même les œuvres d'autres artistes venues, d'elles-mêmes, dans la famille, par exemple, d'Ingres, les deux portraits dessinés de Mme Viollet-le-Duc, daté 1837, et de G. Lethière, directeur de l'Académie française à Rome. Aussi des portraits de famille (e. a. celui de son père, et le sien, tout jeune et à 20 ans), peints, dessinés, ou en miniature, par Monvoisin, Mme de Mirbel, et E. Delécluze, oncle maternel de Viollet-Le-Duc. Tout l'ensemble, environ 7000 pièces, passa d'abord à son fils, Eugène Louis (1835-1910), chef du Bureau des Monuments Historiques, puis au fils de celui-ci, Georges (1874-1951), avocat (il n'exerça pas), qui le conservèrent tour à tour pieusement sans en rien distraire, sauf le don important par Eugène Louis au Musée de Sculpture Comparée de plus de 2000 dessins et documents (aujourd'hui conservés dans la « réserve »). Même, ils y ajoutèrent quelques feuilles, surtout des œuvres de Viollet-le-Duc trouvées dans le commerce. Il n'y eut jamais d'autre vente que celle de la très importante bibliothèque (18-31 mai 1880, expert A. Labitte, 2242 nos dont 802 de livres sur les beaux-arts, les autres de théologie, jurisprudence, sciences, etc.). Actuellement le tout est intact, dans la famille, dans l'immeuble 68 rue Condorcet, construit par Viollet-Le-Duc en 1862. On trouvera dans P. Gout, Viollet-Le-Duc. Sa vie, son œuvre, sa doctrine (Paris, 1914) des détails et de nombreuses reproductions.
La marque ci-contre, la plus souvent employée, et l'autre plus grande, avec nom entier, reproduite L.2494a, ont été apposées, du temps de Viollet-Le-Duc, uniquement sur ses propres œuvres, et pas systématiquement sur toutes, plutôt sur les croquis ; elle manque souvent sur des feuilles importantes. Le monogramme, qui offre les initiales de l'architecte, n'est pas très lisible ; pour cette raison nous l'avons classé aussi à W, lettre qu'on croit y reconnaître d'abord. Le monogramme revient dans la seconde marque, avec nom en entier, notre L.2494a, et, avec légers changements, dans l'ex-Libris.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia