numéro
L.906
intitulé de la collection
Schultze, Eduard
technique marque estampée, encre
couleur violet
localisation verso
dimension 10 x 9 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1921
  • depuis 2010
Ed. SCHULTZE († vers 1900), ingénieur, fabricant d'eau gazeuse, Vienne. Estampes anciennes, dessins.
 
VENTE : 1901, 7-15 février, Munich (chez H. Helbing). Vente importante d'estampes anciennes, quelques dessins anciens, livres, incunables. Parmi les estampes : Cranach, Dürer (St. Jérôme dans sa cellule 1200 M., le Char de triomphe de Maximilien 1600 M.), van Meckenen (la Vierge avec l'Enfant, St. Bernard et Ste Catherine 1750 M.), du maître E. S., le Christ en croix 4650 M. (le plus haut prix de la vente, au Cabinet de Berlin), Schongauer (L'homme de douleurs 2200 M.), Zwott (l'Adoration des Rois, 2000 M.), plusieurs gravures sur bois des premiers maîtres allemands et français du XVe siècle, des gravures en manière criblées des incunables de la lithographie, par Senefelder.
 

EDUARD SCHULTZE ( ?-Vienne 1899), ingénieur, fabricant d’eau gazeuse, Vienne. Estampes anciennes, dessins.

L’annonce du décès d’Eduard Schultze, parue à Vienne dans le Deutsches Volksblatt du 14 février 1899 (pp. 7-8) nous apporte quelques renseignements précieux. Le collectionneur y est décrit comme le fondateur de la première fabrique d’eau gazeuse (et de jus de fruits) Imme & Schultze, mais, surtout, comme le défenseur et le colporteur, avec son ami Hauffler, membre du conseil municipal de Vienne, de l’antisémite allemand en Autriche − et à Vienne en particulier.
Schultze a également soutenu activement la publication de la Deutsche Volksblatt, premier journal chrétien d’Autriche.
La longue préface du catalogue de vente rédigée par le commissaire-priseur H. Helbing met en valeur la diversité et la richesse des estampes, rares, de la collection d’Ed. Schultze. Mais nous en apprenons aussi un tout petit peu plus sur le collectionneur qui, d’après Helbing, a commencé à collectionner en fonction seulement ce qui lui plaisait, et certainement pas dans le but de constituer une véritable collection. Chaque trouvaille représentait un événement et un sujet de discussions et de lettres à ses amis, mais, surtout, un motif à l’enrichir encore et encore. Très vite, Schultze privilégia les arts graphiques, poursuivant cette passion jusqu’à la fin de sa vie, y compris lorsqu’il tomba malade. Helbing caractérise cette collection comme un vrai petit cabinet d’estampes comprenant des exemples du tout début de la gravure jusqu’à la lithographie. Wilhelm Ludwig Schreiber a par exemple pu décrire maintes épreuves rares de gravures sur bois grâce à la collection Schultze (Handbuch der Holz-und Metallschnitte des XV. Jahrhunderts. Manuel de l’amateur de la gravure sur bois et sur métal au XVe siècle, nos 667, 790, 1200, 1359, 1433, 1626 et 2899). Et il faut également relever un groupe intéressant de gravures d’ornement d’orfèvres du XVIe et XVIIe siècle notamment (nos 1264-1368). À la fin de son résumé, Helbing formule l’espoir que les destinataires du catalogue auront la possibilité, ce, indépendamment du domaine de leurs collections, de faire leurs choix, et termine en citant Goethe : « Alles ist nicht für alle, das wissen wir selber, | Doch nichts ist ohne Bestimmung, es nimmt jeder für sich sein Paket. » (Tout n’est pas pour tout le monde, cela nous le savons nous-mêmes | Mais rien n’est sans destination, chacun prend pour soi ce qui lui convient).
Ce cachet a été signalé depuis 1921 à plusieurs reprises sur des dessins : Heinrich Giebertzs, Fortuna assise sur une coquille, 1619 (Hambourg, Kunsthalle, inv. 47431. Voir vente 1901, no 2457 ; P. Prange, Kupferstichkabinett der Hamburger Kunsthalle. Deutsche Zeichnungen 1450-1800, no 344) ; sur cinq incunables (vente 1901, nos 2789, 2811, 2855, 2940 et 3176 ; Cambridge, Harvard University, Houghton Library) ; Johann Heinrich Meyer, Vue de Einsiedeln (cat. August Laube, Zurich 2002, no 66), Johann Georg Dillis, Village près de Freimann (vente 2013, 29 novembre, Berlin, Bassenge ; Auktion 102, no 6417. Sur ce dessin figurent aussi les cachets d’Heinrich Stinnes, L.1376a, et de Bernhard Funck, L.3835) ; et, comme attribué à Carl Wagner, L’Église paroissiale d’Appenzell et la Montagne Ahorn sur la passe du Pragel (vente 2015, 8 mai, Munich, Karl & Faber, Auktion 261, no 271). Il a été également signalé sur des estampes : Daniel Hopfer, Montant d’ornement avec le Christ (New York, Cooper-Hewitt, Smithsonian Design Museum, inv. 1951-174-5. Au verso on voit aussi le cachet d’Antoine Vivenel, L.190) ; Theodore de Bry, Écu avec tambourineur et flûtiste (Washington, Library of Congress, Music Division, Dayton C. Miller Collection, inv. 540), Antonie Waterloo, Paysages (vente 2011, 13 mai, Königstein im Taunus, Reiss & Sohn, Auktion 145, no 298 lot de 26 estampes) ; Orfèvre anonyme, Bouquet d’orfèvrerie en cosses de pois (vente 1901, no 1346 comme B. Moncornet ; vente 2012, 29 novembre, Berlin, Bassenge, Auktion 102, no 5619 comme Rudolf Schulte).
Pour une autre marque du même collectionneur, manuscrite et formée des lettres E et S avec empattements, en chiffre, la lettre E étant inversée, voir L.5093.

VENTE
1901, 7-15 février, Munich (chez H. Helbing). Katalog einer sehr bedeutenden und reichhaltigen Sammlung sehr wertvoller Kupferstiche und Holzschnitte alter und neuerer Meister dabei kostbare Wiegendrucke ferner Handzeichnungen und Aquarelle sowie wertvolle Bücher... aus dem Nachlasse des verstorbenen Ingenieurs Herrn Ed. Schultze, Wien. 3332 lots, dont estampes (1-2 236), dessins (2237-2785), livres (2786-3189), manuscrits, initiales et miniatures (3190-3282), épreuves de livres, vignettes et initiales (3283-3317), divers (3318-3332), avec une introduction par H. Helbing. (Lugt Rép. 58783).

BIBLIOGRAPHIE
M.I.D. Einstein et M.A. Goldstein, Collectors’ Marks, Saint Louis 1918 (éd. augmentée de L. Fagan, Collectors’ Marks, Londres 1883), no N-45 (comme non identifiée).
O.V. Vlasova & E.L. Balašova, Vladel’českie znaki na gravjurach i litografijach. Na materiale otdela gravjury Gosudarstvennogo Russkogo muzeja [Marques de collections sur gravures et lithographies. D’après le fonds du département des estampes du Musée russe], M.A. Alekseeva (éd.), Saint-Pétersbourg 2003, n° 107.


Date de mise en ligne : juin 2017.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia