numéro
L.996
intitulé de la collection
Villot, Frédéric
technique marque estampée, cachet sec, encre
couleur noir
localisation
dimension 4 x 3 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1921
  • 1956
F. VILLOT (1809-1875), conservateur du Louvre, historien d'art, artiste. Paris. Dessins et estampes.
 
Marie-Joseph-Frédéric Villot, né à Liège d'une famille française d'officiers supérieurs, apparenté à des intendants généraux, s'appliqua d'abord à l'étude pratique de l'art. Il apprit la ciselure, puis la gravure à l'eau-forte et l'aquarelle, profitant des conseils de son ami intime Eug. Delacroix, de Bonington, de Poterlet, d'Isabey et d'Eug. Lami, mais ne parvint pas à devenir un artiste d'une valeur personnelle. L'étude des œuvres d'art ancien à laquelle il se livra pendant un séjour à Venise, dans son jeune âge, le prédisposa à la carrière d'érudit, de curieux distingué qui fut la sienne. Il se connaissait parfaitement, et mieux que la plupart de ses contemporains, en histoire de l'art. Il en donna une de ses premières preuves par sa collaboration à l'excellent périodique Le Cabinet de l'amateur, qu'il fonda en 1842 avec Eug. Piot et Th. Gautier. Nommé en 1848 conservateur des peintures du Louvre, il a bien mérité de ce musée par son zèle hors ligne. Il se révéla administrateur parfait et travailleur infatigable. Bien entouré d'autres conservateurs tels que Fréd. Reiset et Longpérier, et secondé au mieux par son adjoint Eug. Daudet, il réorganisa les galeries de tableaux, publia de 1849 à 1855 des catalogues parfaits et novateurs, et donna aussi quelques premiers soins aux dessins, dont il favorisa les reproductions par la gravure en fac-similé. On lui reproche cependant sa tendance à trop restaurer et nettoyer les tableaux. Il finit sa carrière comme secrétaire général des musées, fonction qui convenait particulièrement à son esprit net et à son sens administratif. Malgré sa constitution délicate, il se dépensa sans compter pour assurer la préservation des trésors d'art de Paris pendant le siège et durant la Commune en 1871. Il écrivait d'un style clair et châtié. En dehors de ses publications officielles, il faut relever sa monographie sur le miniaturiste Hall (1867). Le marquis de Chennevières le dépeint dans ses Souvenirs (III p. 84) comme une personnalité d'un égoïsme inoffensif : « Le moi de Villot qui se traduisit à tout propos et avec un aplomb si ingénu dans ses moindres discours, avait fini par ne plus être que comique, ne gênant et ne trompant en réalité personne. On en riait entre nous et on le laissait dire. Il avait tout fait, il avait tout inventé, il avait tout écrit, il savait tout. La vérité est qu'il savait beaucoup, qu'il était fort laborieux, qu'il s'appropriait à merveille, et de la meilleure foi du monde, en vertu de la fiction bureaucratique, le travail des autres, et, qu'au demeurant le Louvre en profitait. » - Comme collectionneur, Fréd. Villot savait choisir les beaux dessins et aimait les belles estampes : il en réunit un bon nombre. Il était d'ailleurs très mêlé au monde des belles ventes. Son importante bibliothèque de livres sur les sciences, beaux-arts, belles-lettres et histoire, textes japonais et chinois, fut dispersée du 9 au 14 décembre 1875, le soir, à la salle de la rue des Bons Enfants n° 28 (expert Lafitte).
 
VENTES
I. 1859, 17 mai [corr. suppl. 1956 : 16-18 mai], Paris (expert Vignères). Miniatures des maîtres du XVIIIe siècle, dessins et estampes, indiqués comme provenant du « cabinet de M.F.V. ». La même désignation de provenance figure aux catalogues des quatre ventes qui suivirent, dont l'une, celle du 25 janvier 1864, comprenait seulement des tableaux et des miniatures. Belles miniatures de Dumont, Fragonard et Périn, dessins indiens, et dessins anciens e. a. de van Ostade, Poussin, Rembrandt (Femme malade endormie 206 fr.) et Rubens. Beaux dessins de maîtres français du XVIIIe siècle, e. a. Boucher, Fragonard (Dites donc s'il vous plaît, 142 fr., à de Goncourt, Homme prenant du pain dans une huche 320 fr.), Lancret, Oudry, Prud'hon (Femme nue debout marchant les bras étendus 136 fr.), Watteau (Jeune femme assise feuilletant un livre, de la coll. de Mme de Pompadour 280 fr. et Portrait de Sirois 135 fr.). Belles estampes anciennes et modernes, parmi lesquelles des feuilles remarquables du XVIIIe siècle, et la Tauromachie de Goya 225 fr. - Produit 9829 fr.
 
II. 1865, 25 janvier, Paris (expert Laneuville). Tableaux anciens et modernes, miniatures, dessins anciens et modernes.
 
III. 1865, 11 février, Paris (expert F. Petit). Tableaux, aquarelles, dessins, planches gravées par Eug. Delacroix. Intéressantes préface et descriptions qui ont bénéficié de la longue amitié qui unit, pendant 35 ans, Delacroix et Villot. Comme principaux prix citons dans les aquarelles et pastels : Bataille de Taillebourg (sujet de vitrail) 3100 fr., Mendiant anglais 305 fr., Cavalier (1828) 330 fr., Femme couchée dans un lit 520 fr., Tigre couché (1830) 700 fr. et un dessin à la sépia, Deux Arabes causant (1833) 600 fr. Venaient ensuite des croquis, études, et 7 cuivres gravés.
 
IV. 1870, 25 avril, Paris (expert Tross). Livres sur les beaux-arts et dessins originaux de Gravelot, Boucher, Eisen et Cochin pour les Contes de Boccace. Ces dessins, achetés par J. E. de Rothschild, sont aujourd'hui dans la collection O. Roederer.
 
V. 1875, 6 décembre, Paris (expert Féral). Dessins, aquarelles et miniatures. Avec notice biographique. Les dessins anciens, décrits sous 50 nos, comprenaient des feuilles de diverses écoles, e. a. parmi les italiens : Titien (Le Doge Cornaro, tête grandeur nature ; Portrait d'homme avec barbe, vêtement garni de fourrure ; le Pape Clément VII), Tintoret, Véronèse (4 dessins, e. a. Jeune femme assise, tenant un sceptre à la main gauche qui est posée sur une tête de lion, figure allégorique pour une peinture qui se trouve au palais ducal), les Carrache., G. B. Tiepolo. Dans les écoles du Nord : J. Jordaens, Rubens (Tête d'homme, grandeur nature, étude pour un St. Jean), Rembrandt (Vieillard et jeune homme debout, causant et se donnant la main, et Vieillard debout portant la main gauche à sa bouche), A. van Ostade. Dans l'école française, Poussin, Oudry, Hubert Robert, Fragonard (Tête de jeune fille, étude au pastel pour « la Gimblette », et Portrait de jeune femme en buste) et Watteau (2 dessins dont le portrait de l'acteur Sirois dans le rôle de Gilles, étude pour le tableau du Louvre). Les petits maîtres surtout étaient représentés dans la série de dessins modernes (48 nos), citons pourtant : Bonington, 3 aquarelles, Delacroix, Hôpital militaire, mine de plomb, (dessin de l'aquatinte par Delacroix, Loys Delteil n° 8) et « Une des dernières scènes de la fiancée de Lammermoor », Eug. Isabey, l'Arrivée de la Châtelaine, aquarelle et gouache, Eug. Lami 7 aquarelles, dont Sir Walter Raleigh et la Reine Elisabeth. Dans les miniatures (9 nos), des Cosway, Hall, Prud'hon, etc.
 
VI. 1875, 9-11 décembre, Paris (expert Vignères). Estampes anciennes et modernes. Livres à figures. Notice sur F. Villot et ses collections. 736 nos. Les estampes anciennes : petits maîtres ; pièces d'ornements, feuilles de XVIIIe siècle, et les portraits, ne comprenaient pas d'œuvres importantes. Parmi les modernes : Decamps, Goya, l'œuvre gravé et lithographié de Villot, des œuvres importants de Bonington et Delacroix. Ce dernier offrait quelques épreuves rares comme : Soldat du temps de François Ir, 1r ét., Choc de deux cavaliers arabes, Arabe montant à cheval, l'Hôpital militaire, et des épreuves av. l. l. des lithographies.
 
F. VILLOT , Paris.
 
Ajoutons encore qu'Eugène Delacroix a dessiné au crayon le portrait de son ami Villot, conservé dans le Fogg Art Museum à Cambridge (Mass.). Au volume principal, pour la vente I lire 16-18 mai au lieu de 17.
 
VENTE
Ia. 1864, 25 janvier, Paris (expert Laneuville). 49 nos de tableaux anciens et modernes, 18 nos de portraits en miniature, 30 nos de dessins modernes (dont 9 beaux dessins de Bonington).
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia