numéro
L.1058
intitulé de la collection
Galichon, Emile
technique marque estampée, encre
couleur bleu, noir
localisation verso
dimension 9 x 14 mm (h x l)
2 renvois  
  • 1921
  • 1956
Emile GALICHON (1829-1875), critique d'art, éditeur de la Gazette des Beaux-Arts, Paris. Estampes et dessins anciens.
 
Emile-Louis Galichon, né à Paris et mort à Cannes, où il passa ses dernières années, était l'un des meilleurs connaisseurs de son temps, iconographe et historien sagace, à qui l'on doit différentes études sérieuses sur les graveurs des écoles italienne et allemande des XVe et XVIe siècles, ainsi que sur différents autres sujets touchant l'histoire de l'art. Presque toutes ces études parurent dans la Gazette des Beaux-Arts, revue dont il se rendit acquéreur en 1863 ; il donna à cette publication commencée par Ed. Houssaye et Ch. Blanc, l'impulsion qui en a fait l'une des meilleures revues d'art de l'Europe. Pour ne parler que de ses études en matière de gravure, nous citerons les suivantes, qui donneront une idée du genre qui lui était particulièrement cher : Des origines de la gravure et de ses progrès dans les Pays-Bas et en Allemagne pendant le XVe siècle (1861), Des gravures sur bois dans les livres imprimés en Allemagne, même époque, et dans ceux des Flandres (1864), Les estampes des petits-maîtres (1872), des monographies sur les graveurs J. de Barbari (1861), G. et D. Campagnola (1862 et 1864), G. Mocetto (1859), Nic. De Modène (1866 à 1874), G. B. del Porto ou le Maître à l'oiseau (1859), P. Potter (1866), Schongauer (1859), C. da Sesto (1865). Puis des études sur des dessins de van Eyck (1867), Mantegna (1872), Michel Ange (1874), Parmesan (1872), L. de Vinci (1867), Poussin (1868), sur le jeu de tarot (1861), etc. Dans tous ces travaux perce une grande prédilection pour les écoles primitives et les incunables de la gravure. En effet comme le dit Ch. Blanc dans sa nécrologie (Gaz. d. B.-A. 1875 p. 201), « l'ampleur dans l'art le touchait moins que la finesse ». Blanc le dépeint comme « étranger à toute banalité, amoureux des choses rares et des hommes rares, attiré vers les régions inexplorées de l'archéologie, friand de l'inconnu ». Dès avant 1860, entre 25 et 30 ans, il avait réuni une collection importante, où à côté de beaux objets d'art très divers et d'une bibliothèque très bien choisie, les dessins et les estampes tenaient la place importante. Né dans une famille riche, et d'abord destiné au commerce, différents voyages à l'étranger lui avaient par la suite assuré la meilleure éducation dans le domaine de l'art. Blanc raconte comment un hasard l'avait rendu collectionneur. Tout jeune, passant devant le magasin du marchand Blaisot, il vit à l'étalage une belle épreuve de la Sainte Famille de Dürer qui le retint. Il en demanda le prix, s'effraya en l'entendant coté à 300 fr. « Et lui qui sortait du collège de Juilly, et à qui jamais on n'avait dit mot ni d'Albert Dürer, ni de Raphaël, ni de peinture, ni de sculpture, lui à qui l'on avait parlé de tout, excepté de l'art, il entrevit aussitôt un monde inconnu de poésie, et il s'empressa d'acheter une estampe dont la seule vue avait été pour lui une révélation. Il venait de trouver la clef de cette chambre intime et secrète, où l'âme, froissée par les vulgarités de la vie, se réfugie à de certains moments pour se recueillir dans la contemplation et le sentiment du beau ». Dans l'Annuaire des Artistes de P. Lacroix, de 1860, L.E. Faucheux dit de sa collection : « M. E. Galichon a eu la bonne fortune de trouver les plus belles pièces de Rembrandt, et le bon goût d'en enrichir ses cartons. A cette collection spéciale il a ajouté des estampes d'Albert Dürer, de Marc-Antoine et des maîtres primitifs italiens du plus beau choix. Les estampes qui paraissent avoir particulièrement attiré l'attention de M. Galichon sont les eaux-fortes des peintres ; c'est que l'un trouve dans une eau-forte, comme dans le dessin lui-même, la première et la libre inspiration du maître. On compte aussi dans ce cabinet plusieurs dessins très remarquables, parmi lesquels on citera seulement une Descente de croix de Donatello, et un dessin à la sanguine, représentant une jeune fille, par Rembrandt ». Galichon vivait alors 182 rue de Rivoli. Le bon jugement dont cet amateur éclairé et délicat fit preuve dans ses acquisitions d'estampes italiennes se reflète encore dans ce que dit Bourcard dans A travers des siècles de gravures p. 239 : « On savait que M. Emile Galichon était très friand et très amateur de l'école italienne, c'est ce qui fait que le public, se fiant au goût délicat du collectionneur, n'hésitait pas à payer toujours plus cher ce qui sortait de son portefeuille, il y trouvait une garantie dont il voulait profiter ».
Fondateur de la Société française de Gravure. En 1871 il publia encore ses remarquables Etudes critiques sur l'administration des Beaux-Arts en France. - Son fils, Roger Galichon, décédé en 1918, légua au Musée du Louvre 39 dessins par David, Ingres, Delacroix, Henry Monnier, Prud'hon, Guardi, qui lui venaient de la collection de notre amateur (les plus belles pièces de ce legs figurent au Catalogue des Collections nouvelles formées par les Musées nationaux de 1914 à 1919).
Son portrait gravé à l'eau-forte par Léop. Flameng se trouve dans la Gaz. des B.-A. de 1875. Le frère de ce collectionneur, M. Louis Galichon, se fit aussi une belle collection (voir au L.1060), et fut l'un des principaux acheteurs dans la vente après décès ci-dessous. - Voir une autre marque au L.856.
 
VENTES :
I. 1864, 23-26 février, Paris (expert Clément). Estampes anciennes et modernes. 607 nos. Vente anonyme, annoncée comme provenant d'un « amateur distingué de l'étranger ». Suivant le Cabinet de l'Amateur, gazette1863 p. 22, cet « amateur étranger » aurait été tout simplement M. Emile Galichon, qui avait associé une partie de ses estampes à celles d'un marchand de Paris. La vente se distinguait par de très belles épreuves, plusieurs en premiers états, de gravures au burin et de quelques maîtres du XVe siècle. Citons : Anderloni, Audran (Les Batailles d'Alexandre, 1r ét. 1325 fr.), Berchem, Bervic (Laocoon, épr. non terminée 675 fr.), de Boissieu (33 pièces), Bolswert, Both, Desnoyers (La Vierge au Poisson, d'après Raphaël, av. l. l. 710 fr., La Vierge au Donataire, id. 900 fr.), Cl. et P. Drevet, P. I. Drevet (Rebecca, d'après Coypel, 1r ét. 680 fr., Bossuet, 1r ét. 600 fr.), Dürer, van Dijck, Edelinck, Longhi, Masson, Morghen (La Cène, av. le titre, la dédicace et les armes, 4105 fr.), F. Müller (La Madone de San Sisto, av. l. l. et les auréoles, 1400 fr.), Nanteuil (63 nos), Pontius, Rembrandt (La Descente de croix, av. l'adr., 625 fr.), Schongauer (St. Antoine, B 471, 675 fr.), Strange, C. Visscher (Winius, 1r ét. 810 fr.), Vorsterman, Wille et Woollett.
 
II. 1875, 10-14 mai, Paris (expert Clément). Estampes anciennes et dessins, vente des plus importantes, faite après le décès du collectionneur. 678 nos, dont les nos 1 à 178 pour les dessins. Les plus beaux dessins furent partagés entre cinq acheteurs, à savoir Colnaghi, Louis Galichon, Suermondt, Amsler, et Clément. Les maîtres italiens étaient les plus nombreux et les plus importants, et Léonard de Vinci remporta les plus hauts prix avec 12.900 fr. pour sa première pensée pour l'Adoration des Mages de Florence, et 13.000 fr. pour ses études pour la Sainte Anne du Louvre. Du même, Courrier à cheval 5500 fr. et Béatrice d'Este ( ?) et Lud. Sforza 3600 fr. De Raphaël, La fuite de Loth 10.000 fr., La Mise au tombeau 5500 fr. et Couronnement de la Vierge 5000 fr. De Michel-Ange, Chute de Phaëton 5000 fr. et Esquisse pour le Jugement dernier, même prix. Tous ces dessins, ainsi que les suivants, provenaient de différentes anciennes collections célèbres. De cette même école encore : Nic. dell'Abbate, Fra Bartolommeo, Botticelli, Campagnola (St. Jean-Baptiste 2500 fr.), Cimabue, Lor. di Credi, Giotto, Fil. Lippi (Etude pour un St. Michel 1650 fr. et Ange agenouillé 2100 fr.), Mantegna (Triomphe de César 1600 fr.), Nic. da Modena, Montagna, le Parmesan, le Pérugin (Quatre enfants 2300 fr.), Roselli, Rosso (Les trois Parques 2700 fr.) et Verrochio (Différentes études sur une f. 2100 fr.). Venaient ensuite, comme importance, les hollandais, avec en tête Rembrandt (13 nos), dont le portrait de Anslo, figure entière, assis dans un fauteuil 7300 fr. (actuellement Bon Edmond de Rothschild), Jeune fille avec large chapeau, dans l'ouverture d'une porte 3700 fr., et Vieille femme assise, sanguine 900 fr. Le portrait de Phil. le Bon de Jan van Eyck 6000 fr., puis de van Dijck, Le Couronnement d'épines 4400 fr. et Portrait de Stalbent 4000 fr., de Rubens, L'Ivresse 2300 fr., et d'excellentes feuilles de Berchem, Both, Dusart, J. Ruisdael, W. et A. van de Velde et Wouwermans. En dessins français : Dughet, Dumonstier, Claude (Le Ponte Molle 1305 fr.), Greuze, Et. Delaune et Watteau (Deux femmes assises 1450 fr.). Comme allemands Holbein et Dürer (Deux têtes, dont une de fou 2650 fr.). Quelques rares modernes de Decamps, Delacroix et Géricault, - Suivirent les estampes de la même qualité exceptionnelle. Choix superbe d'italiens, un des plus hauts prix pour une merveilleuse suite du Jeu de Tarots, dans une reliure du XVe siècle, 17.000 fr. (à Colnaghi), série de 25 nos de nielles, dont plusieurs réputés uniques, et la Paix de Maso Finiguerra 4100 fr. Puis vinrent les belles estampes de Marc-Antoine ; de ce maître, dont le catalogue énumère 91 nos, on paya : une épreuve magnifique de la Vierge au Palmier 3500 fr., Saint Paul à Athènes 3005 fr., Notre Dame à l'escalier 4705 fr., Le Jugement de Pâris 6705 fr., Jeune femme arrosant une plante 3100 fr., Le serpent parlant à un jeune homme 4000 fr., Les Chanteurs 7005 fr., Les Grimpeurs 3600 fr., Pierre Arétin 3500 fr., et plusieurs autres entre 1500 et 2000 fr. Des pièces rares et excellentes de B. Baldinelli, Jac. de Barbari (St. Sébastien 4105 fr.), G. A. de Brescia (La Vierge et des Saints, Pass. 33, 7700 fr.), G. et D. Campagnola (du dernier : Douze enfants dansant 3700 fr.), Lippi (L'Annonciation 3305 fr. et Le Christ présenté au peuple 3505 fr.), Mantegna, Mocetto (Bacchus 3150 fr. et La Vierge sur un trône 3900 fr.), Nic. de Modena, Montagna, Nadat, Robetta, C. da Sesto (Décollation de St. Jean-Baptiste, pièce non décrite, 7000 fr.), et quelques remarquables anonymes. Des maîtres hollandais l'honneur revint à Lucas de Leyde (25 nos dont La Passion 3900 fr., Le retour de l'enfant prodigue 3500 fr. et La danse de la Madeleine 8500 fr.) et à Rembrandt. De celui-ci 78 nos où l'on remarquait La Pièce de cent florins, 2e ét. sur japon 9600 fr., L'Ecce Homo en largeur, 1r ét. sur japon 4700 fr., St. Jérôme dans le goût de Dürer, sur japon 2605 fr., Le Canal 2000 fr., Lutma, 1r ét. sur japon 3600 fr. et Asselijn, 1r ét. sur chine 3000 fr. De cette école encore : Berchem, des ornements de De Bry, puis Ostade et Potter (Les chevaux, 1r ét. 1550 fr.). En français seulement Claude Gellée dont Le soleil couchant 1800 fr. et Les Fêtes du marquis de Castelrodrigo, avec les feux d'artifices, anc. rel. 4250 fr. ; de l'école allemande une série de 43 belles épreuves de Dürer, dont l'Adam et Eve 2990 fr. et les Armoiries à la tête de mort 2150 fr., Flindt, Schongauer (La Vierge dans une cour 2305 fr.), Woeriot et Zasinger. Le catalogue se terminait par 70 nos de lithographies et d'eaux-fortes modernes où se rencontrent de belles feuilles de Bonington, Géricault, Goya, Meryon, Meissonier, Prud'hon, Seymour Haden etc. - Produit 536.238 fr.
 
E. GALICHON , Paris.
 
Il existe une autre marque avec le nom Galichon, sans l'ovale.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia