numéro
L.1231
intitulé de la collection
Hamal, Henry
technique marque écrite, encre
couleur brun, noir
localisation verso
dimension
  • 1921
  • depuis 2010
H. HAMAL (2e moitié du XVIIIe siècle), chanoine, Liège. Dessins et estampes.
 
Henry Hamal appartenait à une famille liégeoise, branche directe de la maison des comtes de Looz, Il était neveu du prêtre Jean-Noël Hamal, célèbre musicien, et avait lui-même longtemps étudié la composition en Italie. Il fut rappelé en 1770 par son parent, qui fit tant que notre, chanoine fut nommé maître de musique au chapitre St. Lambert, à sa place. Il paraît avoir collectionné.
 
VENTE : 1805, 21-23 janvier, Paris (dir. F. L. Regnault). Dessins et estampes. Les dessins décrits sous les nos 1 à 156, embrassaient les écoles d'Italie, des Pays-Bas, d'Allemagne et de France. Ils étaient généralement réunis en lots ; on y remarque une série de près de 300 dessins par Jean de Witt, « fils du pensionnaire » faits en voyage, en France et en Italie. Estampes, nos 156-167, puis 14 nos de livres.
 

HENRI HAMAL (Liège 1744-id. 1820), chanoine, musicien, collectionneur, Liège. Dessins et estampes.

Différents articles de Françoise Clercx et Godelieve Denhaene, ainsi que le mémoire de licence d’Agnès Celentin en 2008 nous permettent d’enrichir la notice proposée par Lugt en 1921.
Né à Liège d’une famille de maîtres de chapelle de la cathédrale Saint-Lambert, Henri Hamal est le dernier représentant d’une dynastie de musiciens.
Pour compléter sa formation musicale, il part en Italie et étudie à la Fondation Darchis, à Rome (1763-1769) en qualité de pensionnaire, et c’est peut-être là qu’il constitue une partie de sa collection de dessins. En témoignent ses feuilles de Joseph Seinte et de François-Bernard Racle, deux artistes pensionnaires de la Fondation Darchis à la même époque (A. Celentin, p. 80).
De retour à Liège, Hamal gravit les différents grades ecclésiastiques et devient maître de chapelle de la cathédrale Saint-Lambert (1778) et chanoine du collège Saint-Gilles. Il est peu à peu gagné aux idées luministes du prince-évêque Velbrück (1772-1784), puis il épouse les idéaux de la Révolution française (Denhaene 2006, p. 41).
Sous le régime français, en 1797, il répertorie et évalue le patrimoine artistique liégeois et fait partie d’une commission chargée de regrouper les œuvres d’art afin de constituer un museum départemental. Il forme ainsi des collections et rassemble des notes sur les artistes liégeois et sur le patrimoine de l’ancienne principauté, décrivant les églises, les monuments ainsi que les œuvres qui s’y trouvent alors, tout en poursuivant ses activités dans le domaine de l’instruction publique. Après 1814, il se consacre à l’étude de l’histoire de l’art, de la musique et du théâtre à Liège, jusqu’à sa mort en 1820.
Hamal a réuni un ensemble très important de dessins, gravures et tableaux. Dès 1799, il vend 2 078 dessins et 5 450 estampes à l’Administration centrale du département de l’Ourthe pour 6 000 francs. Ces œuvres sont destinées à l’École centrale afin de la pourvoir en modèles pour les classes de dessin (document daté du 17 pluviôse an VII, 5 février 1799, reproduit dans le mémoire d’Agnès Celentin, pp. 146-147). Il y a là notamment des dessins de maîtres célèbres des écoles étrangères. Le mémoire d’Agnès Celentin nous fournit quelques explications sur le devenir de cet ensemble (notamment pp. 99-101).
À la fermeture de l’École centrale en 1804, les dessins et les gravures furent remisés dans une salle du palais de Justice d’où ils ne furent retirés – en partie ‒ qu’en 1820, lors de la création de l’Académie des Arts par le régime hollandais. Sur demande du directeur de l’École de dessins, François-Joseph Dewandre, trente et un cartons y furent alors livrés. Une partie de cet ensemble a ensuite rejoint le musée d’Ansembourg, à son ouverture en 1905 ou un peu plus tard.
Une autre partie des dessins et des gravures conservés au palais de Justice avait été déposée à l’université de Liège, qui venait d’être fondée en 1817, afin de constituer sa bibliothèque. Mais en 1911, la ville décida de créer sa propre bibliothèque, dite Bibliothèque centrale, et réclama à l’université les fonds qu’elle lui avait octroyés. Une partie des œuvres fut donc à nouveau transférée à la Bibliothèque centrale, mais l’université en a gardé une partie : ces pièces sont aujourd’hui conservées au musée Witter, qui regroupe les collections artistiques de l’université.
D’autre part, en 1952, le cabinet des Estampes et des Dessins de la ville de Liège (CED) est inauguré et rassemble les fonds de gravures et de dessins du Musée archéologique, du musée d’Asembourg, de l’Académie des Beaux-Arts et de la Bibliothèque centrale.
Pour résumer, les œuvres vendues en 1799 sont donc principalement réparties aujourd’hui entre deux institutions : la Boverie (collections de la ville de Liège) et le musée Wittert (collections artistiques de l’université de Liège). Il n’est pas à exclure que des pièces soient manquantes à cause de ces multiples transferts.
Hamal a continué de collectionner après 1799 et a notamment essayé de vendre des tableaux, en échange d’une pension viagère, à la Société d’émulation ainsi qu’à l’université, mais sans succès. Il a alors cédé quelques tableaux à Antoine Malherbe et à Jean-Charles Desoer (1752-1831), maire de Liège sous l’Empire.
Pour mémoire, c’est en 1805 qu’Hamal vendit à Paris plus de 2 000 dessins et estampes, mais aussi près de 1 100 livres. Ce sont donc principalement ces dessins que l’on retrouve aujourd’hui dans des musées, chez des particuliers ou bien sur le marché de l’art. Nous n’en donnons pas la liste précise, mais des exemples figurent dans les musées des beaux-arts de Besançon, de Dijon, de Lille, au musée Fabre de Montpellier, au musée du Louvre et à la Fondation Custodia, à Paris, mais aussi à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg ou au Rijksmuseum d’Amsterdam.
Une autre vente de tableaux, dessins et estampes a encore dispersé des œuvres provenant de la collection Hamal : il s’agit de celle qui eut lieu chez Duvivier, rue Velbruck, à Liège, en 1824, mais dont le catalogue est assez peu détaillé pour les œuvres graphiques.
Selon R. Lesuisse en 1956, à la mort d’Hamal, d’autres tableaux sont peut-être entrés en possession du chanoine Jean-Jospeh Lhoest (p. 188, note 1) et ont fait partie de la vente de la veuve de Lhoest des 4 et 5 avril 1892 (Lugt Rép. 50669 ; la préface signale qu’une partie de la collection de J. Desoer échut alors à Mme Lhoest de Seny).
Toujours selon Lesuisse en 1956, Hamal aurait dressé différents catalogues de ses collections d’estampes, de livres et de ses tableaux, mais ces documents ne sont pas localisés aujourd’hui (pp. 187-189 ; voir aussi J. Helbig, La peinture au pays de Liège et sur les bords de la Meuse, Liège 1903, p. 187 ; Celentin 2008, p. 144).
Parmi les œuvres les plus connues ayant fait partie des collections Hamal figurent des dessins de Lambert Lombard, contenus dans l’album Clérembault, également vendus à Jacques Charles Desoer au début du XIXe siècle. Agnès Celentin doute que ceux de l’album d’Arenberg aient fait partie de la collection Hamal, mais elle est la seule dans ce cas. Ces deux recueils sont aujourd’hui conservés dans les collections de la ville de Liège.
Les dessins de la collection Hamal étaient présentés dans des passe-partout décorés d’un liseré doré, annotés au verso de précieuses inscriptions. La marque elle-même est constituée de la formule latine plus ou moins abrégée : Ex collectione Henrici Hamal Leodiensis ; mais elle varie et sa forme la plus souvent observée peut être Ex coll : H : Hamal Leod.
Nous ne connaissons toujours pas la signification exacte des initiales souvent apposées près de cette inscription et qui sont parfois difficiles à lire (T. B ‒ ou bien J. B ? ‒ sont les deux occurrences les plus fréquentes). Agnès Célentin suppose qu’il pourrait s’agir d’une sorte de jugement de valeur sous forme de code.

Le portrait d’Henri Hamal a été sculpté par Jean-Lambert Saleye (Liège, musée Curtius).

VENTES
1805, 21-23 janvier (voir l’onglet 1921).
1824, 17 mars, Liège, chez P.H.J. Duvivier, Catalogue d’une belle collection de tableaux de différents Maîtres, provenant de Monsieur H. H., amateur, suivi de Dessins et Gravures anciennes, 129 lots de tableaux (le lot 130 ne semble pas décrit) et 26 lots de dessins et gravures.

SOURCES
A. Wyatt Thibaudeau, Dictionnaire des marques et monogrammes d’amateurs, manuscrit, Berlin, Kupferstichkabinett, WGa 0 19, folio 527.
A. Celentin, Henri Hamal, collectionneur liégeois (1744-1820), mémoire de licence, université de Liège. Faculté de Philosophie et Lettres. Département des Sciences historiques, 2008.

BIBLIOGRAPHIE
R. Lesuisse, ‘Tableaux et sculptures des églises, chapelles, couvents et hôpitaux de la ville de Liège avant la Révolution. Memento inédit d’un contemporain’, Bulletin de la Société des Bibliophiles liégeois, 1956, t. XIX, pp. 181-277.
Fr. Clercx-Léonard-Étienne dans Liège 1980 : Le siècle des Lumières dans la principauté de Liège, cat. sous la dir. de G. Goldine, musée de l’Art wallon et de l’Évolution culturelle de la Wallonie, Liège 1980, pp. 201-238.
G. Denhaene, ‘Un collectionneur liégeois de la fin du XVIIIe siècle : Henri Hamal (1744-1820)’, Bulletin de l’Institut historique belge de Rome, 55-56, 1985-1986, pp. 207-236.
G. Denhaene, ‘Les albums d’Arenberg et de Clérembault’, dans G. Denhaene (dir.), Lambert Lombard, peintre de la Renaissance, Liège 1505/06-1566, vol. 3, Bruxelles 2006, pp. 41-44.
R. Rémon, ‘Le Cabinet des estampes et des dessins, ville de Liège’, Les Nouvelles de l’estampe, décembre 2007-février 2008, no 215-216, pp. 42-51, aux pp. 44-45.


Date de mise en ligne: novembre 2017.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia