numéro
L.1241
intitulé de la collection
Haro, Etienne-François
technique marque estampée, encre
couleur rouge
localisation
dimension 15 x 15 mm (h x l)
  • 1921
  • 1956
E. F. HARO (1827-1897), peintre, expert, marchand et restaurateur de tableaux, Paris.
 
Etienne-François Haro, connu dans le monde des amateurs sous le nom de Haro père, fut l'élève des deux irréconciliables ennemis Ingres et Delacroix, et devint par la suite leur ami et leur principal intermédiaire pour la vente de leurs œuvres. L'un et l'autre fréquentaient son atelier de la rue Visconti et s'y tenaient au courant des faits et gestes du rival. Ses relations avec Ingres étaient particulièrement cordiales. C'est dans son atelier de restauration qu'Ingres eut l'occasion d'exécuter en 1861, et « pour apprendre » comme il disait, son beau dessin d'après la peinture attribuée à Holbein, appartenant au baron de Rothschild, le portrait de Marie Tudor. C'est à Haro père que Ingres, quelque mois avant sa mort (exactement le 13 octobre 1866), lorsqu'il prit ses dispositions pour la liquidation de son atelier, vendit 31 études peintes et plus de 40 dessins pour la somme de 50.000 fr. Cet ensemble, avec quelques autres œuvres, notamment les deux importants tableaux l'Angélique attachée au rocher (qui fut retiré à 50.000 fr.) et la Vénus couchée (adjugé 10.000 fr.) composèrent la vente Ingres des 6-7 mai 1867, qui produisit 128.725 fr. Haro père avait réuni une importante collection de tableaux et dessins anciens et modernes qui passa deux fois en vente publique, la première en 1892, par suite d'un deuil cruel (Haro racheta beaucoup), et la seconde en 1897, après son décès. Une dizaine d'années avant sa mort, ayant perdu l'un de ses fils, Haro père s'était retiré des affaires, laissant la direction de son établissement à son autre fils Henri Haro. Celui-ci, lui-même peintre, élève de Carolus Duran et de son père, comme lui fervent admirateur de Ingres, prit une part active à l'organisation de l'exposition du maître, d'avril-mai 1911. Il mourut à Paris en 1911, à l'âge de 56 ans. Sa collection de tableaux anciens et modernes fut dispersée les 12-13 décembre 1911 (expert J. Féral, produit 518.645 fr.).
 
VENTES :
I. 1892, 30-31 mai, Paris (experts Haro père et Henri Haro). Très beaux tableaux et dessins anciens et modernes. Les dessins (environ 30 nos) passèrent le deuxième jour. Dans les anciens : Rubens, Portrait d'Hélène Fourment 3300 fr., Tiepolo, Dumonstier (2 portraits 720 et 750 f r.), Lagneau, Portrait présumé de Dandelot 1600 fr., Backhuyzen, etc. Dans les modernes belle série d'une quinzaine de feuilles d'Ingres, notamment : Mme Leblanc 2050 fr., Mr. de Norvins 1900 fr., Son propre portrait 1260 fr., les autres de 120 à 880 fr. Puis Delacroix, la Muse inspirant Hésiode 1000 fr., Lami, H. Regnault, l'Alhambra de Grenade, cour des Lions 3000 fr., etc. - Produit 747.294 fr.
 
II. 1897, 2-3 avril, Paris (experts Henri Haro et A. Bloche). Vente Haro père, après décès. Tableaux anciens et modernes, aquarelles, dessins et pastels (216 nos), meubles et objets d'art (28 nos), ensemble 224 nos. Dans les dessins et aquarelles, mêlés aux tableaux, on remarquait surtout les feuilles d'Ingres parmi lesquelles le beau crayon rehaussé d'encre de chine, l'Apothéose d'Homère, payé 7.600 fr., et une première pensée du Romulus vainqueur d'Acron 1150 fr. Autre noms : Daubigny, David, Delacroix (le Christ au Jardin des Oliviers, pastel, 1520 fr.), Millet, Regnault (la Cour des Lions, Alhambra de Grenade, qui fit cette fois 3150 fr.), Rousseau, etc. - Produit 180.213 fr.
 
E. F. HARO , Paris.
 
Voir sur Haro père l'article d'André Joubin dans le périodique Amour de l'Art, XVII (mars 1936), pp. 85-93, intitulé « Mr. Haro entre Ingres et Delacroix ».
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia