numéro
L.1244
intitulé de la collection
Harzen, Georg Ernst
technique marque écrite, encre
couleur
localisation verso
dimension
  • 1921
  • depuis 2010
E. G. HARZEN (1790-1863), marchand d'estampes et courtier, Hambourg. Estampes et dessins.
 
Ernst Georg Harzen domine dans la première moitié du XIXe siècle le commerce de l'art à Hambourg. Né à Altona, il fonda sa maison à Hambourg en 1821, mais en 1824, lorsqu'il devint courtier, il la fit mettre au nom de son associé J. M. Commeter. Excellent connaisseur et artiste lui-même, il vit passer par ses mains quantité de belles choses, et les principales ventes d'estampes et de dessins avaient généralement lieu sous sa direction. En 1847 il fit un grand voyage pour élargir son horizon artistique. Lui-même réunit une importante collection qu'il légua à la « Kunsthalle » (Musée des Beaux-Arts) de Hambourg, où elle forme la base de l'intéressant cabinet des estampes (voir L.1328). Il publia quelques articles, notamment sur Meldolla (Kunstblatt IV p. 327).
Ce n'est que rarement que sa signature figure sur les feuilles passées par ses mains.
 
VENTE : 1864, 11 avril et jours suivants, Leipzig (chez R. Weigel). Estampes, doubles du legs fait au Musée de Hambourg. Vente combinée avec celle d'estampes d'autre provenance. Les doubles de Harzen comprenaient évidemment du n° 1 au n° 426 ; ils ne paraissent pas avoir été de grande importance.
 

GEORG ERNST HARZEN (Altona 1790-Hambourg 1863), marchand d'estampes et courtier, Hambourg. Estampes et dessins.

Ce collectionneur, décrit brièvement par Frits Lugt en 1921 comme Ernst Georg Harzen, s’appelait en réalité Georg Ernst Harzen. Il inscrivait au verso des estampes de sa collection son nom de famille, précédé seulement par l’initiale E de son second prénom.
Harzen fut en 1817 l'un des membres fondateurs de la Hamburger Kunstverein (Société des Arts de Hambourg), première institution du genre en Allemagne. Il devient marchand d'estampes à son compte en 1821 et l’arrivée en 1823 de son compagnon Johann Matthias Commeter (1791-1869) lui permet de se consacrer dès l’année suivante à ses activités de courtier en œuvres d’art, à l’organisation de ventes, et, enfin, à la formation d’une collection personnelle d’estampes et de dessins. Ses activités professionnelles lui permettront de nouer des relations, tant avec Dominic Colnaghi à Londres ou Carl Gustav Boerner à Leipzig, qu'avec le collectionneur et mécène de Brême, Hieronymus Klugkist, Johann Hinrich Albers, les directeurs du Cabinet des estampes de Berlin et de Dresde, ou bien encore Wilhelm Schorn et Gottlieb Abraham Frenzel. Les directeurs de ces deux derniers cabinets figuraient d'ailleurs parmi ses clients, ainsi que ceux des cabinets d'arts graphiques de Francfort, du British Museum de Londres ou de l’Albertina de Vienne. Finalement, en 1847, Harzen se retire presque complètement du commerce d'art pour se consacrer à l'enrichissement de sa propre collection.
En 1850, la Société des Arts de Hambourg ouvre une galerie municipale sous les arcades de la Nouvelle Bourse.
La collection Harzen, qui permit de constituer le noyau du Cabinet des estampes de la Hamburger Kunsthalle comprenait 30 000 feuilles. Dans les années 1850, Harzen rédigea un inventaire manuscrit de 850 pages (Hamburger Kunsthalle, Archives) de cette collection formée avec Commeter. Dans cet inventaire déjà, on voit que la collection a été scindée en deux, pas tant pour des raisons financières que pour des critères d’histoire de l’art. Ainsi, Commeter recevait avec la collection des Dürer, les dessins et les estampes de l’École allemande, le groupe de dessins de Botticelli – aujourd’hui considéré comme anonyme de l’École florentine –, ainsi que les estampes de William Hogarth. À Harzen revenait l’ensemble des dessins des Écoles néerlandaise et italienne, dont d'importantes feuilles de Rembrandt, Govert Flinck, Pieter van der Laar, Samuel van Hoogstraten et Leonard de Vinci, Andrea Mantegna, Raphael et Michel-Ange, ainsi que les estampes des mêmes Écoles.
En 1856, Harzen léguait les œuvres de la collection qui lui revenaient, avec tout son capital, au futur musée de la ville de Hambourg en stipulant que les caisses ne pourraient être ouvertes qu'après l’inauguration du musée, et sous réserve qu'un cabinet des estampes existe bel et bien. Cette volonté clairement exprimée eut pour effet bénéfique de donner une forte impulsion à toute l'entreprise, et le musée ouvrit ses portes en 1869, soit six années seulement après le décès du collectionneur et avec, de fait, un cabinet réservé aux estampes. Le legs comprenait 51 tableaux, entre 60 et 70 portefeuilles d’estampes et de dessins et quelques objets d’art. L’année de la mort de Harzen donna à Commeter l’occasion de léguer à son tour sa propre part, qui lui était revenue en 1856. C’est ainsi qu’en 1869 les œuvres rassemblées par Commeter et Harzen se trouvèrent à nouveau réunies dans le tout nouveau musée.
En dehors de l’article sur Meldolla [Schiavone], Kunstblatt, IV, p. 327, déjà mentionné par Lugt, Harzen a également produit un article sur ‘Bartholomeus Zeitblom, Maler von Ulm, als Kupferstecher’ (Archiv für die zeichnenden Künste mit besondere Beziehung auf Kupferstecher und Holzschneidekunst und ihre Geschichte, 6, 1860, pp. 1-30). Son but était d’écrire une histoire des arts graphiques, et s'il n'a pas pu terminer à temps son manuscrit, il a toutefois mené son idée à terme par le biais de sa collection. Son effort pour réunir le plus grand nombre possible d'estampes de Marc Antonio Raimondi et de Dürer témoigne de sa ferveur envers les arts graphiques des XVe et XVIe siècles, pour lui indépassables. Harzen signale dans son testament que s'il ne fut pas facile de rassembler une collection comme la sienne, pour les dessins notamment, c'est toutefois le but qu'il a poursuivi dans les dernières années de sa vie, comme en témoignent ses 57 dessins du XVe et du XVIe siècle sur les 180 de l’École allemande que compte sa collection. L’École italienne est représentée par 320 feuilles et l’École hollandaise par plus de 800. Harzen a décrit toutes les estampes et tous les dessins de sa collection dans l'inventaire manuscrit mentionné ci-dessus. Les œuvres graphiques sont décrites par École, subdivisant estampes et dessins, et ensuite par artiste. Ces informations sont parfois complétées par des mentions sur la provenance et, plus généralement, sur l'état de conservation des œuvres, assorties de références bibliographiques. On peut ainsi facilement repérer que des dessins ont été acquis à Londres en provenance des collections de Thomas Lawrence (L.2445 et L.2446), William Esdaile (L.816 et L.2617), Thomas Dimsdale (L.2426), Samuel Woodburn (L.2584), François Fagel ou Nikolaus Kremer ; à Leipzig en provenance des collections de Richter, Winkler et Campe (L.1391) ; à Hambourg en provenance cette fois de Valentin Meyer (L.1551a), Peter Friedrich Röding et David Christopher Mettlerkamp ; à La Haye, de W.A. Verbrugge ; à Londres, de P.F.R. Robert-Dumesnil (L.2200) ; à Copenhague enfin, de Johann Conrad Spengler (L.1434).
Pour le portrait de Harzen peint par Christian Albrecht Jensen, daté 1820 (Copenhague, coll. part.) et dessiné par Johann Christoph Erhard en 1820 (Hamburger Kunsthalle), voir Reuther 2011, fig. 8 et 11.

VENTE
1864, 11 avril, Leipzig (R. Weigel), Catalog der Doubletten der Sammlung des verstorbenen Herrn E. Harzen in Hamburg, nebst mehreren anderen zum Theil hinterlassenen Sammlungen (…). 2889 nos, de Harzen les nos 1-409, estampes, et nos 410-426, dessins (Lugt Rép.  27831).

BIBLIOGRAPHIE
Hambourg 1999-2000 : Im Blickfeld. Die Jahre 1999/2000 in der Hamburger Kunsthalle, Hambourg, Hamburger Kunsthalle, 1999, pp. 27-28.
S. Reuther, ‘Georg Ernst Harzen und Hieronymus Klugkist. Händler, Sammler und Kunstfreunde in Hambourg und Bremen’, dans Brême 2000 : Rembrandt, oder nicht? Zeichnungen von Rembrandt und seinem Kreis aus den Hamburger und Bremer Kupferstichkabinetten, cat. d’A. Röver-Kann, Brême 2000, pp. 18-23.
S. Reuther, ‘« Zum allgemeinen Besten ». Die Sammlung Georg Ernst Harzen und Johann Matthias Commeter’, dans Hambourg 2001 : Private Schätze. Über das Sammeln von Kunst in Hamburg bis 1933, cat de U. Luckhardt et U.M. Schneede (dir), Hambourg, Hamburger Kunsthalle, 2001, pp. 26-29.
P. Prange, ‘Der Händler und Sammler Georg Ernst Harzen’, dans P. Prange, Deutsche Zeichnungen 1450-1800, Cologne-Weimar-Vienne 2009, vol. 1, pp. 2-6 (Die Sammlungen der Hamburger Kunsthalle. Kupferstichkabinett, Bd. 1).
Hambourg 2008-2009 : Von Leonardo bis Piranesi. Italienische Zeichnungen von 1450 bis 1800 aus dem Kupferstichkabinett der Hamburger Kunsthalle, cat. de D. Klemm, Hambourg, Hamburger Kunsthalle, 2008, pp. 7-9.
D. Klemm, Italienische Zeichnungen 1450-1800, Cologne-Weimar-Vienne 2009, vol. 1, pp. 1-3 (Die Sammlungen der Hamburger Kunsthalle. Kupferstichkabinett, Bd. 2).
A. Stefes, ‘Die Niederländische Zeichnungen im Kupferstichkabinett der Hamburger Kunsthalle’, dans A. Stefes, Niederländische Zeichnungen 1450-1850. Cologne-Weimar-Vienne 2011, vol. 1, pp. 1-10 (Die Sammlungen der Hamburger Kunsthalle. Kupferstichkabinett, Bd. 3).
S. Reuther, Georg Ernst Harzen. Kunsthändler, Sammer und Begründer der Hamburger Kunsthalle, Berlin-Munich 2011 (Forschungen zur Geschichte der Hamburger Kunsthalle, Bd. II).


Date de mise en ligne : février 2014.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia