numéro
L.1332
intitulé de la collection
His de La Salle, Aimé-Charles-Horace
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto
dimension 5.5 x 5.5 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1921
A. Ch. H. HIS De La SALLE (1795-1878), Paris. Dessins et estampes.
 
Aimé-Charles-Horace His de la Salle, était fils d'un littérateur distingué et d'une musicienne de grand talent, Mme Hélène de Nervo. Après sa sortie de l'école militaire, il entra aux gardes et suivit à Gand, en 1815, le roi Louis XVIII. En 1826 il quitta l'armée pour accompagner en Italie sa mère malade, qui y mourut. Bientôt nous le trouvons en rapports intimes avec des amateurs passionnés de l'art des maîtres anciens ; avec Lacaze et Reiset il poursuit énergiquement la recherche des belles œuvres d'art. Un autre ami, celui-ci camarade de collège, est le collectionneur le comte Thibaudeau ; son fils, Alph. W. Thibaudeau, fut aussi en relations avec la Salle et c'est dans au notices manuscrites que nous relevons : « La vie très simple de M. de la Salle s'est écoulée dans le calme de l'étude ; sa préoccupation constante était de voir et de comparer les chefs-d'œuvre de nos musées, tout en formant avec un rare discernement ses collections. Lieutenant aux gardes-du-corps, il s'éprend de Géricault ; amateur d'estampes, il forme cette collection qui comprend les gravures depuis Marc-Antoine jusqu'à Calamatta et Henriquel ; l'antiquité devient ensuite l'objet de sa prédilection ; il recherche les bronzes et les médailles, mais s'attache seulement à la pureté du style, sans tenir compte de la rareté des œuvres ». Après avoir formé sa magnifique collection d'estampes, il préfère les œuvres directes des maîtres, et la vend en 1856 (voir ci-dessous) pour n'acheter que des dessins. Il était avec Fréd. Reiset (le conservateur du Louvre qui vendit sa merveilleuse collection particulière au duc d'Aumale), presque le seul de son temps qui possédât, en France, cet art si difficile et si délicat de poursuivre le dessin rare et précieux. Tous deux s'attachaient à, la qualité plutôt qu'au nombre, et il en résulta deux collections qui étaient, selon le dire du marquis de Chennevières, les œuvres quasi fraternelles de deux amis d'un goût égal. Ephrussi jugeait leurs collections des résumés exquis et complets de ce que la dessin a produit de plus beau et de plus pur depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours. Le Louvre, dirigé par Reiset, ne tarda pas à profiter de cette liaison. Dès 1851 M. de la Salle céda au musée, à leur prix coûtant, et pour compléter la salle des maîtres français modernes, neuf beaux dessins de Prudh'on, Girodet, Gros et Géricault. En 1866, le Louvre reçut encore, comme don, une suite de 10 études pour les Sacrements du Poussin ; enfin quelques semaines avant sa mort de la Salle lui donna la plus grande partie de ses meilleurs dessins, 300 environ, savamment décrits et commentés par l'érudit Vte Both de Tauzia, le successeur de Reiset, dans un catalogue paru en 1881 ; ce catalogue contient une liste spéciale des marques des collections. Sur ce don magnifique voir encore Ch. Ephrussi, Les dessins de la collection His de la Salle, 1883 (d'abord paru dans la Gaz. d. Beaux-Arts 1882).
Malheureusement les dessins furent mal exposés au Louvre, dans deux corridors mesquins et étroits. Il y a d'excellents primitifs italiens, de beaux hollandais et flamands du XVIIe siècle, quelques allemands et de très beaux français. Une autre partie importante de ses dessins échut en même temps à l'Ecole des Beaux-Arts, d'autres encore à la Bibliothèque Nationale, aux musées de Dijon, de Lyon et ce d'Alençon. (Quant à ses médailles grecques et romaines et ses bronzes antiques la plupart avaient fait l'objet d'une vente publique dirigée par Hoffmann les 5-7 avril 1877.) L'amateur laissa encore une partie de ses collections à son amie Mme White, qui la vendit à Thibaudeau et Danlos pour 200.000 fr. Ceux-ci la revendirent à Mr. Edw. Smith jr. (L.2897) qui fit faillite trois semaines après, L'affaire fut annulée et les deux acheteurs firent passer en vente à Londres, les bronzes et médailles chez Sotheby le 22 novembre 1880 (£ 9709), les tableaux et dessins chez Christie le 27 nov. 1880 (99 nos dont 60 dessins). Un parent de M. de la Salle, Gonzalve de Perrigny, qui avait hérité d'une autre partie, la fit vendre à Paris en janvier 1881. Mme White mourut quelques années après et l'on fit en catimini une vente des quelques tableaux et dessins, bronzes, qu'elle avait conservés à titre de souvenir. Le tout se vendit pour rien. Personne ne connut la vente. M. de la Salle avait d'abord habité rue de Laval, puis rue de Milan, rue de Clichy, et enfin rue d'Amsterdam où il mourut. Les personnes qui l'ont connu louent unanimement sa bonté et sa générosité : « C'était un parfait type du vieux gentilhomme d'une politesse exquise, d'une antique droiture de caractère, aimant ou plutôt adorant ses objets d'art, insensible à toutes les offres essayées pour le tenter. » (Thib.).
Dès 1856 Thibaudeau établit, pour de la Salle, un petit cahier renfermant les calques de toutes les marques qui se trouvaient sur les dessins et estampes de sa collection, avec les noms des amateurs correspondants. Il fut le point de départ des nombreuses notices réunies par Thibaudeau sur ce sujet, notices qui ont rendu de précieux services dans la composition du présent ouvrage.
De ses deux marques, la grande [L.1332] est la plus ancienne ; la seconde [L.1333] fut faite sur le modèle de celle de Mariette.
 
VENTES :
I. 1856, 21-29 avril, Paris (expert Defer). Estampes anciennes de différentes écoles, vente faite sous les initiales H. de L. Cette collection, formée à l'aide de toutes les belles ventes qui avaient eu lieu depuis l'année 1825, reflétait l'histoire de l'art de la gravure pendant trois siècles (1500-1800).1208 nos. On y notait surtout Bonasone, Campagnola, Canaletto, les Carrache, Marc-Antoine (Ste Cécile 1350 fr.) ; comme maîtres des écoles du nord Dürer (Adam et Eve, coll. Bourduge, 760 fr.), Berchem, Bolswert, Bosse, van Dijck, (Cornelissen, 1r ét. 455 fr. et même prix pour son propre portrait), Ostade (Le Goûter, av. l. l., la bordure et nombre de travaux 500 fr.), Rembrandt (La petite Tombe 460 fr., le petit Coppenol, 2e ét. japon 500 fr.), Ruisdael (Les Voyageurs 980 fr.),Visscher, et comme français : Callot, de Leu, Edelinck, Claude Gellée, Ficquet, Lombart ; peu d'anglais. - Produit 53.840 fr.
 
II. 1881, 10 janvier, et 2 jours suivants, Paris (experts Danlos et Delisle). Estampes. Dans cette vente de 596 nos ressortaient quelques œuvres superbes d'artistes modernes, par exemple de Géricault, le plus beau connu après celui du baron de Triqueti, lithographies et l'unique eau-forte, 3250 fr., Delacroix, l'œuvre lithographié et gravé par et d'après Prud'hon 8350 fr., œuvre de Bonington 500 fr., œuvre de Gavarni, très beau mais incomplet, 2350 fr. (plus tard chez Destailleur, puis à Conquet), puis Charlet (la Bibliothèque Nationale avait déjà acquis à l'amiable les pièces qui. lui manquaient de l'œuvre singulièrement complet réuni par M. de la Salle), Jacque, Jacquemart, Millet, Raffet et Vernet, et comme anciens : Claude, Le Bouvier, 2e ét., 1650 fr., Jean Pesne, Portrait du- Poussin 850 fr. (au Cabinet des Estampes, Paris), Marc-Antoine, Orphée et Eurydice 1010 fr., La Poésie d'après Raphaël, 3550 fr. et quelques Rembrandt.
 
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia