numéro
L.1338
intitulé de la collection
Toulouse-Lautrec, Henri de
technique marque estampée, encre
couleur rouge
localisation recto
dimension 12.5 x 12.5 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1921
  • 1956
  • depuis 2010
H. de TOULOUSE-LAUTREC (1864-1901), peintre, dessinateur et lithographe, Paris. Sur ses propres lithographies.
 
Henri de Toulouse-Lautrec est issu d'une ancienne famille noble française. Son œuvre, toute d'ironie, de réalisme, parfois même de cynisme, reflète l'amertume ressentie par son âme d'artiste à se voir enfermée dans un corps contrefait. « Il verra dans la vie élégante de Paris ce que beaucoup de gens n'ont pas vu avant lui, le côté agité et fatigué, brillant et morne, voluptueux et grimaçant, et peu à peu il deviendra par la seule force de son observation et la volonté de peindre, un des historiographes les plus mordants de cet enfer qu'est le monde du plaisir. Aussi est-il assidu dans tous les lieux de fêtes, cirques, music-halls, bals publics, bars, champs de course, théâtres. » (A. Alexandre). Catalogue de son vaste œuvre lithographié par Loys Delteil dans son Peintre-graveur illustré, t. X et XI (1920). Beaucoup de ses estampes furent publiées vers 1895 par Gust. Pellet (L.1190).
 
H. de TOULOUSE-LAUTREC, Paris.
 
En 1929, sur l'initiative de Maurice Joyant, ami de l'artiste, fut fondée la Société des Amis du Musée d'Albi (Tarri), ville natale de Lautrec, institut qui possède un très riche ensemble de ses œuvres : peintures, dessins, lithographies. Citons, des nombreux ouvrages consacrés au maître, ceux de Joyant, en 2 volumes, Paris 1926-27 (avec catalogue de l'œuvre) et de Gotthard Jedlicka, Zurich, 1943.
 

HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC (Albi 1864-Château Malromé, Saint-André-du-Bois 1901), peintre, dessinateur et lithographe, Paris. Sur ses propres lithographies.

Toulouse-Lautrec réalise 351 lithographies entre 1891 et 1901. La Bibliothèque nationale de France conserve plus de 800 pièces de l’artiste. Le fonds entier de l’œuvre a été donné par sa mère en 1902 (371 lithographies originales avec différents états de planches, tirages successifs et suites complètes). Maurice Joyant fit un don en 1911 de sept pointes sèches à la Bibliothèque nationale ainsi qu’un don important au musée du Luxembourg à Paris, lequel rejoignit les collections de la Bibliothèque nationale en 1931 ; il s’agit de 192 œuvres de l’artiste : 172 lithographies, 18 affiches et deux photogravures.
Inauguré en 1922, le musée Toulouse-Lautrec d’Albi s’est constitué grâce aux œuvres choisies par Joyant et données par les parents de l’artiste. La Société des Amis du musée d’Albi a été créée par Joyant en 1929, aidé du Docteur Gabriel Tapié de Céleyran (cousin de Toulouse-Lautrec), et de Charles Bellet.
La collection Otto Gerstenberg (1848-1935), toujours en mains privées, contient l’œuvre quasi entier de Toulouse-Lautrec (sauf six estampes), ainsi que des tableaux et des dessins.
Nous n’avons encore jamais rencontré le cachet illustré par Lugt, mais nous savons que l’épaisseur du cercle de ce cachet est uniforme et que son diamètre est de 12,7 mm. Les initiales HTL touchent le cercle en épousant sa forme arrondie. À vrai dire, nous ignorons toujours la date à laquelle ce cachet a été créé, mais aussi à quel moment et dans quel but il a été apposé. Dans son catalogue raisonné des estampes de Toulouse-Lautrec, Wolfgang Wittrock ne fait aucune mention de notre cachet L.1338. Il existe en revanche deux versions fort ressemblantes à L.1338, l’une estampillée en orange-rouge et l’autre en rouge, dont il n’est pas établi qu’elles ont été apposées sur des tirages du temps de Toulouse-Lautrec (voir Optner 1996, fig. 258 et 259). Fait troublant : Arsène Bonafous-Murat (1935-2011) avait joint à son exemplaire du premier volume des Marques de collections, n1338, deux photocopies dont la première montrait le bon cachet avec l’inscription « exact » – lequel s’avère être en fait le cachet utilisé par Joyant (L.5894) –, et la seconde avec l’inscription un « faux » qui ressemble au cachet reproduit par Lugt (archives Fondation Custodia) ! Pour l’heure c’est tout ce que nous pouvons dire à propos de L.1338, dont le statut mérite une enquête approfondie qui reste à entreprendre.
S’agissant du cachet utilisé par Maurice Joyant (1864-1930) pour marquer en orange-rouge quelques éditions contemporaines de la vie de l’artiste, puis en rouge pour marquer les lithographies non signées qui se trouvaient dans l’atelier après le décès de l’artiste, voir L.5894.

BIBLIOGRAPHIE
M. Joyant, Henri de Toulouse-Lautrec 1864-1901. Peintre, Paris 1926.
J. Adhémar, Toulouse-Lautrec. Lithographies, Pointes sèches, Œuvre complet, Paris 1965. M. G. Dortu, Toulouse-Lautrec et son œuvre, 6 vol., New York, 1971.
W. Wittrock, Toulouse-Lautrec. Catalogue complet des estampes, 2 vol., Paris 1985 (ou trad. anglaise Toulouse-Lautrec. The Complete Prints, 2 vol., Londres 1985).
Londres 1988 : Toulouse-Lautrec. The Complet Graphic Works. A catalogue raisonné, The Gerstenberg collection, cat. de G. Adriani, Royal Academy, Londres 1988.
Paris 1991 : Les Lautrec de Lautrec. Les Estampes et les Affiches de La Bibliothèque nationale, cat. Paris, Bibliothèque nationale, 1991.
S.L. Optner, ‘Toulouse-Lautrec’s two stamps’, Print Quarterly, XIII, 1996, 4, pp. 411-412.
Albi 2014 : Toulouse-Lautrec, Maurice Joyant : l’ami, le collectionneur, cat. de D. Devynck, Albi, musée Toulouse-Lautrec, 2014.


Date de mise en ligne : février 2022.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia