numéro
L.1386
intitulé de la collection
Walpole, Horace
technique marque écrite, crayon, encre
couleur
localisation verso
dimension
  • 1921
  • 1956
H. WALPOLE , Earl of Orford (1717-1797), auteur et amateur, Londres et Strawberry-Hill, Twickenham. Estampes et dessins.
 
Horace (exactement Horatio) Walpole était le 3e fils du fameux ministre anglais Robert Walpole, Earl of Orford, connu dans l'histoire de l'art par sa magnifique galerie de tableaux du Houghton Castle [corr. suppl. 1956 : Houghton Hall]. Peu soucieux de la carrière politique qui lui aurait été facilement ouverte, il partit en 1737 pour l'Italie et continua de là son tour d'Europe. Il fut reçu dans toutes les cours et chez tous les princes. De retour en Angleterre, il fut élu membre du parlement, auquel il appartint jusqu'en 1767, mais sans jamais y occuper une place marquante. Horace Walpole était remarquablement doué, mais l'influence de la vie de la société de Paris, où il venait souvent (relations avec Mme du Deffand), fit de lui un homme maniéré, un bel esprit et un caractère capricieux. Il a pourtant laissé des ouvrages très importants en littérature et en recherches historiques. Ses Anecdotes of Painters, tirées du manuscrit de Vertue qu'il augmenta, forment une base pour l'histoire de l'art en Angleterre. Il a écrit quelques romans et drames, et son intéressante Correspondance nous fait entrevoir le parfait causeur qu'il était. « La conversation fut un empire où il régna sans rivaux pendant un demi-siècle ». Dans son AEdes Walpolianoe il a donné la description du château de son père et des trésors d'art qu'il contenait, trésors qui furent dispersés par son neveu, héritier du titre de Lord Orford (H. Walpole n'hérita de ce titre qu'en 1791), d'abord dans une vente à l'amiable à Catherine de Russie des plus beaux tableaux au prix de £ 36.000. Il en pleura, et résolut de se faire lui-même une autre collection. En 1747 il acquit donc Strawberry-Hill, près de Twickenham, l'agrandit en 1753, en 1760 et en 1761, et y installa, guidé par un goût des plus universels et par une curiosité sans égale, une singulière richesse d'objets d'art de tout genre : tableaux, sculptures antiques, bronzes, livres, manuscrits (il sauva de la destruction quantité de documents précieux), portraits, estampes, miniatures, émaux, tabatières, porcelaines, monnaies et médailles, etc. Malheureusement ses préférences allaient trop au bizarre, et son enthousiasme pour le futile y fit entrer mainte insignifiante curiosité sans valeur artistique (Voir le compte rendu de W. Harrison Ainsworth dans le Cabinet de l'Amateur I p. 442). Toujours à la chasse de nouvelles découvertes, il passait le reste de son temps au milieu de ses collections. Il installa même dans sa demeure une presse et publia la Description de sa collection (1774, nouvelle édition augmentée en 1784). Strawberry Hill devint un lieu de pèlerinage de la société et des étrangers, mais son existence ne devait pas être plus durable que celle de la galerie de son père. Walpole prévoyait bien ce sort ; aussi écrivit-il dans une Apologie : « Far from such visions of self-love, the account of the pictures and rarities is given with a view to their future dispersion. The several purchasers will find a history of their purchases, nor do virtuosos dislike to refer to such a catalogue for an authentic certificate of their curiosities ». A sa mort il légua sa résidence à une femme-artiste, Mme Anne Damer († 1828), sous condition de n'en disposer qu'en faveur de Lady Waldegrave. Un possesseur suivant, George Earl of Waldegrave, prit la résolution de livrer tout aux enchères publiques. (Vente 25 avril-21 mai 1842). De la collection d'estampes, qui avait été classée par Thomas Dodd (voir L.680), une partie, qui ne trouva pas acquéreur dans cette première vente, se retrouve dans la deuxième vente des 13 juin et 9 jours suivants.
Walpole n'avait pas l'habitude de marquer régulièrement ses estampes et dessins, mais quelquefois il les annotait au verso de mentions manuscrites ou de ses initiales (voir ci-contre).
 
VENTES :
I. 1842, 25 avril-21 mai, à Strawberry-Hill même (direction George Robins). Tous les trésors d'art indiqués ci-dessus. Parmi les dessins on notait spécialement un album de dessins de Callot et un très précieux recueil de 45 portraits par Clouet, acquis par Walpole à la vente Mariette en 1775 au prix de 142 livres, qui fit £ 63 (aujourd'hui chez Lord Derby). Dans les estampes on remarquait un œuvre de Hollar, 909 ff. £ 86 17s. 6d., mais les portraits en étaient réservée pour la série spéciale de portraits gravés, cataloguée sous 3 nos, et qui, mise sur table en un seul lot, ne trouva pas preneur.
 
II. 1842, 13 juin et 9 jours suivants, Londres (chez G. Robins). Estampes, recueils, livres illustrés et sur les beaux-arts. 1331 nos. L'importante collection de portraits anglais occupa les 6 premiers jours de vente ; elle comportait 900 nos qui réalisèrent £ 1684 7s. 6d. Pour cette section, les principales enchères furent : « Henry VIII with his family » par W. Rogers, vers 1585, £ 22 1s. (au British Museum), « James 1st and Prince Charles » par G. de Passe £ 13 2s. 6d., « Sir T. Chaloner », par Hollar d'après Holbein £ 11 11s., et de W. Faithorne : « Barbara, Countess of Castlemains » £ 19 19s., « Charles II when Prince » £ 13 2s. 6d., « Sir Francis Englefield » £ 31 10s. (ces deux derniers au British Museum), une collection de 470 portraits de peintres et graveurs anglais, dessinée ou gravés, formée par Vertue et Walpole, £ 61 19s. Citons encore des portraits de F. Hogenberg, R. Elstracke, F. Delaram, les de Passe, R. Vaughan, W. Marshall, et un important ensemble de portraits du règne de George III, d'après Reynolds, Gainsborough, Cosway et autres peintres de l'époque. Dans les estampes diverses des œuvres de Schongauer, A. Dürer, I. van Meckenen, etc., et parmi les maîtres moins anciens. Hogarth ( « The industrious and idle apprentices », suite des 12 pl. en 1r ét. avec les dessins originaux £ 111 6s.), Vertue (ses œuvres £ 44 2s., une série de ses dessins £ 31 10s., et tous ses manuscrits), le « Liber Veritatis » par Earlom (£ 18 7s. 6d.), des gravures de reproduction d'après les grands maîtres. Une collection de dessins en feuilles, par Rubens, Cangiagio, Claude Gellée, Rembrandt, S. Rosa, etc., « formerly collected by one of the monarchs of Spain », obtint £ 126. Parmi les recueils, livres illustrés, ouvrages et manuscrits relatifs aux beaux-arts, on remarquait les « Marlborough Gems » £ 59 6s., et une série de catalogue de ventes (2 nos) achetée £ 52 10s. par Wm. Smith, pour Sheepshanks. Produit £ 3837 15s. 6d.
 
H. WALPOLE , Strawberry Hill.
 
Depuis 1921 plusieurs publications sur Walpole ont vu le jour. La plus importante est la nouvelle édition de ses lettres, soignée par W. S. Lewis (de Farmington, Connecticut) avec le souci de ne rien omettre : The Yale Edition of Horace Walpole's Correspondence, prévue en 50 volumes dont 19 ont paru depuis 1937. Pour les autres ouvrages nous pouvons nous contenter de renvoyer à la Bibliography of Horace Walpole par A. T. Hazen, 1948. Rectifions dans le texte de notre volume principal [1921] : le château de son père s'appelait Houghton Hall (et non Castle) ; Walpole entreprit son « grand tour » en 1739 et non en 1737 ; son activité au Parlement avait tout de même une certaine importance. L'album Callot se trouve maintenant dans la collection Rosenwald à la National Gallery de Washington.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia