numéro
L.1441
intitulé de la collection
Duval le Camus, Jules-Alexandre
technique marque estampée, encre
couleur bleu, noir
localisation recto
dimension 3 x 5 mm (h x l)
  • 1921
  • depuis 2010
J. A. DUVAL le CAMUS (1814-1878), peintre, Paris. Dessins.
 
Jules-Alexandre Duval Le Camus fut élève de son père, le peintre Pierre Duval Le Camus, de Delaroche, et de Drolling. Salons de 1840 à 1867. Il exécuta beaucoup de tableaux à sujets religieux ; quelques peintures de ce genre se trouvent dans des églises de son pays. Fit aussi des portraits et des sujets de genre. Il doit avoir collectionné les dessins.
 

JULES-ALEXANDRE DUVAL LE CAMUS (Paris 1814-Saint-Cloud 1878), peintre, Paris. Dessins.

En 1921, Frits Lugt avait incomplètement reproduit la marque composée des initiales J et D dans un ovale, en omettant le point séparant les initiales. Il l’avait en fait associée au peintre Jules-Alexandre Duval Le Camus, sans plus de précisions. C’est certainement grâce au marquis Philippe de Chennevières (L.2072) que Lugt dut faire le rapprochement entre cette marque et le peintre d’histoire et de sujets religieux.
Chennevières, dans Une collection de dessins d’artistes français, description d’une partie de sa collection publiée dans la revue LArtiste entre août 1894 et décembre 1897, mentionne au chapitre XIV, un dessin de Claude Vignon, l’Adoration des Mages, en rappelant qu’il provient des « Coll. Kaïeman et J. Duval Le Camus ». Ce dessin, qui sera ensuite proposé dans la vente après décès du marquis, du 4 au 7 avril 1900, sous le numéro 507, porte bien la petite marque composée des deux initiales J et D, en bas à droite, et se trouve aujourd’hui conservé à la Pierpont Morgan Library de New York (inv. 1985.21). Toujours par échange, Chennevières avait obtenu le 20 septembre 1861 de J. Duval Le Camus, quatre des douze dessins d’Abel de Pujol, pour les Apôtres de l’église Saint-Vaast à Arras « contre un dessin de Deshays et deux de Denon ». Le dessin du Saint Thomas qui porte la longue inscription de Chennevières relatant cet échange, à présent conservé au Metropolitan Museum of Art de New York (inv. 1991.461.3), ne présente pas de marque, au contraire d’un autre dessin de la même série, le Saint Philippe, qui, lui, est entré à l’Ashmolean Museum d’Oxford (inv. WA 1990.89).
Jules-Alexandre Duval Le Camus décède le 23 juin 1878 et il est inhumé au cimetière de Garches.
Sa collection est dispersée le jeudi 9 janvier 1879 à Paris. La vente est faite à la requête de Madame Berthe Bathilde Duval Le Camus, son unique héritière, et de son époux, Georges Victor Antoine Gratet, dit Gratet-Duplessis (1834-1899), conservateur, sous-directeur adjoint à la Bibliothèque nationale selon la décharge de la vente (archives de la Fondation Custodia, communiquée par D. Calando). Elle précise que Duval Le Camus est décédé « rue du Cherche-Midi, 17 », ce qui n’est pas exact puisqu’il est, selon le faire-part de décès, mort 2 rue d’Orléans, à Saint-Cloud.
Le catalogue de vente ne comporte qu’une seule page de titre qui nous informe sur le contenu de la vente (voir ci-dessous). La décharge de la vente est peu précise : les lots sont très sommairement décrits, et aucune attribution n’est donnée pour les dessins. Il semble que cette vente proposait plus de 800 feuilles. Les principaux acheteurs sont Beurnonville, Calando, Hocquet, Jacquemart, Rapilly,… etc.
Dès 1882, des pièces portant sa marque entrent dans des collections publiques. Ainsi, le musée des Beaux-Arts de Lille conserve-t-il aujourd’hui six dessins de sa collection : le premier y est entré grâce au legs de Camille Benoist en 1882 (inv. Pl. 707 comme Anonyme génois du XVIe siècle), les trois suivants ont fait l’objet d'un legs d’Auguste Dubrunfaut en 1883 (inv. Pl. 716 comme G. Cortese ; inv. Pl. 349 comme attribué à Ch. M.-A. Challe ; inv. Pl. 1910 comme Anonyme français du XVIIe siècle), le cinquième a été acquis à la vente du baron de Beurnonville en 1885 (inv. Pl. 712 comme attribué ou d’après Battista Franco) et le sixième, enfin, est entré à une date inconnue avant 1899 (inv. Pl. 710 comme Anonyme italien du XVIIIe siècle). En 1893, l’École des Beaux-Arts de Paris a reçu par legs de Queux de Saint-Hilaire un dessin exécuté à la manière de H. Swanevelt (inv. 24290).
Nous avons rassemblé à ce jour 177 dessins de toutes Écoles dans différentes collections publiques et privées, ainsi que dans le commerce d’art, portant cette marque. Quarante-cinq pour cent d’entre eux sont français, et dans cet ensemble, on relève notamment le Triomphe d’Amphitrite de G.-F. Doyen, première pensée pour le tableau de la salle à manger du petit Trianon (Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts, inv. PM 254), et Daphnis et Chloé de Girodet (Paris, musée du Louvre, inv. RF 34532). Les feuilles italiennes sont un peu moins nombreuses : trente-deux pour cent de la collection, telle que nous la connaissons. Parmi ceux-ci on distingue Orphée charmant les animaux de Giuseppe Cadès (Paris, musée du Louvre, inv. RF 34511), la Statue de Marc-Aurèle au Capitole de Luca Giordano (Grenoble, musée, inv. MG D. 2680), L’Astronomie de Primatice (Cambridge, Harvard Art Museums, Fogg Museum, inv. 1959.160) et l’Homme drapé debout de Matteo Rosselli (Washington, National Gallery of Art, inv. 1991.150.59). Enfin, parmi les témoignages des Écoles du Nord, vingt pour cent de la collection à ce jour, on remarque le dessin d’une Scène de prêche de l’énigmatique Monogrammiste de Brunswick, parfois identifié à Jan van Amstel (Paris, Fondation Custodia, inv. 1976-T.7), ou encore une Annonciation d’Abraham Bloemaert (Londres, British Museum, inv. 1969,0620.33). Trois dessins anonymes de l’École espagnole complètent cet ensemble (vente 1968, 22 octobre, Paris, Couturier et Nicolay, no 33 ; vente 1986, 6 mars, Paris, Ader-Picard-Tajan, no 25 ; vente 2004, 16 juin, Paris, Piasa, no 37).
Jules-Alexandre avait par ailleurs probablement entrepris de réunir un fonds d’autographes de peintres : la Fondation Custodia à Paris conserve un ensemble de 67 lettres adressées à son père et des lettres autographes d’artistes, rangées dans des chemises estampées « Autographes | J. Duval Le Camus | 17 rue du Cherche-Midi ».

VENTE
1879, 9 janvier, Paris, c-pr. M. Delestre, experts Danlos et Delisle. Vente après décès de M.***, artiste peintre d’une nombreuse collection de dessins anciens et modernes des Écoles allemande, française, flamande, hollandaise et italienne. Tableau ancien de l’École allemande du XVIe siècle. Études peintes par Blanchard, L Cogniet, Couture, Paul Delaroche, Girardet, Pils, Eug. Deveria, etc. Livres à figures, dont Le Charivari, La Normandie pittoresque, Paris dans sa splendeur, Herculanum et Pompéi, La Bible de Schnorr, etc. Meubles à portefeuilles, chevalet, toiles & objets d’ateliers. (131 lots ; produit : 3 352, 50 francs, selon la décharge de la vente).

BIBLIOGRAPHIE
L. Lhinares, ‘La collection de dessins de Jules-Alexandre Duval Le Camus’ et ‘Essai de répertoire’, dans Saint-Cloud 2010 : Les Duval Le Camus, peintres de père en fils, cat. sous la dir. d’E. Le Bail, Saint-Cloud, musée des Avelines, 2010, pp. 93-101, 116-117.


Date de mise en ligne : août 2010 ; dernière mise à jour : août 2018.

 

 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia