numéro
L.1488
intitulé de la collection
Mariette, Jean
technique marque écrite, encre
couleur
localisation verso
dimension
2 renvois  
  • 1921
  • 1956
J. MARIETTE (1660-1742), graveur, imprimeur, libraire et marchand d'estampes, Paris.
 
Jean Mariette était fils de Pierre Mariette II (voir L.1787). Son père avait l'ambition d'en faire un peintre et le mit en apprentissage chez son beau-fils J. B. Corneille, pour le dessin. Mais - « je lui ai toujours ouï dire que c'était pour son malheur », écrivit plus tard son fils Pierre-Jean (L.1852). Le Brun lui donna le bon conseil de se borner à l'art de son père et de son grand-père, c'est-à-dire à la gravure. Tout en continuant leur commerce, rue St. Jacques, il trouva assez de loisirs pour produire un œuvre gravé de 860 pièces (sujets d'histoire sacrée et profane, de la Fable, paysages, ornements et titres de livres, portraits, principes de dessin d'après différents maîtres), que nous trouverons au complet sous le L.959 du catalogue de la célèbre vente de son fils, Pierre-Jean Mariette. Celui-ci, dans son Abecedario t. III p. 264-265 consacre à son père une note discrète qu'il termine ainsi : « Que s'il étoit permis à un fils de parler avantageusement de son père, sans pouvoir être soupçonné de trop de complaisance, l'on ne craindroit point d'assurer qu'il y a eu peu de personnes qui ayent possédé une connoissance plus parfaitte des estampes, et qui, ayant mieux sceu discerner les différentes manières des maîtres et en faire une judicieuse application, comme il ne s'en trouvera guere qui ayent eu l'avantage de servir d'aussy grands princes et avec autant de distinction ». Jean Mariette, dont les traits nous furent conservés par le portrait peint par Pesne en 1723, aujourd'hui au Musée Carnavalet (gravé par Daullé), épousa en 1693 Claude-Geneviève, fille de J. B. Coignard, libraire et imprimeur.
Suivant la notice de Delatour, le successeur de son fils P. J. Mariette, citée par Lady Dilke (French Engravers etc., p. 174), c'est lui qui fit rebâtir à neuf la maison de la rue St. Jacques, précédemment composée de trois bâtiments. Son titre de libraire date seulement de 1702. Lorsqu'il mourut, au même âge que son père, 82 ans, il laissa aux pauvres 10.000 livres, somme augmentée encore de 2000 livres sept années plus tard, au décès de sa veuve. Ces libéralités attestent que son commerce lui permit d'arrondir sensiblement la fortune familiale. Il fut certainement un marchand des plus actifs, sa clientèle était des plus belles, même à l'étranger. Ne fut-il pas le fournisseur attitré du prince Eugène de Savoie, de Vienne ? C'est continuellement qu'on s'adressait à lui, comme le meilleur connaisseur de son époque. En même temps chaud collectionneur de belles estampes, il recherchait plus particulièrement Marc-Antoine, Hollar et Callot. La correspondance de la comtesse de Pomfret, de 1729 (Hertford and Pomfret Correspondance, 1806, vol. I pp. 83 et 94) nous apprend qu'il ne vendait que ses doubles. Il prenait grand intérêt aux portraits et son fils l'aida avec zèle à compléter la riche série qu'il en avait réunie.
Jean Mariette n'avait pas, à proprement dire, comme son père, l'habitude de signer les épreuves qui passèrent par ses mains. Nous ne saurions même garantir que les initiales reproduites ci-contre, que Fagan lui attribue, sont réellement de son écriture. La date paraît aussi bien reculée.
 
J. MARIETTE, Paris.
 
Notre volume principal [1921] dit déjà qu'il n'est pas tellement sûr que la marque reproduite au L.1488 soit vraiment celle de Jean Mariette. Nous l'avons rencontrée sur une estampe de Rembrandt (B. 90I), accompagnée d'une annotation en anglais ; il pourrait donc s'agir d'un amateur anglais de la seconde partie du XVIIe siècle. Par contre le paraphe qui pourrait vraiment appartenir à Jean Mariette est celui que nous donnons au L.1489a. Voir sa signature complète au L.1786a.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia