numéro
L.1606
intitulé de la collection
Kupferstichkabinett, Staatlichen Museen zu Berlin
technique marque estampée, encre
couleur brun, noir
localisation verso
dimension 30 x 25 mm (h x l)
21 renvois  
  • 1921
  • 1956
KUPFERSTICHKABINETT der STAATLICHEN MUSEEN  (Cabinet des Estampes des Musées de l'Etat), Berlin. Estampes et dessins.
 
Le Cabinet de Berlin, bien qu'aujourd'hui un des plus importants de l'Europe, est d'origine comparativement récente. Il manquait à Berlin les riches bases royales ou publiques telles que Paris, Vienne et Londres en possédaient déjà au commencement du XVIIIe siècle. L'initiative de la formation du Cabinet est due à l'éminent Wilhelm von Humboldt, qui écrivit dès 1830 au roi Friedrich Wilhelm III (1797-1840) qu'il jugeait les estampes et les dessins indispensables dans l'étude des arts, étude que les musées nouvellement créés tâchaient alors de propager. Jusqu'à cette année-là le musée ne posséda rien en estampes et dessins, et ce que le roi avait réuni en cette matière était conservé à l'Académie des Beaux-Arts. Au commencement de l'année suivante on procéda à la réalisation du projet. Comme base du Cabinet on choisit : 1° la collection d'estampes formée par le baron von Derschau (L.2510), acquise dès 1817 sur les instances de von Nagler, 2° la collection de 480 dessins, principalement de maîtres allemands du XVIe siècle, formée par le roi Friedrich Wilhelm I (1713-1740, voir L.1631), 3° les collections du comte Corneillan (L.459),du comte Lepell (L.1672) et les dessins du professeur Weitsch, 4° la riche collection formée par le « Generalpostmeister » K. F. F. von Nagler (L.2529). La seconde des collections susdites fut inventoriée au Cabinet en juin 1831,la collection von Derschau y est probablement entrée vers la même époque, mais ce n'est qu'en 1835 que l'achat de la collection von Nagler fut conclu et que les collections mentionnées au n° 3 furent transférées de l'Académie au Musée.
Ce noyau, déjà très important, fut augmenté de divers achats dans les années suivantes. Ainsi, en 1844, on acquit de F. G. Becker à Gotha la remarquable collection de bois gravés réunie par le baron von Derschau (L.2510), puis dans la même année la collection de 9778 dessins, principalement italiens, formée par Pacetti à Rome (L.2057),et 89 estampes et 116dessins de la succession de Blenz (L.264). En 1849 on trouve l'achat de 138 nos, de la vente Rumohr à Dresde (L.2160), et un nombre restreint de feuilles de la collection du comte Ross (L.2693). Le Cabinet obtint aussi des estampes de la collection von Altenstein (L.8) et d'une collection Biel (ou plutôt le « Geheimer Oberrevisions-Rat » Liel ?). En 1856 c'est l'achat de la nombreuse collection von Radowitz (L.2125) et en 1861 l'œuvre de Rembrandt réuni par A. G. Thiermann (L.2434). L'installation insuffisante dans le « Altes Museum », puis au Château de Monbijou, fut considérablement améliorée en 1848 par le transfert au « Neues Museum » où le Cabinet se trouve encore aujourd'hui. Après cette époque l'attention est allée, plus qu'auparavant, aux dessins, mais ce n'est qu'en 1902, par l'acquisition des célèbres portefeuilles formés par M. A. von Beckerath (L.2504), que cette section atteint son importance actuelle. A mesure que le cabinet commençait à disposer d'un budget régulier, nombre d'achats partiels furent faits dans les ventes publiques et aux marchands. C'est ainsi qu'on acquit à la vente Brentano, en 1870, plusieurs feuilles des premiers maîtres allemands et de Marc-Antoine, à la vente Mecklenburg, en 1872, de beaux hollandais, aux ventes Durazzo, en 1872 et 1873, les italiens du XVe siècle, qui n'étaient jusque-là qu'imparfaitement représentés, en 1874 des dessins des collections Suermondt (L.415) et Hausmann (L.377), et diverses ff. à la vente Galichon en 1876. Lorsqu'en 1876 Friedrich Lippmann reçut le soin de la direction du Cabinet, un de ses premiers actes fut, en 1877, l'acquisition en bloc, à M. Hulot, de la collection de gravures et de dessins de Dürer formée par Posonyi (L.2040). Ces différentes acquisitions ont ainsi porté le nombre des feuilles actuellement conservées au Cabinet à environ 300.000 pour les estampes et 30.000 pour les dessins. Comme don il faut mentionner encore les illustrations françaises du XVIIIe siècle, reçues de la veuve du professeur Karl Bernstein.
Lippmann avait eu comme prédécesseurs Schorn (de 1831-1857) et Hotho (de 1860-1873). Adjoints : Weiss (1860-1877), Wessely (1877-1878), von Seidlitz, Schmarsow (1878-1879) et Janitsch. Mais, de tous, c'est le dévoué et zélé Lippmann qui a fait le plus pour le Cabinet. Pour des détails sur sa personne nous renvoyons au Jahrbuch der Kgl. Preuss. Kunstsammlungen 1904 p. III. On le connaît du reste par des publications monumentales telles que celle des dessins de Dürer, commencée en 1883, celle des dessins de Rembrandt, qu'il commença en collaboration avec quelques autres spécialistes en 1888 et qui fut continuée par le docteur Hofstede de Groot, sa part dans les éditions de la « Société internationale chalcographique », puis par son édition des dessins de Botticelli, pour la Divina Commedia de Dante, acquis, pour le Cabinet de Berlin, en 1882, avec d'autres manuscrits illustrés de l'ancienne collection du duc de Hamilton (1887), par la série de reproductions des plus beaux dessins du Cabinet, commencée en 1902, par son opuscule Der Kupferstich 1893, et ses ouvrages sur la gravure sur bois, etc. Décédé en 1903, il eut pour successeur d'abord le professeur Max Lehrs de Dresde, jusqu'en 1907, puis le docteur Max J. Friedländer, l'excellent connaisseur qui sait concilier ces fonctions avec la direction du Kaiser-Friedrich-Museum. Comme complément à la publication de Lippmann, « Geheimrat » Friedländer publia en 1917 Der Holzschnitt et en 1921 Die Radierung. En 1919 suivit son grand ouvrage sur les estampes de Dürer, et en 1921 il commença la publication d'un inventaire des dessins sous le titre Die Zeichnungen alter Meister im Berliner Kupferstichkabinett (vol. I et II, les maîtres allemands, en collaboration avec E. Bock). Ces directeurs ont été secondés par d'érudits spécialistes tels que V. von Loga († 1918), Jaro Springer († 1915), Dr. Elfr. Bock († 1919) [corr. suppl. 1956 : † 1933]. - Voir encore : J. E. Wessely, Die Kupferstichsammlung der Kön. Museen in Berlin 1875, F. Lippmann et W. von Seidlitz, Geschichte der Kön. Museen Berlin (Festschrift 1880 p. 93 et suivantes), V. von Loga, Ordnung und Katalogisierung eines KupferstichKabinetts 1910. Les acquisitions nouvelles sont régulièrement publiées dans les Amtliche Berichten ans den Kgl. Kunstsammlungen (appelées Berliner Museen oct. 1919).
C'est en 1920 que, dans le titre du Cabinet, le qualificatif « Königlich » fut transformé en « Staatlich ».
Les marques ci-contre [L.1606 à L.1612] sont reproduites dans leur ordre chronologique ; entre les numéros L.1606 et L.1607 on s'est encore servi des marques reproduites aux L.1632 et L.1633. Actuellement on emploie seulement les L.1609, L.1610 et L.1634. Les millésimes des cachets L.1607 et L.1610 sont à chiffres mobiles et les numéros d'inventaire sont inscrits dans les ovales, au-dessus des millésimes. - La marque L.1611 a été employée pour la collection de portraits transférée de la Bibliothèque Royale au Cabinet des Estampes ; les initiales B S signifient « Bildnis-Sammlung » et l'initiale, variable, qui figure en dessous des lettres B S indique le propriétaire précédent, à savoir Floss (F), Goerke (G), Hommel-Diemer (H), Krasicki (K), Moehsen (M), Oesfeld (Oe) et Ziesche (Z). L signifie Libri pictorum (portraits de peintres) et V Varia (Portraits de diverses provenances). Ce même cachet a été employé pour les dessins de la collection von Beckerath (L.2504) en y introduisant le monogramme vB avec le numéro d'inventaire et l'année d'achat.
Pour les marques des doubles voir aux L.2398, L.2482 et L.2922. Deux marques des plus anciennes aux L.1631 et L.1620.
 
VENTES :
I. 1871, 30 octobre-9 novembre, Berlin (direction R. Lepke). Doubles. 1re partie. Catalogue par J. E. Wessely. 1949 nos. Principalement les peintres-graveurs des écoles allemande, italienne et néerlandaise. Nombre de feuilles rares et remarquables, et de Rembrandt seul 582 nos. - Produit 50.000 M. environ.
 
II. 1873, 6-11 novembre, Berlin (même direction). Doubles, 2e partie, principalement les plus anciens graveurs allemands et les maîtres hollandais et français et quelques italiens. 1138 nos.
 
III. 1885, 30 novembre et jours suivants, Berlin (direction Amsler & Ruthardt). Doubles de Chodowiecki. 758 nos. - Produit 3700 M. environ.
 
IV. 1886, 1 mars, Berlin (même direction). Doubles, estampes de différentes écoles, vente combinée avec celle de la collection Retberg. Belles feuilles de Aldegrever, Schongauer, Dürer, Cranach, Rembrandt, Morghen. - Produit 45.000 M. environ.
 
V. 1890, 24 novembre et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles de diverses écoles.
 
VI. 1894, 26 février et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles, vente combinée avec celle des collections Smidt et Storck.
 
VII. 1896, 20 avril et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles.
 
VIII. 1899, 6 mars et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles.
 
IX. 1903. 4 mai et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles. - Dans une vente du 10 juin 1902 étaient passés les doubles de l'école de Rubens.
 
X. 1904, 22 mars et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles, combinée avec la vente de doubles de Brême ; la provenance n'était pas indiquée au catalogue.
 
XI. 1906, 15 mai et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles.
 
XII. 1909, 22-26 novembre, Berlin (même direction). Doubles.
 
XIII. 1910, 26 avril et jours suivants, Berlin (même direction). Doubles.
 
XIV. 1914, 25-29 mai, Berlin (même direction). Doubles.
 
XV. 1920, 6 avril Berlin (même direction). Doubles. Surtout des maîtres du XIXe siècle : œuvres de Menzel, Schadow, et Daumier, qui furent très bien payées, puis des pièces de Fr. Krüger, Th. Hosemann, des portraits et pièces historiques relatifs à la Prusse. - Produit dépassant 100.000 M.
 
XVI. 1921, 23-28 mai, Berlin (même direction). Doubles, notamment des eaux-fortes de Rembrandt et des pièces du XVIIIe siècle.
 
KUPFERSTICHKABINETT der STAATLICHEN MUSEEN, Berlin.
 
De nombreuses publications, catalogues, études, etc., ont vu le jour depuis 1921, année de publication de notre volume principal. Citons seulement : Elfried Bock, Die Zeichnungen alter Meister im Kupferstichkabinett [Berlin], tomes I-II Die deutschen Meister, Berlin 1921 ; le même et Jakob Rosenberg, tomes III-IV Die niederländischen Meister, Berlin 1930 ; Frits Lugt, Beiträge zu dem Katalog der niederländischen Handzeichnungen in Berlin, publiés dans le Jahrbuch der preussischen Kunstsammlungen, LII (1931) pp. 36-80 ; Paul Wescher, Beschreibendes Verzeichnis der Miniaturen, Handschriften und Einzelblätter des Kupferstichkabinetts, Leipzig 1931 ; puis six fascicules, parus de 1947 à 1949 : F. Winkler, Altdeutsche Zeichnungen, Hans Möhle, Deutsche Zeichnungen des 17. und 18. Jahrhunderts, Günter Arnolds, Französische Zeichnungen, Hans Möhle, Niederländische Zeichnungen, F. Winkler, Vlämische Zeichnungen, Günter Arnolds, Italienische Zeichnungen. Pour finir citons l'étude de Helma Konow, 'Eine Zeichnungssammlung aus dem Besitz Matthäus Merian des Jüngeren, ein Beitrag zur Geschichte des Berliner Kupferstichkabinetts', dans Berliner Museen 1940, pp. 58-63.
Comme nouvelles acquisitions depuis 1921 il faut citer en premier lieu l'achat des six fameux dessins de Grünewald provenant de la collection Savigny, publiés par Max J. Friedländer (Berlin 1926). Puis vers 1939, soixante dessins anciens allemands provenant de la collection Ehlers, dont deux feuilles de Grünewald (Ange se lamentant et Saint-Antoine, étude pour le retable d'Isenheim), Hans Holbein le vieux, Dürer (Héron mort), Altdorfer, Huber, etc. Voir sur ces feuilles l'étude illustrée parue dans Pantheon, XXIII (1939) pp. 57-62 et F. Winkler, Altdeutsche Meisterzeichnungen der Sammlung Ehlers im Berliner Kupferstichkabinett, Berlin 1939. Signalons aussi trois dessins de Dürer, provenant de la collection Hausmann-Blasius à Brunswick.
Par suite d'accidents de guerre le cabinet perdit les estampes des graveurs des Pays-Bas non mentionnées dans les ouvrages de Bartsch et Passavant. C'est ainsi que les gravures d'après Rubens, et les estampes de W. Buytewech, Esaias van de Velde e. a. ont péri. Les feuilles de grandes dimensions comme les eaux-fortes de Canaletto, les bois en camaïeu de Jackson et les estampes en manière noire de l'école anglaise ont toutes péri par le feu, ainsi que les estampes encadrées dans les diverses salles du Cabinet des Estampes. Une partie des gravures, dont on n'a pas encore dressé l'inventaire, fut séquestrée pendant la guerre. Tous les dessins et estampes furent déposés, après la dernière guerre, en Hesse-Naussau ou en Saxe inférieure. Quant à la direction : M. J. Friedländer quitta son poste en 1929, le docteur Elfried Bock lui succéda et mourut en 1933 (et non en 1919 comme il a été dit par erreur dans le volume principal). Depuis 1933 le professeur Friedrich Winkler est le directeur du Cabinet.
Des marques reproduites, le L.1612a servit de 1918 à 1933, le L.1612b de 1933 à 1935, la marque L.1612c fut employée de 1936 à 1945 et le cachet L.1612d est en usage depuis 1937.
Les doubles de Rembrandt mentionnés dans notre volume principal p. 292 comme faisant partie de la XVIe vente, des 23-28 mai 1921, furent retirés et reparurent l'année suivante dans une vente également dirigée par Amsler & Ruthardt, les 15-18 mai. D'autres doubles de Rembrandt passèrent dans une vente faite par Boerner à Leipzig, 26 nov. 1935 et les doubles de Dürer (pas les bois) le 24 mai 1938.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia