numéro
L.1728
intitulé de la collection
Ardail, Adolphe
technique marque écrite, crayon
couleur bleu
localisation verso
dimension
  • 1921
  • 1956
  • depuis 2010
A. ARDAIL (1835-1911), imprimeur, Paris. Eaux-fortes modernes.
 
Adolphe Ardail, né à Nemours (Seine-et-Marne) était chef d'atelier à l'imprimerie d'art Salmon, Porcabeuf successeur. Son fils était le graveur Albert Ardail, mort à Paris en 1914.
 
VENTE : 1907, 11-12 mars, Paris (expert Loys Delteil), sous les initiales F. A. L. Eaux-fortes modernes, 400 nos. Belles feuilles de Bracquemond, Buhot, Corot, Cassat, Degas, Flameng, Gaillard, Haden, Harpignies, Jacquemart, Manet, Meissonier, Rajon, etc. - Produit 10.327 fr.
 
A. ARDAIL, Paris.
 
Une autre partie de la collection d'estampes modernes d'Adolphe Ardail passa au Cabinet des Estampes à Paris ; Georges Riat en a dressé le catalogue. L'atelier de son fils, l'artiste graveur Albert Ardail (1865-1914), comprenant des estampes anciennes, des tableaux, des aquarelles et des dessins, fut vendu à Paris le 1 mars 1943 (expert Jean Cailac). Bracquemond, Le Vieux Coq 5600 fr. ; F. Buhot, L'Hiver à Paris 6400 fr., Les Voisins de campagne 5400 fr. ; Corot, Le Rêveur sous les grands arbres 5200 fr. ; G. Doré, Le Néophyte 5000 fr. ; E. Hédouin, Illustrations pour Manon Lescaut 4900 fr.
 

ADOLPHE CHARLES ARDAIL (Nemours 1835-Paris 1911), imprimeur et/ou ALBERT ACHILLE ARDAIL (Paris 1865-id. 1914), aquafortiste. Estampes.

En 2011, une exposition au château-musée de Nemours a rendu hommage à Adolphe Ardail, imprimeur, et à son fils Albert, graveur, tous deux bons collectionneurs. Nous devons à leurs auteurs les renseignements suivants :
Adolphe Ardail, entré à 25 ans comme apprenti pressier chez l’imprimeur Chardon à Paris, avait rejoint Albert-Fortuné Salmon, son collègue, lorsque celui-ci reprit l’imprimerie fondée par Rémond, et en devint associé entre 1890 et 1894. À la mort de Salmon, son gendre Auguste Porcaboeuf lui succéda, puis ce fut le tour d’Alfred Porcaboeuf, son fils, qui insuffla un nouvel essor à l’imprimerie en s’associant avec des éditeurs anglais et en ouvrant une succursale à Londres. De plus, la maison Ardail et Porcaboeuf obtint le monopole de l’impression à l’eau-forte et au burin des œuvres des grands maîtres, pour le service de la Chalcographie du Louvre.
Adolphe Ardail se retira en 1901.
Tout au long de sa carrière, le travail d’Adolphe Ardail a été reconnu par les artistes pour sa haute qualité. En 1904, une plaque de bronze « Au maître imprimeur Ardail, les graveurs ses amis » lui fut d’ailleurs remise lors d’un banquet à la Société des Aquafortistes français.
Adolphe Ardail avait réuni un formidable ensemble d’épreuve de choix et de différents états de gravures éditées par l’imprimerie, et nombre de ses épreuves portaient des dédicaces d’artistes. En 1901, Ardail a offert pour un prix symbolique 1 753 épreuves parmi les plus belles de sa collection à la Bibliothèque Nationale. Dans l’introduction du catalogue de Georges Riat, Henri Bouchot, conservateur du cabinet des Estampes, insiste sur la « sélection attentive, avertie » du collectionneur.
La générosité d’Adolphe Ardail ne s’arrêta pas là. À Nemours, sa ville natale, il fut l’un des membres fondateurs de la Société des Amis du vieux Château avec Justin-Chrysostome Sanson (1833-1910) et Ernest Marché (1864-1932), et devint, en 1903, le premier conservateur du musée de Nemours (L.4282). Il donna là encore un ensemble d’estampes provenant de sa collection, tout comme son fils unique, Albert Ardail.
Albert Ardail fut l’élève de Charles Waltner, fit partie de la Société des Aquafortistes français créée en 1885 ‒ il en devint plus tard le directeur des publications ‒ et participa aux Salons dès 1886. Il mit à profit ses bonnes relations avec les artistes pour doter le musée d’œuvres contemporaines, mais aussi de ses propres œuvres. Par amitié, l’expert et historien de l’art Loÿs Delteil (1869-1927) l’aidera pour quelques-unes de ses acquisitions et fera des dons au musée.
Enfin, à sa mort, en 1943, la vente de son atelier (voir le petit compte rendu dans la notice de Lugt sous l’onglet 1956) et des dons faits par sa veuve ont encore enrichi le musée de Nemours.
Les initiales L et F correspondent à une partie de l’intitulé du catalogue de la vente des 11 et 12 mars 1907, la collection « F.A.L. », sans que nous sachions à qui elles renvoient ; le « A » du catalogue faisant probablement référence à Ardail. Pierre Juhel a d’ailleurs remarqué que le procès-verbal de cette vente des estampes modernes revenait à Albert Ardail et non pas à Adolphe Ardail, son père.
Cette marque écrite figure, par exemple, au verso de plusieurs eaux-fortes de Corot (Paris, INHA, Collections Jacques Doucet, inv. EM Corot 7 ; Paris, Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, inv. 2004-P.20), ou encore au verso d’une eau-forte et aquatinte de Marsal Mariano Fortuny y Carbo, L’Église de San José à Madrid (cat. galerie D. Martinez, Estampes anciennes & modernes à collectionner, Paris 2016, no 114).

BIBLIOGRAPHIE
G. Riat, Bibliothèque Nationale, département des Estampes. Catalogue des gravures contemporaines formant la collection Ardail, Paris 1904.
Nemours 2011 : Ardail père et fils. Graveurs collectionneurs au XIXe siècle, cat. de M. Abillard et al., Nemours, Château-Musée, 2011.
P. Juhel, Les ventes publiques d’estampes à Paris sous la Troisième République. Répertoire des catalogues (1870-1914), Paris 2016, no 1482.


Date de mise en ligne : septembre 2017.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia