numéro
L.1993
intitulé de la collection
Olsoufiev, Adam Vassilievitch
technique marque écrite, encre
couleur brun, noir
localisation recto
dimension
2 renvois  
  • 1921
  • 1956
  • depuis 2010
A. V. OLSOUFIEFF (1721-1784), secrétaire d'Etat, St. Pétersbourg. Estampes.
 
Adam Vassilievitch Olsoufieff, fils du grand-maître de la cour Basile Dmitrievitch Olsoufieff, fit ses études au corps des cadets de 1732 à 1739. Il fut chef du cabinet de l'impératrice Catherine II, secrétaire d'Etat, et sénateur à partir de 1763. C'était l'homme de confiance et le collaborateur intime de Catherine. Il était grand amateur de théâtre, de musique et de beaux-arts, et possédait des collections de tableaux et d'estampes.
 
A. V. OLSOUFIEFF, St. Pétersbourg.
 
Après la mort du fils du collectionneur, Alexis Adamovitch Olsoufieff, la collection d'estampes fut vendue à Dresde le 23 juillet, 1838 et jours suivants : tableaux (88 nos) ; miniatures, dessins et estampes (109 nos) ; encore estampes (517 nos).
 

ADAM VASSILIEVITCH OLSOUFIEV (Saint-Pétersbourg 1721-id. 1784), secrétaire d’État, Saint-Pétersbourg. Estampes.

Olsoufiev (Olsuf’ev ; Олсуфьева) a suivi, après sa sortie du Corps des cadets, en 1739, des cours à l’université d’Uppsala. Sous le règne de l’impératrice Élisabeth Petrovna, il est employé au collège des Affaires étrangères, attaché de l’ambassade russe en Suède, puis nommé à son retour ministre de Cabinet. Il est l’homme de confiance de la grande-duchesse Ekaterina Alexeevna (Catherine II). À l’époque de l’accession au trône de celle-ci, il dirige la chancellerie privée de l’impératrice au titre de secrétaire du Cabinet. Il a par ailleurs servi comme président de l’Assemblée des nobles, l’Assemblée Dvoryan (Дворянское Собрание) dans les années 1783-1784.
Olsoufiev fut un des plus grands collectionneurs d’estampes européennes et des images populaires russes de son vivant. Son fils, Dmitri Adamovitch Olsoufiev (1759-1808), a eu l’occasion de dire de son père : « Il avait de grandes connaissances de l’histoire, du droit, il connaissait à fond les auteurs anciens, car il possédait couramment le latin […]. Il s’occupait également d’art, car il savait dessiner et jouait très bien du violon, il écrivait des vers facilement […]. Dans les dernières années de sa vie, il était occupé à rassembler une grande collection d’estampes de tous les graveurs étrangers, il réunissait en particulier tout ce qui avait été réalisé dans ce domaine en Russie ».
Olsoufiev possédait quelques tableaux, mais les estampes, surtout, étaient au cœur de ses collections. En 1766, il commence à rassembler des portraits russes. Sa collection présente les gravures de l’époque pétrovienne (A. Schoonebeek, B. Picart, L. Bounine, A. Rostovtsev). Rovinski mentionne les portraits de Pierre Ier par M. Artemev et V. Kiprianov, et notamment les images populaires russes, tandis qu’I.M. Sneguirev souligne, lui, qu’Olsoufiev a payé 5 000 roubles pour acquérir cette dernière collection.
Le collectionneur possède également des gravures d’auteurs étrangers, qu’il relie en volumes et classe par Écoles nationales. Comme il ressort de l’« Inventaire des estampes dans les livres reliés, laissées par le défunt conseiller secret, Adam Vassilievitch Olsoufiev », conservé dans les archives de la région de Crimée, Olsoufiev possède 67 865 estampes, dont 52 102 reliées en volumes. En 1812, une partie des collections est dilapidée par les Français dans la maison moscovite des Olsoufiev (ainsi, on trouvait à Paris au début du XXe siècle des estampes portant sa signature), tandis qu’une autre partie aurait disparu lors de l’incendie de Moscou. Un album est conservé à la Bibliothèque publique de Saint-Pétersbourg. Ce sont visiblement les gravures étrangères qui ont le plus souffert.
Rovinski a pu écrire qu’il possédait des portraits russes, signés Olsoufiev, et qu’il en a vu aussi dans la collection Pogodine. Quarante-cinq estampes se sont retrouvées dans la collection de Grigorij Mechkoff (voir L.5180 et 5181), aujourd’hui conservée au cabinet des Estampes du musée d’État des Beaux-Arts de la République de Tatarstan à Kazan.
Une grande partie de la collection russe, dont les images populaires russes, a été épargnée, compte tenu du fait qu’elle se trouvait alors à Saint-Pétersbourg, dans la maison du prince A.M. Beloselski-Belozerski. Cette collection échoit ensuite à K.E. Beloselski-Belozerski, puis en 1915, à la Bibliothèque publique (13 tomes, riches de 2 624 estampes).
En 1954, on découvre dans les fonds non catalogués de cette bibliothèque un autre volume relié de la collection Olsoufiev, dont chaque gravure porte la signature de son ancien propriétaire. Ce volume comprend des œuvres de maîtres français, d’après Antoine Watteau.
Olsoufieff a inscrit indifféremment, dans sa signature, son premier prénom en entier, L.5182 ou ses initiales, L.1752.
Nous nous sommes fondés notamment sur le texte de Vlasova & Balašova (2003) pour réunir l’ensemble de ces éléments.

Le portrait du collectionneur figure dans l’ouvrage d’A.M. Lushev, Russes renommés des XVIe-XIXe siècles, Saint-Pétersbourg 1870.

SOURCES
Государственный архив Крымской области [Archives d’État de la région de Crimée], fond 535 (V.S. Popova), d. 2767
O.B. Vraskaïa, Istorija otdela estampov, Gosudarstvennoj Publichnoj Biblioteki 1795-1917 [Histoire du département des Estampes de la Bibliothèque publique d’État, 1795-1917], Léningrad 1957, pp. 24-26 (dactylographié).
F.V. Tchistiakova, Putevoditel’ po fondam otdela estampov Publichnoj biblioteki im. M.E. Saltykova-Shchedrina [Guide des collections du département des Estampes de la Bibliothèque publique nommée d’après M.E. Saltykov-Shchedrin], Leningrad 1969, pp. 34, 47-50 (dactylographié).

BIBLIOGAPHIE
I.M. Snegirev, Lubočnye kartinki russkogo naroda v moskovskom mire [Les gravures sur bois et sur cuivre du peuple russe dans le monde moscovite], Moscou 1861, p. 16.
D.A. Rovinski, Russkie narodnye kartinki [Les Images populaires russes], Saint-Pétersbourg 1881, vol. 1, p. XI.
L. Fagan, Collectors’ Marks, Londres 1883, no 352.
Anon., ‘Les frères Olsoufiev, hauts dignitaires de Pierre le Grand. Correspondance avec le prince A.D. Menchikov’, Les Archives russes, 1883, vol. 5, pp. 5-6.
D.A. Rovinski, Podrobnyj slovar’ russkih gravirovannyh portreto [Dictionnaire détaillé des portraits russes gravés], t. 4, Saint-Pétersbourg 1889, col. 173.
V.S. Ikonnikov, Opyt russkoj istoriografii [Essai d’historiographie russe], Kiev 1892, vol. 1, p. 1401.
Matériaux pour une histoire de la famille Olsoufiev. La lignée de Vassili Dmitrievitch (1796-1858), premier comte Olsoufiev
, Moscou 1911, pp. 16-36.
O.B. Vraskaïa, ‘O rabote V.V. Stasova po podgotovke k pecati materialov istorii russkogo iskusstva’ [Le travail de V.V. Stasov sur l’édition préliminaire des matériaux d’une histoire de l’art russe], Kniga. Issledovanija i materialy [Le livre. Recherches et matériaux], Moscou 1962, no 6, pp. 270-271. 
N.D. Kočetkova (dir.), Slovar’ russkih pisatelej XVIII veka [Dictionnaire des écrivains russes du XVIIIsiècle], Saint-Pétersbourg 1999, vol. 2, pp. 383-387.
O.V. Vlasova & E.L. Balašova, Vladel’českie znaki na gravjurach i litografijach. Na materiale otdela gravjury Gosudarstvennogo Russkogo muzeja [Marques de collections sur gravures et lithographies. D’après le fonds du département des Estampes du Musée russe], Saint-Pétersbourg 2003, no 5.


Date de mise en ligne : janvier 2018.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia