numéro
L.2034
intitulé de la collection
Ploos van Amstel, Cornelis
technique marque estampée, cachet sec
couleur
localisation verso
dimension 32.5 x 28.5 mm (h x l)
7 renvois  
  • 1921
C. PLOOS van AMSTEL (1726-1798), marchand de bois, courtier, graveur et écrivain d'art, Amsterdam. Dessins et estampes.
 
Cornelis Ploos van Amstel, fils de Jacob Cornelis (de là l'addition à son nom de Jb Czn) négociant en vins établi à Amsterdam, naquit à Weesp, où sa mère se trouvait de passage. Quoique élevé par ses parents en futur commerçant, il montra dès sa jeunesse une forte inclination pour les beaux-arts et les sciences, auxquels il sacrifia toutes ses heures de loisirs. Lié dès son jeune âge avec les meilleurs peintres de l'arrière-garde de la grande école hollandaise, comme Corn. Troest, Jacob de Wit, Isaac de Moucheron et Jan van Huysum, qui moururent tous avant que Ploos eût atteint la trentaine, il épura son goût naturel et acquit un jugement solide. La fréquentation de collectionneurs émérites comme Tonneman, S. Feitama, I. Walraven, Rutgers, Broyel, Muilman, Braamcamp, etc., lui fut en même temps extrêmement utile, ainsi que ses relations avec les marchands IJver, de Leth, Bary, Fouquet et autres. Il devint ainsi le connaisseur par excellence de sa génération. Grâce encore à une fortune croissante, gagnée dans le commerce du bois, comme associé de la maison Bontekoning & Aukes (de 1756 à 1793), il était à tous égards bien équipé pour se former une collection d'œuvres d'art. Ce qu'il sut réunir en dessins (plus de 5000 feuilles) a constitué une des plus belles et plus vastes collections qui aient jamais existé en Hollande. En estampes aussi il posséda des merveilles. Nous le voyons figurer comme acheteur dans les ventes dès 1758, et lorsque le marchand-courtier Hendrik de Leth eut acheté en 1761 à Delft, au prix de 1500 florins, à la veuve C. Röver née van der Dussen, les 7 volumes d'estampes réunis par feu son mari Valerius Röver, Ploos s'assura du magnifique œuvre gravé de Rembrandt, l'une des gloires de ce cabinet. Röver avait travaillé à la formation de cet œuvre depuis le commencement du XVIIIe siècle ; au prix de recherches assidues il était parvenu à avoir les plus grandes raretés . A sa mort, en 1739, l'ensemble comptait 456 feuilles et lui avait coûté 450 fl. L'œuvre de Marc-Antoine que nous trouvons chez Ploos était probablement aussi celui de Röver. Ploos guettait ainsi toutes les occasions, mêlé de plus en plus intimement au monde des amateurs, surtout lorsque, à partir de 1771, il prit part comme courtier-expert à la direction des plus belles ventes de collections artistiques. On trouve alors son nom lié aux ventes célèbres de Braamcamp 1771 et 1772, D. Muilman 1773, J. L. van der Dussen 1774, F. van de Velde 1775, Rutgers 1778 (préface par Ploos), C. Smitt 1780, J. van de Velde 1781, Busserus 1782, S. Fokke 1784, P. IJver 1788, J. Witsen 1790, J. van Dijk 1791, Maarsseveen et Rendorp 1793, Stopendaal 1797 et Nijman et van Citters, en 1798, l'année de sa mort. Son nom figure même encore, comme l'un des experts, au catalogue de la vente Quinkhart et Koller faite la veille de son décès, le 19 décembre 1798. Dans toutes il achète régulièrement des feuilles célèbres qu'on retrouve après dans sa collection. Il achetait souvent aussi directement les œuvres de dessinateurs contemporains comme J. de Beyer, J. Stolker, O. Wijnen. Aux dessins et aux estampes il avait joint un petit cabinet de tableaux, des sculptures, des vases antiques, des médailles, des pierres gravées, des instruments, et une riche bibliothèque avec de beaux manuscrits.
Ploos était lui-même un habile dessinateur. Il avait appris le dessin chez G. Warrenberg et surtout depuis 1738, chez Norbert van Blommen. Ses œuvres originales sont cependant en petit nombre (titres pour l'ouvrage de Wagenaar, Description d'Amsterdam, celui de J. van Dijk, Tableaux de l'Hôtel de Ville, ceux de van Merken, puis sa gravure « Hopman Ulrich » d'après Troost, 1759, et quelques rares dessins). Mais Ploos s'est assuré une grande réputation par ses gravures d'après les dessins des maîtres anciens. Grandement intéressé par les gravures imitant les dessins qui venaient de paraître en Angleterre et en France, il en approfondit les procédés, les perfectionna et en trouva de nouveaux, différents de ceux pratiqués ailleurs. Vers 1758 il parvint à produire des fac-similé d'une fidélité inconnue jusqu'alors. Il conçut le projet d'en publier une série et en 1765 parut la première livraison du grand ouvrage pour lequel nous renvoyons au L.2725. La publication fut chaudement accueillie et lui valut d'être nommé membre de différentes sociétés artistiques et scientifiques : Holl. Maatsch. v. Wetenschappen à Haarlem 1768, Zeeuwsch Genootschap 1769, Académie de Dusseldorf 1776. Le Prince d'Orange, Guillaume V, se fit expliquer le procédé, à La Haye, et exécuta lui-même une gravure sous la direction de Ploos (1773). Un certain nombre des gravures de Ploos et de ses aides, les « bijprenten » (planches complémentaires), n'ont jamais fait partie de la publication susdite. (Sur ses procédés de gravure consultez les articles du Dr. N. G. van Huffel dans Oude Kunst VI nos 1-6).
C'est dans les mêmes années que Ploos van Amstel, avec le concours d'artistes tels que J. Buys, P. Louw, G. van der Mijn, H. Pothoven, G. Saintet, J. Greenwood, s'employa à la rénovation de l'Académie de dessin d'Amsterdam. Cet institut, après une période de déclin, avait été fermé en 1743. Ploos et ses amis se réunirent dès 1758 en une académie particulière, laquelle, réorganisée en 1765, devint la nouvelle Académie officielle. Ploos, nommé l'un des six directeurs, se fit remarquer sans cesse par son activité. Il augmenta de quelques dons d'estampes la riche collection Hinlopen (voir L.10) que la ville avait mise à la disposition de l'Académie, et fit pour les membres différentes conférences sur l'art du dessin, sur la poésie dans la peinture, sur la grâce, etc., publiées d'abord en brochures, puis réunies en 1785 en un volume : Redenvoeringen gedaan in de Teken-Academie te Amsterdam. Une conférence sur les notions nécessaires à un amateur de peinture est restée inédite ; le ms. s'en trouve à la bibliothèque d'Amsterdam. Il publia aussi un ouvrage sur l'anatomie, illustré de fines gravures de sa propre main (Aanleiding tot de Kennis der Anatomie in de Tekenkunst, 1783). D'autres études qui l'occupèrent continuellement, sur les couleurs, sur les expériences avec le prisme, sur les monnaies antiques et les vases étrusques, ne furent jamais publiées.
Ses différents mérites de connaisseur, de collectionneur, de graveur, de lanceur d'artistes, et d'écrivain, assureraient à Ploos, dans l'histoire de l'art, et plus spécialement dans l'histoire du goût, une place supérieure, si quelques habitudes peu franches et manquant de sérieux ne jetaient une ombre sur sa mémoire. Ploos s'est permis des libertés d'attributions, des tournures d'inscriptions, des legèretés historiques qui lui interdisent de se mesurer avec un Mariette, un Pond ou un Heineken. Ses plaisanteries, d'ailleurs, n'ont pas, en général, le caractère de supercheries faites dans le but de s'enrichir ; ses contemporains devaient certainement les juger moins sévèrement que nous. Si l'on se tient sur ses gardes en consultant les notices qu'il mit si souvent au verso des feuilles de sa collection, on en tirera mainte indication précieuse dont on lui saura gré.
Ploos avait épousé en 1758 Elizabeth Troost, fille du peintre Cornelis Troost (son frère Jacob s'était marié avec la sœur, Sara Troost, connue comme artiste). L'année suivante, il s'était installé dans une maison au Binnenkant à Amsterdam où on le retrouve encore à la fin de sa vie. Nous possédons un curieux dessin, lavé à l'aquarelle, par G. van der Mijn, représentant l'intérieur de son cabinet ( « Konstkamer »), dans cette maison, en 1760. Sa femme partageait ses goûts ; il semble que le ménage ait été des plus heureux, mais ils n'eurent pas d'enfants. Elle mourut en 1794. Lorsque Ploos, remarié avec Marg. Sonmanss, décéda à son tour quatre ans plus tard (le 20 décembre), on ne trouva dans son testament aucune indication quant au sort des collections. Les exécuteurs testamentaires, Mr H. Calkoen, Alb. Boddeus et Mr C. W. Dekker, en décidèrent donc la vente publique. Elle fut fixée au 3 mars 1800 et annoncée en un catalogue en deux volumes, le premier pour les dessins, le second pour les estampes, les tableaux, les sculptures, les pierres gravées et les monnaies et médailles. Ce fut l'une des ventes les plus importantes de cette époque, comme le prouve son produit de 109.406 fl. (dont 75.654 fl. 18s. pour les dessins, 21.380 fl. pour les estampes et 12.371 fl. 2s. pour les autres sections), somme alors très considérable. Et encore ne vendit-on point l'œuvre gravé de Rembrandt. Le moment, de plus, était défavorable au commerce des œuvres d'art. Josi (Imitations de Dessins, Discours préliminaire p. XXI) dit qu'on gagna plus d'un tiers sur le Cabinet de M. Ploos. Il est certain qu'à un meilleur moment ont aurait dû gagner beaucoup plus, vu les occasions nombreuses dont Ploos avait su profiter pour ses achats. L'excellente bibliothèque, révélant un esprit universel (1358 nos de livres et 105 de manuscrits), fut vendue par la maison Veuve J. Doll en Zonen, à Amsterdam, le 24 mars 1800 et 5 jours suivants, et produisit 11.300 fl. environ. Sa remarquable série de catalogues de ventes annotés, commençant à l'année 1741, fut acquise (probablement à l'amiable, car elle ne figure pas dans les catalogues de la vente Ploos) par A. van der Willigen de Haarlem, qui la compléta ; elle forme actuellement une section précieuse de la Bibliothèque Nationale de Paris.
Comme meilleurs portraits de Ploos van Amstel il faut signaler le sien et celui de sa femme, peints par G. van der Mijn (au Mauritshuis à La Haye), son portrait gravé par R. Vinkeles d'après J. Buys (dans le catalogue de sa vente) et celui par N. van der Meer d'après Marinkelle.
Ploos avait marqué du cachet reproduit ci-contre un grand nombre de ses dessins, mais point tous. Souvent aussi on les reconnaît aux notices et aux indications de dimensions qu'ils portent au verso, de la fine écriture de l'amateur (voir les spécimens au L.3002), ou encore à sa signature ou à ses initiales (L.2117). Le cachet ne paraît pas avoir servi pour ses estampes.
 
VENTES :
I. 1800, 3 mars et jours suivants, Amsterdam (dir. Ph. van der Schley, J. et B. de Bosch Jerzn, J. IJver et C. S. Roos). Dessins, estampes, tableaux, miniatures, sculptures, pierres gravées, monnaies et médailles, instruments. Vente importante. Catalogue en 2 vol. dont le premier, orné du portrait de Ploos par R. Vinkeles d'après J. Buys, était entièrement consacré aux dessins. Longtemps à l'avance la collection était mise à la disposition des amateurs qui désiraient l'examiner ; nous avons vu un billet d'entrée donnant accès dès le mois de novembre 1799 jusqu'en février 1800. Josi se plaint de ce que, pendant les trois semaines d'exposition publique, beaucoup des feuilles furent à tel point maltraitées et frottées par les ignorants qu'elles avaient perdu une grande partie de leur valeur ; il cite spécialement les feuilles réputées de Corn. Visscher, portrait d'homme, de A. van de Velde, Berger au bord de l'eau, toutes deux reproduites par Ploos, et un beau dessin de Slingelandt. Les enchères se ressentirent de cette fâcheuse circonstance. De ces milliers de dessins, principalement des écoles des Pays-Bas, nous ne pourrons signaler qu'un nombre comparativement restreint. Des maîtres primitifs le catalogue spécifie seulement quelques feuilles au recueil 00, les maîtres du XVIe siècle eux aussi, ne sont pas abondamment représentés. De Lucas de Leyde entre autres le Jugement de Salomon, coll. Tonneman et v. d. Marck, reproduit par Ploos, 50 fl. ; plusieurs feuilles données à « Zwartjan » (Jan Swart de Groningue) ; une très intéressante série de Jacob de Gheyn, dont beaucoup de portraits vendus très bon marché, et le portrait de Grotius jeune 24 fl. ; des Wierix. Mais ce que cette époque offrait de plus remarquable était la grande quantité d'œuvres de Goltzius (près de 70). Malheureusement, en les annotant, l'amateur n'avait pas résisté à la tentation d'en retoucher plusieurs ; trois portraits de Goltzius même, grandeur nature, firent 61, 90 et 78 fl., un Bain de Diane en coul. 160 fl., Maria Tesselschade 41 fl., autre portrait de femme (sa sœur ?) 75 fl. et Robert Dudley, à la pointe d'argent, 22 fl. ; nombreux autres petits portraits, par le même procédé dans le recueil UU. - Le XVIIe siècle, par contre, offre une profusion de presque tous les maîtres hollandais. Commençons par les principaux paysagistes, par ordre alphabétique : Asselijn, Vue sous un pont à Rome 155 fl., 23 ff. par Avercamp, dont un Hiver animé de nombreuses figures, en coul. 200 fl., de Berchem, alors si goûté, une trentaine de ff. (non compris les études) dont deux Prairies, animées de bétail et de chevaux, avec les gravures 250 fl. (à Goll), Paysage avec femme sur un âne 300 fl., Bétail au bord de l'eau, coll. Oudaan, gravé par Ploos 350 fl. (à Kops), Le Bac 631 fl. et Hiver sur les fossés gelés d'une ville 500 fl. ; de Borssum, Les Moulins et le « Overtoom » actuellement au Cabinet d'Amsterdam, 400 fl. (à de Vos), peu de A. Cuyp, mais pas moins de 39 ff. de L. Doomer, dont le Belvédère de Nimègue 31 fl., Eeckhout, Le dessinateur devant la ferme, gravé par Ploos, 34 fl., Everdingen plus de 100 ff., dont Village sur le bord d'une rivière 270 fl., d'autres belles ff. surtout dans les portefeuilles F et GG., van Goyen 33 ff., du Jardin, Bergerie, coll. Tonneman, gr. par Ploos 220 fl. (à de Bosch, 792 fl. dans sa vente en 1817), seulement quelques études de Potter ; de R. Roghman Ploos possédait l'importante série de 241 dessins de châteaux de Hollande, Utrecht, etc., vendus en un lot pour 2000 fl. (à Roos, plus tard dispersés), puis le petit dessin de l'armée de Guillaume II à Amstelveen 40 fl. 10s., J. Ruisdael, Paysage boisé avec mare et Kostverloren 176 fl., de A. Rutgers 157 dessins pris sur les bords du Vecht et du Rhin, vendus en lots, ensemble 83 fl., P. Saenredam, Vue extérieure de l'Eglise Ste Marie à Utrecht 84 fl. et deux Intérieurs d'églises, en coul., avec les grav. 65 fl., H. Saftleven 28 dessins, vues de la province d'Utrecht 9 fl. 10 et 50 ff. pareilles, dont 24 en couleurs, avec titre, 405 fl. Mais les paysages les plus chers furent ceux de A. van de Velde (25 compositions importantes et plusieurs études) ; on paya Le Bac, en coul. 1050 fl. (à Kops), Route bordée d'arbres, cavalier et figures, effet de vent, plume et bistre 1100 fl. (à Bernard), Paysage accidenté avec berger et bétail 500 fl. (à Kops), Paysage avec femme se baignant les pieds, coll. Feitama, gr. par Ploos 195 fl., Le Champ ( « 't Akkerlandje ») en coul. 375 fl., Paysage ensoleillé près des ruines de Brederode 805 fl. (à Hendriks, pour Teyler). Enfin encore : A. Waterloo, L'écluse St. Antoine à Amsterdam 113 fl., et Vues des environs de Dantzig 93, 121 et 92 fl., Ph. Wouwermans, Le Manège 410 fl. - Comme Marines notons : de Bakhuyzen une vingtaine de ff., dont Mer houleuse près d'une plage, bistre 185 fl., Mer houleuse près du Helder, avec jetée 235 fl., l'IJ mouvementé 185 fl., Port de mer, avec vaisseaux de guerre prenant le large 305 fl. ; peu de W. van de Velde, dont à cette époque la plupart des dessins étaient encore en Angleterre, Calme plat 145 fl., et deux de Zeeman. - En passant aux Figures, nous remarquons d'abord la quantité de dessins sous le nom de Rembrandt, plus de 80, qui certainement ne seraient pas tous acceptés de nos jours. Nous relevons parmi eux, une Vieille dormante 12 fl. 12s., Siméon au temple 95 fl., Femme à la porte (douteux) gr. par Ploos, 42 fl., Jeune Garçon s'appuyant sur la partie inférieure d'une porte, idem, 105 fl., Intérieur d'une maison, soi-disant celle de R., 40 fl., La prétendue Maison de chasse des comtes de Hollande 71 fl. et 14 dessins de lions ( !), dont le plus cher 18 fl. 10s. Il y avait aussi plusieurs paysages du maître. De Dou on paya la Jeune fille au clavecin, pierre noire et sanguine, 79 fl. (355 fl. à la vente van Eyl Sluyter en 1814), Vieillard taillant sa plume 76 fl. Puis de Metzu La faiseuse de crêpes, coll. Tonneman, gr. par Ploos 80 fl. (280 fl. chez v. Eyl Sluyter), Netscher, Dame jouant de la guitare 28 fl. (de Bosch), F. Mieris, Femme malade au lit 50 fl., Femme évanouie et servante, coll. Feitama et v. d. Marck, où il avait fait 425 fl., 30 fl., Joueur de cartes et autre personnage 60 fl., et Vieille femme offrant de l'argent 90 fl., Slingelandt, Ménagère comptant de l'argent à sa servante 40 fl, C. Visscher, Vieille au rouet, avec chat 375 fl., A. van Ostade, Intérieur avec femme faisant des crêpes, 1673, en coul. 300 fl. et quelques autres dessins de même genre entre 112 et 184 fl. Les nombreux dessins de J. et C. Luyken se trouvent au portef. I ; le portef. PP contenait plusieurs dessins au bistre par J. Bisschop d'après des tableaux de maîtres célèbres, le portef. NNN 170 vues de Rome par le même 162 fl. et le portef. TTTT son traité d'architecture 11 fl, Notons encore : L'intérieur de l'église neuve à Amsterdam pendant le service, par E. de Wit 32 fl., et, contraste, les 4 Pères de l'église devant l'autel par A. Bloemaert 250 fl. - Aux Figures s'ajoutent les Portraits, dont nous citons celui d'un Homme, Par Corn. Visscher, gravé par Ploos coll. Tolling 1768, 115 fl., et celui de Vondel par le même 32 fl., C. Huygens par Lievens 210 fl. et d'autres portraits par le même (van Campen, J. Matham, J. Vos, Streso, Tromp, etc.) ; le portrait de J. de Bray par lui-même 145 fl., mais ses Régents de la Maison des Pauvres, gravé par Ploos, seulement 32 fl. et les deux portraits de Vondel par Ph. Koning, avec un dessin de Mieris ajouté, pas plus de 6 fl. 5s.
On s'étonne du nombre restreint des dessins flamands. De Rubens, comme seules feuilles importantes, L'Assomption de la Vierge, gravée, 265 fl., et Abraham et Melchisédec 200 fl. ; de Van Dijck, le portrait de van Goyen de la coll. Walraven 35 fl. et Mariage de Ste Catherine 77 fl., puis encore A. F. van der Meulen, 20 pièces en couleurs, les Conquêtes de Louis XIV, 46 fl. - Passons au XVIIIe siècle, où nous retrouvons les maîtres hollandais en abondance. D'abord le beau-père de Ploos, Corn. Troost : cinq sujets à la gouache, motifs correspondant à ses pastels du Musée de La Haye, série connue comme la « Nelri » 270 fl. (à Josi), plusieurs autres, dans le portef. U, prix modestes, et Halte devant l'Auberge, en coul. 105 fl. De J. de Wit, Moïse choisissant le conseil des 70 aînés, étude pour la décoration de l'Hôtel de Ville 162 fl., Tête de Christ, pastel 140 fl., plusieurs sujets de décoration, en coul. dans le portef. EE, et non colorés, dans le portef. NN. Grands prix pour les œuvres de son ami J. van Huysum : Fleurs, en coul. 1105 fl. (à Bernard), et 555 fl., Deux Paysages en coul., chacun 180 fl. (à Goll.), Fruits par M. et J. van Huysum 200 fl., puis G. de Lairesse, Enterrement 275 fl., Abraham et les anges 100 fl., beaucoup de Moucheron, van Os, Sara Troost (sa belle-sœur), A. Schouman (2 Paysages avec oiseaux 141 fl.), J. Cats (Paysages boisés, 2 pendants 230 fl.), Vinkeles (le Dam, en coul. 100 fl.) et beaucoup d'aquarelles par des contemporains d'après des tableaux célèbres. De J. de Beyer 115 vues topographiques en couleurs et 210 à la plume et à l'encre de chine, et de J. F. Blondel 28 nos d'architecture. - A cette section s'ajoute un « Atlas » d'Amsterdam, c'est-à-dire une série de dessins par différents maîtres du XVIIe et XVIIIe siècle (144 nos en 3 vol.), illustrant l'aspect de cette ville, vendu 2825 fl. (voir à Splitgerber, L.2308).
Des écoles étrangères, peu de feuilles bien remarquables. En italiens : , Giotto, Jésus Christ fait prisonnier, daté de 1300 et décrit comme provenant de la coll. de L. de Vinci, 50 fl., Raphaël, « Madonna del Marquisato » 60 fl., et J. Romano, Composition symbolique 200 fl. En allemands : Dürer, Aile d'oiseau 41 fl., Gloire de la Vierge (dessin de Pourbus ajouté) 21 fl. et 121 dessins à la plume, quelques-uns en coul., appartenant au carnet d'études du maître (se non è vero) 14 fl. 10s. Sous le nom d'Holbein, mais probablement de l'école de Clouet, 42 portraits de personnages de la cour de François Ir 8 fl. Comme français postérieurs : Poussin (3 Etudes pour l'Actéon et les Nymphes 42 fl.), La Fage, Bourdon, Greuze (Mère caressée par ses enfants 76 fl.), quelques études de têtes de Watteau vendus pour un rien. Enfin 100 dessins des Indes et de l'Extrême-Orient (miniatures persanes ?) 140 fl. - Produit des dessins 75.654 fl. l8s.
Estampes. La plus précieuse partie de cette section c'est-à-dire l'œuvre de Rembrandt et de ses élèves, ne fut pas vendue et ne reparut que dans le catalogue de 1810 (voir ci-dessous). Les aquafortistes contemporains de l'école hollandaise furent bien représentés, par exemple Berchem (belle série), P. Potter (avec ses planches les plus rares comme la Vue d'une prairie, 2 épr. dont une du 1r ét. 70 M et la Plante Zabucaia 14 fl.), Wouwermans (Le Cheval à l'arbre 60 fl.), A. van de Velde, J. Ruisdael, du Jardin (son œuvre en premières épreuves 107 fl.), A. van Ostade (son œuvre avec différents changements, 122 feuilles, 221 fl.), de Vlieger, Both, Waterloo, Le Ducq, Reghman, e. a. Belle série de Suyderhoef ; Corn. Visscher, admirablement représenté, fut le mieux payé : son portrait, avec le burin (W. 55) 100 fl., le Vielleur d'après Ostade 99 fl., Le Vendeur de mort aux rats, 1r ét. 90 fl., Les Patineurs d'après Ostade 99 fl., Le petit chat 120 fl. et dans les portraits : Winius 306 fl., de Rijck, 1r ét. 72 fl., Vondel, 1r ét. 107 fl. De Goltzius aussi une belle réunion, e. a. deux épreuves du 1r ét. de son propre portrait, terminées au dessin 26 fl. et 24 fl. 10s., le Fils de Frisius 25 fl. Beaucoup de J. Saenredam, J. Muller, les Matham, les Bloemaert et un remarquable œuvre de Lucas de Leyde, 190 feuilles, 351 fl. Riches séries d'après Rubens, van Dijck et Jordaens, feuilles si recherchées alors. Parmi les maîtres postérieurs un bel œuvre de Troost 100 fl. et l'œuvre de Ploos lui-même, en différents états, 276 feuilles, 216 fl., des œuvres de Lairesse, Luyken, Houbraken et Chalon (159 fl.) et des gravures en manière noire. - Dans les maîtres italiens se distinguait une belle série de Marc-Antoine (Massacre des Innocents, avec le chicot 49 fl. 10s.) et un grand nombre de gravures d'après les maîtres du XVIe et du XVIIe siècle comme les Carrache, le Guide, e. a. Comme maîtres français surtout les burinistes du XVIIIe siècle : Audran, Edelinck (Bataille d'Alexandre et la Tente de Darius 180 fl.), Wille, auxquels se rattachaient les maîtres anglais comme Strange et les gravures en manière noire de Earlom, Smith, McArdell, Watson, Green et les estampes d'après Ang. Kauffmann. Ce qu'il y avait des premiers maîtres allemands prouve combien la curiosité de Ploos était universelle : un œuvre remarquable de Dürer, cuivres et bois, vendu en bloc 725 fl., et un autre œuvre du même, cuivres 102 fl. et bois 53 fl. Œuvre d'Aldegrever 70 fl., œuvre de Pencz (100 feuilles) 100 fl., puis Schongauer, van Meckenen, Wolgemuth, e. a. Belles feuilles aussi de Hollar et de G. F. Schmidt (son œuvre retiré à 260 fl.). - L'Atlas d'Amsterdam en 24 volumes que Ploos avait payé 843 fl. en 1782 à la vente Busserus et qu'il avait encore augmenté, échut au Bon van Leyden au prix minime de 225 fl. - Produit des estampes 21.380 fl.
Les acheteurs avaient certainement raison d'être satisfaits de leurs acquisitions et l'on comprend qu'ils se soient réunis avec plaisir au souper ( « een vrindelyk soupé ») auquel ils furent conviés par les exécuteurs testamentaires, au « Doelen » le samedi 15 mars.
 
II. 1810, 31 juillet, Amsterdam (chez C. Josi). L'œuvre gravé de Rembrandt et de ses élèves. Collection hors ligne, figurant déjà au catalogue de la vente du 3 mars 1800, mais alors non adjugée. Cette fois encore la vente publique n'eut pas lieu, et c'est pourquoi on n'en rencontre jamais de catalogues annotés des prix. La collection entière passa à l'amiable à Lord Aylesford (voir L.58), par l'intermédiaire de Josi, lequel, suivant une note ms. ajoutée à un exemplaire du catalogue conservé à la Bibliothèque de Leyde, l'aurait achetée aux héritiers. Cette note confirme aussi la cession à Aylesford. De plus Josi, dans son recueil de gravures d'après des dessins, de 1821 (sub. Ostade, note), et Wilson, dans son catalogue de Rembrandt (p. 10), y font allusion. Josi avait rédigé le catalogue avec une remarquable conscience ; nous avons, dans notre article Aylesford parlé du manuscrit de ce travail. Dans la préface, en rappelant la provenance Röver, déjà citée dans notre article, il ajoute que Röver aurait possédé l'œuvre de Rembrandt réuni par Jan Six, l'ami du maître. Ploos lui-même, sans doute pour appuyer le fait, avait ajouté, en tête de cet œuvre, relié en 7 volumes, un portrait apocryphe de Six, par Stolker. Cette tradition ne paraît pas fondée, Röver n'aurait pas manqué de noter le fait dans son inventaire ms. de sa collection (Bibl. de l'Université d'Amsterdam). Il est tout au plus possible qu'il ait complété l'œuvre qu'il rassemblait depuis longtemps déjà, par des achats dans la vente Six, c'est-à-dire celle de 1734 faite sous le nom du neveu, Willem Six, héritier d'une partie des trésors de son oncle Jan, le bourgmestre. Mais la qualité des feuilles n'en reste pas moins extraordinaire. Le catalogue énumère 448 nos pour Rembrandt et 133 pour ses élèves et imitateurs, le tout relié en 7 volumes destinés à être vendus ensemble. Puis encore 80 nos de doubles de Rembrandt et une série d'estampes d'après lui ou dans son goût par des graveurs anglais en manière noire et par Schmidt, Chalon, etc. Les eaux-fortes de Rembrandt étaient en épreuves choisies, la plupart en plusieurs états. Il y avait par exemple des raretés insignes comme le Rembrandt au sabre (la grande planche, 4 épr. connues, coll. Muilman et Andrews), La Fuite en Egypte dans le goût d'Elsheimer, 1r ét. de la planche reprise de Seghers, sur vélin, La Pièce de cent florins sur japon, les deux Ecce Homo en différents états, Les trois Croix en 1r ét., Le bon Samaritain, 1r ét. à grande marge, coll. P. Mariette 1667, Pierre et Jean à la porte du temple, la planche en hauteur B. 95 (4 épr. connues), La femme auprès du poêle, 1r ét. sur japon, une ravissante série des paysages en premiers états, et les portraits généralement dans leurs états consécutifs, même le Bonus en 1r ét. (3 épr. connues), le ministre Uytenbogaert, 1r ét. et le Peseur d'or à la face blanche, le grand Coppenol au fond blanc sur japon, Tholinx, Six en 2e ét. et en 3e ét. sur japon, etc. Après la dispersion de la collection Aylesford ces pièces ont été disséminées dans diverses collections comme celles de Holford et Buccleuch, puis dans celle du Bon Edm. de Rothschild, etc.
 

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