numéro
L.2038
intitulé de la collection
Pond, Arthur
technique marque écrite, encre
couleur
localisation verso
dimension
  • 1921
  • 1956
A. POND (vers 1705-1758), peintre et graveur, Londres. Estampes et dessins.
 
Arthur Pond, fils du marchand d'art John Pond, élevé à Londres, fit un séjour à Rome dans sa jeunesse. Mariette le connut à Paris, après son retour d'Italie, et le dit, dans son Abecedario, d'un commerce agréable. Pond était un fin connaisseur ; les bonnes relations qui paraissent avoir existé entre lui et Mariette en font preuve. Le succès qu'obtinrent les portraits qu'il peignit, de retour à Londres, lui assurèrent les moyens de se former une collection très considérable de dessins et d'estampes. De concert avec Knapton il a gravé, d'après des dessins de maîtres italiens, une suite de planches « qui auroit eu sans doute un meilleur succès s'il eût fait choix de meilleurs originaux. Il a aussi fait graver sous sa conduite une suite de paysages de Claude le Lorrain et du Gaspre (G. Dughet, dit Gaspre-Poussin), qui a beaucoup mieux réussi » (Mariette). Citons encore ses gravures d'après des ouvrages de Rembrandt et de Panini et d'après les caricatures de Ghezzi. Son jugement en matière de dessins était sûr, et Pond était bien qualifié pour inscrire, au verso dos feuilles, sa garantie d'authenticité dont on voit un spécimen ci-contre ; quelquefois aussi on trouve sur le dos de dessins son parafe reproduit au L.158. D'après Thibaudeau on reconnaît ses dessins aux numéros écrits à l'encre au verso, dans le coin gauche (monture). Dans Nollekens and his times I p. 382 il est dit que, d'habitude, c'est lui qui baptisait les dessins du collectionneur Hudson (voir L.2432). « Il étoit surtout curieux de gravures faites par les peintres mêmes, et peu de gens en ont rassemblé autant que lui » (Mariette). Walpole (Anecdotes 1762) raconte qu'il vendit sa belle collection d'estampes à un amateur de Norfolk, et ajoute : « they have since been sold by auction » ; il fait ainsi allusion à la vente Sir Edward Astley, des 25 mars 1760 et 8 soirs suivants (voir au L.2774). Cet amateur avait acquis de Pond, avec d'autres belles estampes, 1'œuvre superbe de Rembrandt rassemblé par Pond avec le plus grand soin au cours d'un grand nombre d'années. Il y avait là nombre de pièces qui provenaient de l'ancienne collection Six, peut-être du bourgmestre même, l'ami de Rembrandt. Pond avait obtenu ces pièces choisies et rarissimes, directement ou indirectement, du graveur Jac. Houbraken qui fut, à ce qu'il paraît, l'acheteur de l'œuvre gravé de Rembrandt dans la vente Willem Six en 1734. Pond acheta aussi, au graveur Thomas Major (1720-1799), qui les tenait lui-même de Remy, de très beaux Rembrandt, provenant du peintre Aved. Il possédait encore un cabinet de coquilles, minéraux, insectes, etc., vendu chez Langford les 18 mai 1759 et 5 jours suivants (£ 687 19s.). Il grava son propre portrait en 1739.
Sur ses estampes il apposait, d'ailleurs pas régulièrement, la rosace reproduite au L.2873. Voir encore les L.157 et L.158.
 
VENTES
I. 1748, 12-14 mai (chez Cock et Langford). « A very valuable and well-chosen, collection of prints and books of prints ». Vente anonyme. L'exemplaire du catalogue, conservé au Victoria and Albert Museum, qui porte une note manuscrite « These were Mr. Pond's and most of ym (them) bought in again », est coté comme suit : « 1st night £ 42 7s. 6d., 2d night £ 33 9s. 6d., 3d night £ 60 2s. 6d., 4th night £ 59 12s. 6d. » Le quatrième soir de vente passèrent, sous les nos 16 à 23 et 55 à 70, à plusieurs par numéro, des pièces par ou d'après Rembrandt, pour lesquelles les enchères furent des plus modestes. La Pièce de Cent Florins, qui se vendit seule, épr. sur japon, obtint le plus gros prix, avec £ 3 13s. 6d. ; viennent ensuite Les trois Arbres, et une autre pl., ens. £ 1 2s., et un lot de 5 pl., dont La Femme lisant, même prix. Les autres lots réalisèrent de 4s. 6d. (pour un lot de 10 mendiants, par Rembrandt) à 18s. (3 pièces, dont la Résurrection de Lazare). Citons comme autre prix pouvant nous renseigner sur le cours des eaux-fortes originales du maître, à cette époque : 12 petites têtes 5s. 6d., 7 paysages 16s 6d., 3 paysages 14s 6d., 6 sujets historiques 6s. 6d., 8 même genre 16s., 12 petites têtes 7s., 8 sujets historiques 10s. 6d., 5 même genre 15s. 6d., 6 sujets de chasse 6s. 6d., la Mort de la Vierge (vendue séparément) 13s. 6d., 3 paysages 16s., 3 autres 7s. 6d. - Produit £ 195 12s.
 
II. 1759, 25 avril et 7 soirs suivants, Londres (chez Langford). Dessins anciens de diverses écoles. Collection très importante. Dans cette vente passaient aussi des estampes à la manière noire et autres, ainsi que ses modèles et ses plâtres d'après Polydore, Michel-Ange, Duquesnoy, etc., et ses livres sur les beaux-arts. Le catalogue de 600 nos environ ne donne qu'une description sommaire, généralement par lots. - Produit £ 1449 10s.
 
III. 1760, 27 mars et 18 soirs suivants (chez Langford). Estampes, e. a. le superbe œuvre de Rembrandt. Pour cette vente voir à Astley (L.2774), qui avait acquis cette collection de Pond.
 
A. POND , Londres.
 
Henry Hake publia un intéressant article illustré dans The Print Collector's Quarterly, IX (1922), fasc. 4, pp. 324-339 « Pond's and Knapton's Imitations of drawings ». - Il y a eu encore une vente de 70 moulages, le 17 mars 1759, chez Langford à Londres.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia