numéro
L.2103c
intitulé de la collection
Prouté, Paul
technique marque estampée, encre
couleur violet
localisation recto, verso
dimension 3.5 x 7 mm (h x l)
1 renvoi  
  • 1956
  • depuis 2010
P. PROUTÉ (né en 1887), marchand d'estampes et dessins, Paris. Dessins et estampes de toutes époques.
 
Paul Prouté, né à Paris, bien connu dans le monde des collectionneurs, est le fils aîné du marchand d'estampes Victor Prouté qui, d'abord bouquiniste (débuts en 1876 au 220 rue Saint-Jacques, ensuite 96 rue de Rennes), avait complètement abandonné les livres pour les estampes en 1895, quand il transféra son commerce 12 rue de Seine. C'est dans ce magasin paternel que Paul fit son apprentissage et que, devenu collaborateur de son père, il acquit, par son constant contact avec les estampes et les dessins, ses étendues et solides connaissances. En 1918, au décès de son père, tandis que la maison 12 rue de Seine était continuée par la veuve et le fils cadet Robert (voir L.2859e), Paul s'établissait à son propre compte 74 rue de Seine, où il est encore actuellement. Son magasin est l'un des plus fréquentés de Paris, et son stock l'un des plus considérables : plus de 800 cartons. On y trouve les estampes les plus variées, et de toutes les époques : pièces rares d'amateur en épreuves de choix, pièces documentaires, portraits, vues, etc., aussi des dessins. Paul Prouté fut président de la Chambre Syndicale des Editeurs et Marchands d'estampes et dessins de 1937 à 1944. Comme expert, il a dirigé bon nombre de ventes publiques, par exemple collections Ponti (Costumes militaires) 1935 ; Laffon 1938 (voir L.877a) ; Lebreton 1938 ; Dr. Simon 1940 ; Emile Forgues 1942 ; Riollot 1942 ; O. Claude (Imagerie populaire, voir L.449a) 1951-1953. Depuis 1946 il a comme collaborateurs et associés ses deux fils Guy et Hubert, et la raison sociale est devenue « P. Prouté et ses fils ». En Paul Prouté, le marchand est doublé d'un amateur passionné et, il va sans dire, éclairé. C'est ainsi qu'il décida, vers 1920, de former une collection d'estampes qui offrirait, en quelque sorte, l'histoire résumée de la gravure depuis son début jusqu'à nos jours, originale ou d'interprétation, et dans tous les procédés : burin, eau-forte, bois, lithographie. Il n'a donc pas constitué « d'œuvre » de tel ou tel maître, mais il s'efforce de représenter, en aussi belles épreuves qu'il peut, chaque artiste par une pièce typique de chacun de ses genres principaux, par exemple pour Rembrandt, une étude, un portrait, un sujet religieux, un paysage, un nu, etc. L'entreprise est d'envergure, mais l'activité de Paul Prouté ne s'en effraie pas. Actuellement il a déjà réuni environ 2000 pièces, acquises à l'amiable aussi bien que dans des ventes publiques, même les meilleures comme Beraldi, Thomas, Bouvy etc., et son effort continue.
La marque, apposée seulement sur les pièces de la collection personnelle, pas sur celles du stock, l'est généralement au verso. Voir une première marque au L.2053c.
 

PAUL PROUTÉ (Paris 1887-id. 1981), marchand d’estampes et de dessins, Paris. Sur les estampes de sa collection.

À partir des années 1890 environ, Victor Prouté fit paraître quatre catalogues par an, chacun d’un millier de numéros en moyenne. Il s’agissait avant tout de pièces documentaires, de topographies et de portraits. Une fois installé à son compte, son fils aîné, Paul, reprit la publication de catalogues dès 1921 et ce, jusqu’en 1935, puis de nouveau à partir de 1962 avec la publication du grand catalogue Pissarro. La prépondérance de l’estampe originale moderne dans les catalogues parus à compter de 1921 fut influencée par Loys Delteil, graveur puis critique d’art, expert en vente, et, enfin, auteur d’une série importante de catalogues raisonnés d’estampes des plus grands maîtres du XIXe siècle, de Goya à Pissarro (Pernoud 1992, pp. 234-235). Parallèlement, l’estampe originale ancienne prit de plus en plus d’importance dans les catalogues de l’entre-deux-guerres. La reprise des publications a représenté un tournant pour la galerie. Il fut marqué par la sortie d’un grand catalogue de ses pièces les plus importantes ‒ dessins et gravures ‒, et par celle de deux ou trois plus petits, réunissant des feuilles plus courantes.
Dans son autobiographie parue en 1980, Paul Prouté raconte maintes histoires intéressantes sur le commerce de l’estampe et trace en outre une série de portraits de ses collègues.
Hubert Prouté, actif à la galerie depuis 1940, continue le métier au décès de son père en 1981, secondé par son épouse Michèle Prouté qui développe la recherche sur les dessins.
Leurs deux filles, Annie Martinez-Prouté et Sylvie Tocci-Prouté, actives à la galerie depuis 1982, ont repris les rênes de la galerie familiale en 2002. Elles participent au Salon du dessin à Paris au printemps, ainsi qu’à la Print Fair de New York à l’automne, et continuent d’éditer deux ou trois catalogues par an.

BIBLIOGRAPHIE
P. Prouté, Un vieux marchand de gravures raconte..., Paris 1980.
E. Pernoud, ‘Note sur le commerce de l’estampe à Paris depuis un siècle à travers l’histoire d’un grand marchand’, dans L. Bertand Dorléac (dir.), Le Commerce de l’art de la Renaissance à nos jours, Besançon 1992, pp. 215-242.


Date de mise en ligne : décembre 2016.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia