numéro
L.2133
intitulé de la collection
Rechberger, Franz
technique marque écrite, encre
couleur brun
localisation verso
dimension
  • 1921
  • 1956
  • depuis 2010
F. RECHBERGER (1771-1843), peintre, graveur et conservateur du cabinet von Fries et de l'Albertina, Vienne. Estampes.
 
Franz Rechberger fut élève de F. A. Brandt à l'Académie de Vienne. Il se fit peintre paysagiste et grava à l'eau-forte nombre de planches à sujets de paysages. Le comte Moriz von Fries (voir L.2903) le nomma conservateur de sa belle collection d'estampes, mais lorsque vers 1820 la maison Fries & Co. commença à chanceler, Rechberger entra à l'Albertina (L.174) ; il fit prendre le chemin de l'Albertina à plus d'un trésor de la collection qu'il venait de quitter, et fut nommé conservateur du cabinet de l'archiduc en 1827. Il paraît aussi avoir collectionné lui-même ; le Cabinet de Berlin conserve en manuscrit un catalogue d'estampes, très sommairement décrites, intitulé « Catalogue d'estampes de F. Rechberger ».
Sa signature se trouve sur les feuilles de la collection du comte von Fries.
 
F. RECHBERGER, Vienne.
 
Franz Rechberger, mort en 1841 (l'année 1843 est une erreur), fut de 1827 à 1841 directeur de l'Albertina à Vienne, où quatre-vingts de ses eaux-fortes environ et quatorze de ses dessins sont conservés.
 

FRANZ RECHBERGER (Vienne 1771-Gutenstein 1841), peintre, graveur et conservateur du cabinet von Fries et de l’Albertina, Vienne. Estampes.

Franz Rechberger fut nommé conservateur de la collection de dessins et d’estampes de Moritz von Fries en 1797. Après la faillite de la banque von Fries en 1820, Rechberger entra comme conservateur au service du duc Albert de Saxe-Teschen (1738-1822). Après la mort du duc, son héritier, l’archiduc Charles d’Autriche (1771-1847), ordonna un inventaire de la collection de dessins et d’estampes. Il ne confia pas ce travail aux directeurs de la collection ‒ François-Joseph Lefèbvre (vers 1762-1835) pour les dessins et plans, et Joseph van Bouckhout (1756-1825) pour les estampes ‒, mais, dès avril 1822, demanda à Rechberger, connaisseur et artiste, de s’en charger avec l’aide de Gottlieb Straube (qui fut inspecteur de la Galerie-Inspector de 1822 à 1831). Le rapport sur la collection de dessins était terminé au mois de mai 1822. Le travail de Rechberger aboutit au nouveau catalogue de la collection, intitulé Catalogue des dessins de la Collection de feu Son Altesse Royale le Duc Albert de Saxe, passés en Fideicommis à Son Altesse Impériale l’Archiduc Charles en 1822 (Vienne, Graphische Sammlung Albertina, Archives). Rechberger relate qu’il a trouvé la collection en bon ordre et qu’elle consiste en plus de 13 000 pièces classées dans 230 portefeuilles. En dehors des feuilles des maîtres les plus importants, il relève la présence d’un nombre significatif d’esquisses. L’authenticité d’une partie d’entre elles est garantie par leur qualité, et, pour les autres, par le cachet ou par le nom des propriétaires précédents comme Crozat, Mariette, Ploos van Amstel, Bianconi, Reynolds, etc., universellement honorés par les connaisseurs et ce, pour longtemps encore : « Sie enthält von den bedeutendsten Meister der vier Hauptschulen Blätter vom ersten Range, welche sich im Handel nicht leicht vorfinden, und deren Seltenheit mit jedem Tage wächst. Ferner eine große Anzahl erster geistiger Entwürfe, oft nur flüchtiger Skizzen großer Künstler, welche den Stempel der Originalität an sich tragen und den Kenner wie den Künstler entzücken. Für die Echtheit einer nicht minder großen Zahl bürgt schon der darauf befindliche Chiffre oder Namen eines früheren Besitzers, wie den Crozat, Mariette, Ploos van Amstel, Bianconi, Reynolds etc. allgemein verehrte Namen in der Kennerwelt sind und wohl noch lange bleiben werden » (Budapest, Archives Nationales de Hongrie, Archives de la famille Habsbourg, P 1490, no 19, 3 d, p. 46).
Rechberger s’est ensuite occupé de la collection d’estampes. Il a à nouveau rédigé un rapport, non daté, adressé à Sa Majesté Impériale, situant d’emblée la collection au niveau des cabinets de Paris et de Dresde ou de la Bibliothèque Royale et Impériale de la cour de Vienne, formée pour l’essentiel par celle du prince Eugène. Il prolonge comme suit : « Die Kupferstich Sammlung, deren Revision Euer Kaiserliche Hoheit die Gnade hatten mir anzuvertrauen, steht in gleicher Linie mit dem Cabineten von Paris und Dresden, und mit jenem der k.k. Hofbibliothek, deren schönsten Theil vormahls Eugenische ausmacht und ihrem erlauchten Besitzer fünfmal hunderttausend Thaler gekostet hat. Der Kenner erstaunt über die große Anzahl merkwürdiger, höchst seltener und selbst unfindbare Werke, und wird zuletzt gewahr, daß diese Sammlung nicht blos das Resultat von darauf verwandten grossen Summen, sonder vorzüglich die Folge einer ganz besonderen und beinahe wunderbaren Vereinigung glücklicher Ereignisse, und so zu sagen das Aggregat verschiedener berühmten Sammlungen sey, deren Auflösung [die Zeit]umstände herbeigeführt haben. Sie ist endlich die Frucht eines langen und glückligen Lebens, und einer ausgezeichneten und unwa[ndel]baren Liebe zur Kunst. » (Budapest, Archives Nationales de Hongrie, Archives de la Famille Habsbourg, P 1490, no 19, 3 d, p. 49).
Comme pour les dessins, Rechberger et Straube dressent un catalogue en sept volumes de la collection d’estampes, fondé sur les inventaires de la collection ducale et intitulé Catalogue des Estampes de la Collection de feu S.A.R. le Duc Albert de Saxe-Teschen délaissée en Fidéicommis à S.A.I. L’Archiduc Charles. Le nombre d’estampes fut alors estimé à 145 989, mais il s’agissait en réalité d’environ 200 000.
En 1827, l’archiduc Charles nomma Rechberger directeur de la collection impériale, poste que ce dernier occupa jusqu’en 1841 (et non pas 1843, comme Lugt a pu l’écrire), date à laquelle il mit volontairement fin à ses jours. Carl Sengel (1797-1872), clerc à partir de 1811, lui succéda.
La liste manuscrite de la collection Rechberger est conservée au Kupferstichkabinett de Berlin (voir « Source »). Nous sommes encore mal renseignés sur ce qu’il est advenu de cette collection, mais T.L. Neumann précise dans la préface du catalogue de vente de la collection de J. Huber, L.1267c, organisée à Vienne en 1859 (Lugt Rép. 24859) que ce dernier a acquis l’importante collection Rechberger. Cette provenance est difficile à vérifier car, d’une part les origines ne sont pas mentionnées dans le catalogue de vente de 1859 (à l’exception de la collection de Gawet, voir L.1069), et d’autre part, les catalogues annoncés, décrivant la deuxième et la troisième partie de la collection, riche d’environ 6 000 estampes, n’ont visiblement pas été imprimés.

Eitelberger von Edelberg a déclaré cette collection instructive au regard de l’histoire (1879, p. 180), tandis que Jacob Gauermann (1773-1843) notait dans son journal : « Le 18 septembre [1841] est décédé pendant un voyage de convalescence Rechberger zu Gutenstein, ami intime de Molitor. Rechberger, dans ses débuts, directeur de collection chez Moritz von Fries et ensuite chez l’archiduc Charles, était le plus grand connaisseur des estampes – même en prenant en considération Hofrath Bartsch de la Hofbibliothek – peut-être même le premier en Europe – un grand homme » (Graz, Universalmuseum Joanneum, Journal, vol. II, 1839-1841, fol. 128, cité d’après Koschatzky 1963, p. 88).

L’inscription de son nom est repérable, parfois sans date, mais le plus souvent avec une date qui court de 1798 à 1808. On ne sait toujours pas de façon claire pour quelles raisons Rechberger apposait sa signature au verso des estampes en la faisant suivre d’une date, ni à quoi cette date correspond. On pense évidemment ici à la famille Mariette pour laquelle se pose la même question.
L’année 1798 est par exemple inscrite sur une eau-forte de Rembrandt, La Grande descente de croix (cat. C.G. Boerner, Neue Lagerliste Nr. 59, Düsseldorf 1972, no 63), et sur des estampes du fonds Lanciani de la Biblioteca di Archeologia e Storia dell’Arte de Rome (voir Rome 2010 : Le meraviglie di Roma antiqa e moderna. Vedute, ricostruzioni, progetti nelle raccolte della Biblioteca di Archeologia e Storia dell’Arte, cat. de M.C. Misiti et S. Prosperi Valenti Rodinò, Rome, Palazzo Venezia, 2010, p. 174, ill.). La date de 1802 accompagne la signature au verso de l’estampe de Matthäus Zasinger, Le Martyre de St. Sébastien (vente 2014, 30 mai, Berlin, Bassenge, Auktion 103, no 5271).

Le portrait de Rechberger a été dessiné par Adam von Bartsch (Vienne, Albertina, inv. 34597. Gnann 2014, p. 45, ill.).

SOURCE
Catalogue d’estampes de F. Rechberger, composé de 83 pages, une page de titre et une page blanche, ms. (Berlin, Kupferstichkabinett, inv. Ost Berlin P-SL 960, ancienne signature, XXXV B 34).
A. Wyatt Thibaudeau, Dictionnaire des marques et monogrammes d’amateurs, manuscrit, Berlin, Kupferstichkabinett, inv. WGa 0 19, folio 490 (sous Fries).

BIBLIOGRAPHIE 
E. Eitelberger von Edelberg, Gesammelte Kunsthistorische Schriften, t. 1. Kunst und Künstler Wiens der neueren Zeit, Vienne 1879, pp. 180-186.
L. Fagan, Collectors’ Marks, Londres 1883, no 185.
W. Koschatzky, ‘Porträt Franz Rechberger von Adam Bartsch’, Albertina Studien, 1, 1963, 2, pp. 87-89.
E. Knab, ‘Rechberger, Franz’, dans Österreichisches Biographisches Lexikon, t. 9, Vienne 1984, p. 5.
B. Dossi, Albertina. Sammlungsgeschichte und Meisterwerke, Munich-New York 1998, pp. 31-33.
B. Dossi, Albertina. The History of the Collection and Its Masterpieces, Munich-Londres-New York 1999, pp. 31-33.
C. Gnant, ‘« Verplichte Mich und Meine Nachfolger im Reiche zu dessen genauer Handhabung ». Die Entstehung des Familienfideikommisses « Albertina »’, dans K.A. Schröder (dir.), Die Gründung der Albertina. 100 Meisterwerke der Sammlung, Vienne 2014, pp. 41-47.


Date de mise en ligne : juin 2016 ; dernière mise à jour : décembre 2019.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia