numéro
L.2200a
intitulé de la collection
Rey de Villette, Adolphe Augustin
technique marque estampée, encre
couleur bleu
localisation verso
dimension 12 x 9 mm (h x l)
  • 1956
  • depuis 2010
Comte REY de VILLETTE (né vers 1870 - décédé), architecte, Boulogne-sur-Seine, près Paris. Dessins et estampes anciens.
 
Cet amateur vivait dans un milieu de collectionneurs d'importance. Sa femme était l'une des deux filles du grand antiquaire Spitzer dont la célèbre collection d'objets d'art nécessita, pour sa dispersion, plusieurs ventes publiques. Lui-même réunit, sans grande sévérité pour la qualité, un très gros ensemble de dessins et d'estampes des XVe - XVIIIe siècles, de toutes les écoles, dont la plus grande partie fut réalisée, de son vivant, dans la vente relatée ci-dessous. D'autres feuilles auraient figuré dans une vente en Amérique et une en Angleterre, toutes deux très probablement des ventes composées.
 
VENTE : 1931, 4-6 mai, Berlin (chez Hollstein et Puppel). Collection « Graf R. . de V. . » et autres provenances. Dessins et estampes des XVe - XVIIIe siècles. 1557 nos, provenances mêlées. Noms principaux dans les estampes : Dürer, I. v. Meckenen, Schongauer, Lautensack, Hollar, Callot, Canaletto, Lucas de Leyde, Brueghel, van Ostade. Et dans les dessins, beaucoup de grands maîtres dont nous citerons spécialement Fra Bartolommeo, Boucher, Bruegel le vieux, Callot, Campagnola, Canaletto, van Dijck, Gellée, Giorgione, Goltzius, Goya, Guardi, Nanteuil, v. Orley, Ostade, Parmesan, Piazzetta, Pollaiuolo, Ruisdael, Tiepolo, Tintoret, Velasquez, Véronèse.
 
 

Baron ADOLPHE AUGUSTIN REY DE VILLETTE (Milan 1864-Breteuil 1934), architecte, Boulogne-sur-Seine et Paris. Dessins et estampes.

Selon Elaine Rey de Villette, sa belle-fille, notre amateur s’appelait Augustin Rey de Villette, et son titre exact est baron et non pas comte. Cette parente a en effet indiqué par courrier à la Fondation Custodia, en 1959, qu’Augustin Rey de Villette était né à Milan en février 1864, où ses parents habitaient alors, et qu’il était mort à Breteuil mais reposait à Passy dans le caveau de la famille Spitzer. Selon les mêmes sources, Augustin Rey de Villette est connu sous le nom d’Augustin Rey ou celui encore d’Adolphe Augustin Rey-Spitzer, lorsqu’il associe à son nom à lui, le nom de jeune fille de sa femme, née Marguerite Spitzer, fille du grand collectionneur autrichien Frédéric Spitzer (Vienne 1815-Paris 1890).
Diplômé d’architecture en 1888, Augustin Rey eut une carrière d’architecte brillante : il fut notamment lauréat de l’Institut et de la Société centrale des Architectes et participa à de nombreux projets d’architecture à Paris et en province, comme celui de l’église réformée de Saintes. Il est aussi connu comme l’un des chefs de file de l’architecture hygiéniste et son nom est souvent associé aux habitats à bon marché. Un article paru dans les Cahiers de la maison du protestantisme charentais (no 89, avril 2006, pp. 11-13), nous renseigne sur les multiples facettes de ce personnage : en tant qu’architecte, il a remporté le Grand Prix du concours de la Fondation Rothschild pour la construction d’un important groupe d’habitations ouvrières. Spécialisé dans les problèmes d’hygiène de l’habitation et de l’urbanisme, il a consacré une partie de son activité à la lutte contre les taudis, responsables des ravages de la tuberculose. Audacieux, il fut l’un des pionniers dans l’usage du ciment armé et dans son utilisation à grande échelle ; homme d’action pendant la guerre de 1914, il présida aux premiers échanges de grands blessés entre les belligérants et fut envoyé en mission en Italie en 1918. Mondain, Rey de Villette donnait de nombreuses réceptions où se côtoyaient les personnalités artistiques, savantes et politiques ; enfin, grand aquarelliste et amateur d’art, il collectionnait les tableaux de maîtres anciens rapportés de ses fréquents voyages à travers l’Europe. Ainsi, après 1917, un ancien conservateur du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg eut la charge de répertorier et d’entretenir cette collection. Augustin Rey séjournait souvent à Florence, où il possédait le domaine dell’Aquila, et à Hythe, dans le Kent, en Angleterre. Une anecdote rapportée par Elaine Rey de Villette nous apprend qu’il se laissait aller à sa fantaisie dans ses achats. Un jour, sa famille, non prévenue, vit avec stupéfaction arriver à la propriété de Boulogne un plein fourgon de parquets anciens achetés à Florence. Cette demeure était encombrée d’objets les plus divers, acquis avec la même passion.
Une autre marque répertoriée au L.3380 semble appartenir à notre amateur.

BIBLIOGRAPHIE
A. Dugast, I. Parizet, M. Fleury (dir.), Dictionnaire par noms d’architectes des constructions élevées à Paris aux XIXe et XXe siècles. Période 1876-1899, t. IV : Nachon à Zwahlen, Paris 1996, notice 4 167 : REY (Augustin-Adolphe) Rey-Spitzer (Delaire).


Date de mise en ligne : avril 2015.


Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia