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SIR JOSHUA REYNOLDS (1723-1792), peintre, Londres. Dessins et estampes.
 
Sir Joshua Reynolds, le chef de l'école anglaise du XVIIIe siècle, jouit d'une telle célébrité que nous pouvons nous dispenser ici d'une notice sur sa personne et sur son art. Mais sa personnalité de collectionneur mérite une mention spéciale. Dans une époque où l'habitude de former des collections d'œuvres d'art s'était développée à l'extrême chez les amateurs anglais, Reynolds sut réunir un ensemble de tableaux et de dessins qui lui assura une place proéminente parmi les « virtuosi ». Des peintres qui collectionnaient alors à qui mieux mieux, Reynolds se montra l'amateur le plus avisé. Son éducation l'avait déjà bien disposé. Elève du peintre Th. Hudson, il avait été, de bonne heure, intimement lié avec ce collectionneur averti (voir L.2432), beau-fils de cet autre collectionneur Jon. Richardson Senr, (L.2183), qui recherchait avidement les beaux dessins, et à la vente après décès duquel Reynolds ne manqua pas d'acheter quantité de belles feuilles. Ce furent J. T. Smith, l'auteur du Book for a rainy day et plus tard conservateur de la « Printroom » au British Museum, et Score, élève de Reynolds, qui exécutèrent ses commissions dans la dernière vente Hudson (1785) ; ils le représentèrent aussi à d'autres ventes. Le voyage sur le continent, notamment en Italie, que Reynolds fit jeune, avait contribué au perfectionnement de son goût. Son éclectisme émanant d'un esprit large et élevé, constamment à la recherche du « grand style », se manifeste tant dans ses conférences que dans son choix d'œuvres d'art. Les amples revenus que lui procurait sa palette de portraitiste en vogue, s'en allèrent en grande partie en achats ; les beaux tableaux qu'il recherchait autant que les dessins dévoraient plus de £ 20.000. Vers 1790 il offrit sa collection de tableaux à la « Royal Academy » de Londres à un prix bien au-dessous de sa valeur. Sa proposition ne fut pas acceptée parce que les autres membres ne reconnaissaient pas la nécessité d'une pareille galerie d'exemples. Reynolds en organisa alors une exposition, sous le nom de son vieux serviteur Ralph Kirkley, dans une salle au Haymarket (avril 1791), et il en écrivit lui-même le catalogue. Le prix d'entrée, fixé à un shilling, produisit une somme considérable qu'il abandonna à son valet.
Quiconque a pris connaissance de ses conférences faites à la « Royal Academy », dont Reynolds fut le premier président à partir de 1768, comprendra que ses maîtres de prédilection aient été Michel-Ange, Raphaël, les autres italiens du XVIe siècle et Claude Gellée. Mais si Reynolds reprochait à d'autres écoles leur manque de grâce et de noblesse, il ne fut point sans reconnaître plusieurs de leurs qualités (voir son Journey to Holland and Flandres, 1781). C'est ainsi qu'il sut apprécier aussi Rubens, Rembrandt, Hals et même plusieurs primitifs, et qu'il s'entourait d'une grande variété d'œuvres. Il exprime lui-même, dans sa 8e conférence, le charme qu'exerçaient sur lui les dessins : « It is true, sketches, or such drawings as painters generally make for their works, give this pleasure of imagination to a high degree. From a slight, undetermined drawing, where the ideas of the composition and character are, as I may say, only just touched upon, the imagination supplies more than the painter himself, probably, could produce ; and we accordingly often find that the finished work disappoints the expectation that was raised from the sketch ; and this power of the imagination is one of the causes of the great pleasure we have in viewing a collection of drawings by great painters ». Une quinzaine de ses beaux dessins se trouvent reproduits dans la publication contemporaine de C. Rogers, A collection of prints in imitation of drawings. Tous ses trésors d'art furent d'abord installés au n° 5 côté nord de Great Newport Street ; en 1760 Reynolds déménagea au n° 47 Leicester Square (actuellement l'hôtel de vente de Puttick & Simpson), où il vécut jusqu'à sa mort. Il y fit construire une galerie et plusieurs ateliers.
Par testament Reynolds laissa à sa nièce Miss Palmer, qui devint Lady Thomond, sa fortune de plus de £ 100.000 et une grande partie de ses tableaux et dessins ; ils ne furent vendus qu'après le décès de cette dame (voir ci-dessous). Puis il légua au Earl of Upper Ossory un tableau à prendre à son choix dans sa collection ; à Lord Palmerston un tableau à choisir après le légataire précédent ; à Sir Abraham Hume celui de ses Claude qui lui plairait le mieux ; à Sir George Beaumont la « Sortie de l'arche » par Séb. Bourdon ; au Duke of Portland « La contemplation de l'Ange », partie supérieure de « la Nativité » par Reynolds lui-même ; à Edmond Malone, à Philip Metcalfe, à James Boswell et à Sir William Scott, £ 200 chacun pour les employer en achats de peintures de sa collection ; à William Mason le portrait miniature de Milton par Cooper, et à Richard Burke celui de Cromwell par le même. Le 13 mars 1795 et trois jours suivants sa belle collection de tableaux anciens, 411 nos, fut vendue aux enchères chez Christie et rapporta £ 10.319 2s. 6d. (cette vente avait d'abord été fixée aux 5-8 mars de l'année précédente, puis aux 11-14 mars 1795). L'année suivante, les 14-16 avril, Greenwood vendit son atelier : peintures par le maître, sujets de fantaisie et portraits, pièces non réclamées, etc., 218 nos, qui produisirent £ 4512 10s. 6d. En 1798, les 8-9 mai, H. Phillips dirigea encore une vente publique de tableaux anciens de la collection de Reynolds, qui contenait encore, parmi ses 100 nos, plusieurs belles pièces. Pour les dessins et estampes voir ci-dessous.
La marque ci-contre fut apposée par les exécuteurs testamentaires. Ils marquèrent les meilleurs dessins au recto. Il y en avait 1163, auxquels on attribuait une valeur de 10s. 6d. et au-dessus, et 342 qu'on évaluait 7s. 6d., 5s. et 2s. 6d. Les dessins inférieurs, estimés au-dessous de ces prix, furent estampillés au verso ; ceux-là étaient au nombre de 748. On excusait leur présence par ce fait que Reynolds avait dû les prendre dans des lots. Plus tard, pour la vente de 1798, toutes les feuilles qui restaient furent marquées, estampes aussi bien que dessins.
 
VENTES
I. 1792, 16-18 avril, Londres (direction Greenwood). Estampes, etc. 325 nos dont 84 pour les plâtres et les terres cuites. 196 nos d'estampes d'après les maîtres anciens, et une quarantaine de nos de belles estampes d'après les œuvres de Reynolds, plusieurs premières épreuves.
 
II. 1794. Le 26 mai de cette année commençait au domicile de A. C. de Poggi, 91 New Bond Street, la vente à l'amiable, à prix marqués, d'une première partie des dessins anciens. Dans la préface du catalogue les exécuteurs Edmund Burke, Edmond Malone, et Philip Metcalfe assurent que tous les dessins avaient appartenu à Reynolds. Comme le catalogue Barnard de 1787, celui-ci contenait une liste de marques de collectionneurs. La vente des estampes fut remise à plus tard, le temps ayant manqué pour en préparer la description. Le catalogue, de rédaction sommaire, mentionne 9 dessins de Fra Bartolommeo, 12 de Léonard de Vinci, 44 de Michel-Ange, 23 de Raphaël, 51 du Corrège, 43 de Jules Romain, 13 du Titien, 42 du Tintoret, 22 de Véronèse, 28 d'Annibal et 18 de Louis Carrache, 31 du Dominiquin et 62 du Parmesan, puis 22 de Rubens, 70 de van Dijck (dont cinquante études pour des tableaux peints par lui en Angleterre, prix £ 152 10s.) et 49 de Rembrandt. A l'exception des 13 Poussin comparativement peu de français (2 Boucher, 1 Claude, 3 Lesueur, etc.). Malheureusement le catalogue ne donne que les noms des artistes, sans indication des sujets ; il est donc impossible d'y retracer certains dessins. Jusqu'au n° 1030 les dessins sont désignés séparément, quelquefois on en avait réuni quelques-uns qui demandaient à rester ensemble. Après ce numéro les feuilles sont mentionnées plusieurs à la fois, pour être vendues séparément à un prix uniforme. Le plus haut prix pour un dessin coté séparément est de £ 21 pour un Raphaël, puis £ 14 l4s. et £ 12 12s. pour des Michel-Ange, £ 10 10s. pour des Rembrandt, les autres prix en général quelques livres seulement. La vente devait être poursuivie jusqu'à ce que tous les dessins fussent vendus ; mais on fut loin d'y parvenir. Quatre ans plus tard il fallut procéder à la vente publique.
 
III. 1798, 5 mars et 17 jours suivants, Londres (chez H. Phillips). Dessins anciens, estampes et livres d'estampes, 2001 nos. Les exécuteurs (cette fois Malone et Metcalfe seuls, Burke étant mort en 1797) assurent de nouveau que tout a appartenu à Reynolds. La description est encore trop sommaire et plusieurs feuilles sont réunies en lots. Dans l'exemplaire du catalogue conservé au Cabinet des Estampes de Berlin on trouve en tête de la 6e vacation la note suivante : « from this day to the end of the sale, I have marked against each Lot, the numbers (c'est-à-dire ceux du Catalogue de Poggi) of all the Drawings they severally contain, which had been delivered to Mr. Poggi to be sold. Vide his catalogue. » Par la quantité de numéros ainsi ajoutés on voit que le nombre des invendus à l'exposition chez Poggi fut considérable. Comme plus hauts prix on ne peut citer qu'un Raphaël à £ 4 4s., Le Jugement de Pâris d'après ce maître par Marc-Antoine £ 5 et quelques recueils d'estampes. - Produit £ 1903 16s. 6d.
 
IV. 1802, 4 août, Londres (chez Sibley). Portraits gravés d'après Reynolds. Déjà en 1794 William Richardson avait publié un catalogue de ces portraits.
 
V. 1821, 16-17 mai, Londres (chez Christie). Dessins anciens légués par Reynolds à la Marchioness of Thomond, décédée. Quelques estampes, des objets d'art et livres. 303 nos comprenant 1595 dessins anciens et 399 estampes d'après les maîtres anciens, généralement en lots. - Produit £ 306 1s. 6d.
 
Les tableaux de cette même provenance furent vendus les 18-19 mai suivants, produit £ 15.040 13s.
 
VI. 1821, 26 mai, Londres (même direction). Dessins anciens (390 feuilles), esquisses et livres d'esquisses de Reynolds, vendus £ 105, les études à l'huile et les tableaux non terminés du maître, son chevalet, le tout provenant de feue la Marchioness of Thomond. - Produit £ 962 12s.
 
SIR JOSHUA REYNOLDS , Londres.
 
En 1941 parut à Londres l'ouvrage de E. K. Waterhouse, Reynolds.
Pour un numérotage des dessins italiens dispersés dans la vente du 5 mars 1798 et correspondant au catalogue de cette vente, voir au L.3016a.
 
numéro
L.2364
intitulé de la collection
Reynolds, Joshua
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto, verso
dimension 9 x 9 mm (h x l)
1 renvoi  
Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia|robe de mariée