numéro
L.2426
intitulé de la collection
Dimsdale, Thomas
technique marque estampée, encre
couleur noir
localisation recto
dimension 5 x 5 mm (h x l)
  • 1921
Th. DIMSDALE (1758-1823), banquier, Londres. Dessins anciens.
 
Thomas Dimsdale était fils du docteur du même nom (1712-1800) qui se fit connaître par son rapport sur la vaccination et qui avait ouvert une maison de banque à Cornhill en association avec ses fils et les Barnard. Le père était baron de l'Empire russe. Ce n'est que sur le retour de l'âge que notre amateur, commença à réunir ses plus beaux dessins ; le marchand S. Woodburn (L.2584) lui procura ses meilleurs acquisitions. Lorsque celui-ci se fut assuré par un achat en bloc l'important cabinet Paignon-Dijonval, il en vendit à Dimsdale les plus belles pièces comme La Sainte Cécile de Raphaël et quelques autres feuilles du même. Peu après, en 1820, Woodburn rentrait de Paris avec 138 dessins choisis de la collection du marquis de Lagoy, parmi lesquels plusieurs Raphaël de l'ancienne collection Crozat. Dimsdale les lui acheta le jour de son arrivée. En 1823, étant en Italie, Woodburn fit à Rome l'acquisition de la superbe collection de Wicar (L.2568) au prix de 11.000 scudi, et à Pesaro, chez le marquis Antaldo Antaldi, celle des beaux Raphaël que celui-ci tenait de son aïeul Timoteo della Vite, l'ami du maître (L.2463). Lorsque Woodburn, pourvu de ce riche butin, remit le pied sur le sol de l'Angleterre, il trouva son client dangereusement malade. Mais Dimsdale, malgré ses souffrances, voulut voir les merveilles de Michel-Ange et de Raphaël et signa un chèque de £ 3000. Quelques jours après il expirait. Tous ces achats avaient été vus avec un œil d'envie par le peintre Sir Thomas Lawrence (L.2445), le passionné collectionneur de dessins, qui sentait en Dimsdale son plus dur rival. Il pressait continuellement Woodburn, leur ami commun, de lui obtenir à tout prix quelques dessins de la collection Dimsdale qui excitaient au plus haut point sa convoitise. Mais, connaissant le vieil amateur, Woodburn refusait toujours de faire une démarche qu'il jugeait inutile. Un soir cependant, après bien des précautions oratoires, il lui exprima l'obligation infinie que lui aurait Sir Thomas, s'il consentait à lui céder trois dessins de Raphaël et deux de Michel-Ange ... Comme il achevait sa proposition, un domestique entra, tenant une bourriche de faisans, et remit à son maître une lettre de Lawrence. Le peintre s'informait gracieusement de la santé de son rival infirme, et le priait d'accepter les faisans. Dimsdale, très souffrant dans ce moment, se releva tout à coup de l'espèce d'affaissement où il était, et après avoir fait remercier Sir Thomas, il se tourna vers Woodburn et lui dit : « Voilà des faisans qui ont une forte odeur de Raphaël et de Michel-Ange ». La mort de Dimsdale, survenue peu après (le 18 avril), délivra Lawrence de son cauchemar. Woodburn acheta à l'amiable, des héritiers de Dimsdale, toute sa collection de dessins et revendit à Lawrence tous les plus beaux italiens au prix de £ 5500. La bibliothèque de Dimsdale fut vendue chez Sotheby le 18 juin 1824 et 4 jours suivants, et produisit £ 1258 15s. Ses monnaies et médailles dispersées la même année, aussi chez Sotheby, donnèrent lieu à des enchères fantastiques.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia