numéro
L.2497a
intitulé de la collection
Vuillard, Édouard
technique marque estampée, encre
couleur noir, rouge, violet
localisation recto
dimension 6 x 32 mm (h x l)
4 renvois  
  • 1956
  • depuis 2010
E. VUILLARD (1868-1940), peintre-graveur, Paris. Sur ses propres œuvres.
 
Jean Edouard Vuillard, né à Cuiseaux (Saône-et-Loire) où son père, officier en retraite, était percepteur, mourut à la Baule (Loire-Inférieure), son lieu de refuge pendant l'avance allemande ; son corps fut ramené à Paris l'année suivante. Sa mère, devenue veuve, était rentrée avec lui en 1877 à Paris où il fit ses études classiques au lycée Condorcet. Il s'y lia d'amitié avec Ker-Xavier Roussel (1884), qui l'aiguilla plus tard vers la peinture et devint son beau-frère, et avec Lugné-Poe, le futur directeur du Théâtre de l'Œuvre, qui lui demanda alors toute une série de programmes lithographiés. Y connut aussi Maurice Denis et Pierre Veber. Deux ans à l'Ecole des Beaux-Arts, puis (1888) Académie Jullian. Expose en 1889 aux Artistes Français, échoue à la Nationale en 1890. On le verra aux Indépendants et au Salon d'Automne (fondateur). A partir de 1900 des petites expositions aux Galeries Bernheim le font connaître ; aussi d'autres dans l'entrée des bureaux de la Revue Blanche que dirigent les Natanson (voir L.2449a). Appartint au groupe dit des Nabis. Firent surtout valoir ses productions les Bernheim, puis Hessel. Élu membre de l'Institut en 1939. Son dernier domicile et atelier principal était Place Vintimille (de 1907 à 1926, 26 rue de Calais, puis 6 Place Vintimille même) qu'il a plusieurs fois représentée en peinture et à l'eau-forte.
Vuillard peintre a été étudié dans plusieurs ouvrages auxquels nous renvoyons, notamment Claude Roger-Marx, Vuillard et son temps, Paris, 1945 (à la fin bibliographie très complète) ; J. Salomon, Vuillard, témoignage, Paris 1945. Ce dernier auteur prépare actuellement un catalogue complet de l'œuvre de Vuillard qui donnera les titres des œuvres, les dates, les dimensions ; nous en reparlerons plus loin, dans notre explication des marques reproduites en tête de notre article [L.2497a et L.2497b]. Dans les travaux cités, on trouvera des reproductions des nombreux portraits du maître, par lui-même ou par Bonnard, K.-X. Roussel, Toulouse-Lautrec, Vallotton, O. Redon (litho).
Vuillard graveur est moins connu. C'est vers 1891 qu'il apprit la lithographie chez l'imprimeur Ancourt (voir L.12a) où Lautrec et Bonnard débutèrent aussi. Œuvre la plus caractéristique, sa suite « Paysages et Intérieurs » 12 planches et une couverture en couleurs, éditée par Vollard. Voir H. Marguery, Les Lithographies de Vuillard, l'Amateur d'Estampes, 1935, et surtout Claude Roger-Marx, L'Œuvre gravé de Vuillard, Monte-Carlo, 1948 (toutes les pièces reproduites dans leurs couleurs ; lithos nos 1 à 60 ; eaux-fortes nos 61 à 67). Illustrations principales : H. J. Laroche, Cuisine, Paris 1935, et P. Géraldy, Toi et moi, Paris 1947. Citons encore, sur le maître : E. Vuillard, Cahier de dessins. Notice de J. Salomon, Paris 1950 ; sa grande exposition rétrospective, au Musée des Arts Décoratifs, mai-juillet 1938, et celles-ci : Chicago, 15 décembre - 15 janvier 1939 (avec Bonnard) ; Londres, 7-30 juin 1943 ; Paris, chez H. Brame 23 janvier - 14 février 1953.
Au décès de Vuillard son atelier passa à ses héritiers, sa sœur aînée devenue Mme K.-X. Roussel et son mari qui, hostiles à une dispersion en vente publique, préférèrent le conserver. Ils donnèrent bientôt à l'État, sous le nom de Donations Vuillard, 55 dessins, peintures ou pastels exposés à l'Orangerie des Tuileries, hiver 1941-1942 (voir l'article de J. Babelon dans Beaux-Arts, décembre 1941).
Les deux griffes reproduites ci-contre [L.2497a et L.2497b], et les trois autres marques offrant seulement les initiales E.V. (voir L.909a-c) ont été apposées par les soins des héritiers, les époux K.-X. Roussel, sur les œuvres de l'atelier et parfois aussi, très exceptionnellement, sur des œuvres appartenant à la famille ou aux proches amis de Vuillard. Dans le futur catalogue par J. Salomon, déjà mentionné, l'auteur indiquera, pour chaque œuvre, la marque qu'elle porte, et cela sous les expressions suivantes, correspondant à nos numéros : « griffe E. Vuillard » L.2497a ; « griffe initiales EV » L.909a ; « grande griffe EVuillard » L.2497b ; « grande griffe initiales EV » L.909b ; « griffe petites initiales E.V. » L.909c.
 
ÉDOUARD VUILLARD.
 
De 1888 à sa mort, Édouard Vuillard a tenu un journal qui est conservé à l'Institut de France à Paris ; bien qu'il manque les années 1896 à 1907, le journal se compose de plus de 50 carnets.Les marques L.2497a et L.2497b, comme les L.909a et L.909c, semblent avoir été utilisées indifféremment pour des huiles, des pastels ou des dessins, contrairement au L.909b qui aurait été réservé pour l'art graphique. Il apparaît que la famille de l'artiste a plutôt privilégié le L.909b et le L.909c pour les œuvres de petite dimension. Les couleurs d'encre aussi auraient aussi varié pour les L.2497a et L.2497b, L.909a et L.909c : le noir et le rouge doivent pouvoir se rencontrer.
 
BIBLIOGRAPHIE
Lyon, Barcelone, Nantes 1990-1991 : Vuillard, cat. par G. Cogeval et A. Dumas, et al., Lyon, Musée des Beaux-Arts, Barcelone, Fondation Caixa de Pensions, Nantes, Musée des Beaux-Arts, 1990-1991.
Washington, Montréal, Paris, Londres, 2003-2004 : Édouard Vuillard, cat. par G. Cogeval, K. Jones, L. des Cars et M.A. Stevens, Washington, National Gallery of Art, Montréal, Musée des Beaux-Arts, Paris, Galeries Nationales du Grand Palais, Londres, Royal Academy of Art, 2003-2004.
A. Salomon et G. Cogeval, Vuillard le regard innombrable. Catalogue critique des peintures et pastels, Paris 2003.
E. Vuillard, Journal, éd. par G. Cogeval, à paraître.
 
 
Date de mise en ligne : mars 2010.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia