numéro
L.2603
intitulé de la collection
Baillie, William
technique marque écrite, encre
couleur
localisation
dimension
1 renvoi  
  • 1921
  • 1956
W. BAILLIE (1723 -1810), capitaine, graveur et marchand d'art, Londres. Estampes et dessins.
 
William Baillie généralement appelé « Captain » Baillie, naquit à Killbride (Carlow) en Irlande, et choisit d'abord la carrière militaire, passant sa jeunesse à Dublin. Il servit au 5le régiment, puis aux dragons, fut capitaine, mais déjà à cette époque il consacrait à l'art ses moments de loisir (eau-forte de 1753). Nath. Hone paraît lui avoir donné l'instruction artistique élémentaire. Après 1760 il se voua entièrement à la gravure et se fit marchand d'œuvres d'art. Séjour à Rome de 1759 à 1763. Entre 1760 et 1779 il exécuta un grand nombre de planches par différents procédés de gravure ; ses meilleures furent des manières noires. N'ayant point de talent original, ses productions les plus intéressantes sont ses copies d'œuvres de maîtres anciens. Il s'inspira de préférence de l'art de Rembrandt, mais alla si loin dans sa vénération pour ce maître qu'avec un manque de piété qui nous choque, mais peut-être pardonnable à son époque, il retoucha entièrement le cuivre original de la « Pièce de cent florins » que Greenwood lui avait procuré en Hollande, et il en exposa des épreuves en 1776. Ensuite il osa couper le cuivre en quatre morceaux (on lui reproche une pareille mutilation d'un important tableau de Cuyp), et tira des épreuves des fragments. Ses autres eaux-fortes parurent en différentes éditions. La première, en 2 vol. publiés par lui-même au prix de £ 33 6s., contient une centaine de pièces : Amusements of Capt. Will. Baillie, dont deux épreuves de son propre portrait et 36 gravures d'après des dessins de maîtres anciens. Une seconde édition, parue chez Boydell et MacLean, 1771 : The works of Captain William Baillie, engravings after paintings and drawings by the greatest masters comporte 2 vol. in-fol. offrant 3 pièces. Les Boydell publièrent encore en 1792 : Catalogue of prints engraved by Capt. William Baillie after pictures and drawings of various collections, au prix de 33 guinées (nouvelle édition en 1803). Baillie fit un commerce très étendu ; il jouissait d'une réputation de grand connaisseur. C'est pour cette raison qu'un intérêt spécial s'attache aux estampes et dessins qu'il a munis soit de son monogramme (voir ci-contre), soit de sa signature (voir au L.210). On lui attribue aussi une collection particulière considérable. Les tableaux qu'il laissa passèrent en vente le 16 mars 1811, chez Christie. Pendant plusieurs années il fut aussi « Commissioner of the Stamp Office ». J. T. Smith dans son Book for a rainy day dit que le peintre West considérait Baillie comme un pédant et ajoute : « Captain Baillie commonly wore a camlet coat, and walked so slowly and with such measured steps, that he appeared like a man heavily laden with jackboots and Munchausen spurs ; and whenever he entered an auctionroom, he generally permitted his cough to announce his arrival ». Il semble que le « William Hall Baillie Esq., of the stamp office, lately deceased », dont la collection de gravures, dessins et de livres passa en vente à Londres chez King, les 5-6 mai 1797, ait été le fils de notre amateur, auquel il aurait succédé dans sa charge quand celui-ci prit sa retraite, en 1795. L'ensemble, qui produisit £ 408 8s. 6d. pour 236 lots, comprenait, e. a. de très belles épreuves par, ou d'après, Rubens, Wille, Hogarth, van Dijck, Edelinck, Drevet, Bolswert (Le couronnement d'épines, d'après van Dijck £ 6 8s. 6d.) et une « matchless set of Captain Baillie's works, superbly bound in morocco, containing many variations and some prints absolutely unique ... » composée de 220 pièces, dont on obtint £ 69 6s.
 
VENTE : 1811, 15 mars, Londres (dir. Christie). Gravures, dessins et livres, « the genuine property of William Baillie Esq., deceased, brought from his late dwelling, Chapel Street, Lissom Green ... ». Belles épreuves de Strange, Heath, Sharp, Hall, C. Watson, Walker, Swanevelt, Waterloo, Rembrandt (un lot de 36 pièces), des gravures historiques par les meilleurs graveurs français. Les dessins, d'anciens maîtres, étaient peu nombreux. Quelques recueils de gravures, dont un bel exemplaire de la galerie du Luxembourg. Parmi les livres, signalons des ouvrages sur l'art, des biographies de peintres, des catalogues étrangers, et particulièrement le dictionnaire de Pitkington, avec notes manuscrites de W. Baillie.
 
W. BAILLIE , Londres.
 
Voir sur lui l'article, bien documenté, de H. P. Rossiter, paru dans le Bulletin of the Museum of Fine Arts, Boston, XLI (juin 1943), pp. 28-32, avec reproduction du portrait de Baillie gravé par lui-même.
Des tableaux de sa collection furent vendus les 1-2 février 1771 à Londres chez Langford et Fils, 158 nos.
 

Frits Lugt, Les Marques de Collections de Dessins & d’Estampes | Fondation Custodia